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L’ISEP, l'école qui fait une place aux bacs technos  

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Ecole d’ingénieurs privée rattachée à "la Catho" de Paris, l’ISEP forme en cinq ans des généralistes du numérique, et joue la carte de l’international et du bac STI2D pour faire grossir ses effectifs. 

L’ISEP, l'école qui fait une place aux bacs technos
L’ISEP, l'école qui fait une place aux bacs technos   © D.R.

Journée des entreprises, mi-mai, dans les locaux parisiens de l’ISEP, près de Montparnasse à Paris. A tous les étages, les étudiants habillés pour l’occasion (costume-cravate pour les garçons, jupes strictes pour les rares filles) rencontrent des recruteurs, des entreprises, et s’exercent à l’entretien d’embauche.

Loïc Divad, 20 ans, termine sa première année de cycle ingénieur et souhaite poursuivre sa formation en apprentissage. Il apprécie particulièrement les liens que l’école entretient avec les entreprises : "c’est pour eux que j’ai choisi l’ISEP, et parce que sa junior entreprise est réputée". Son président, Guillaume Buisson, 22 ans, en deuxième année a choisi de s’y investir "parce que le mode de travail s’y rapproche de celui des sociétés de conseil", où il aimerait travailler.

Formation par apprentissage depuis près de 20 ans

Née dans les années cinquante en tant qu’école d’ingénieurs spécialisée en électronique, l’ISEP, école d’ingénieurs privée de l’Institut catholique de Paris, s’est peu à peu ouverte à l’informatique pour former aujourd’hui des généralistes du numérique, 200 diplômés par an environ. En première année du cycle ingénieur, une centaine de jeunes viennent de la prépa intégrée de l’école, une dizaine d’autres sortent des prépas partenaires, et 60 à 80 des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). "L’ISEP a la cote en post-bac, et doit refuser du monde en première année de classe préparatoire, mais a moins de succès auprès des CPGE, dont nous avons du mal à augmenter le nombre", note le directeur de l’ISEP, Michel Ciazynski. Pour accroître ses effectifs, l’ISEP a donc dû chercher d’autres voies. Et s’ouvrir tous azimuts.

L’école en quelques chiffres ,

Institut supérieur d’électronique de Paris

Date de création : 1955

Recrutement : post-bac (S, STI2D) ou post bac+2/3 (CPGE, DUT, L2, M1)

Durée des études : 5 ans avec prépa ou 3 ans de cycle ingénieur

Diplôme : ingénieur

Coût (2013) : 29100 euros pour 5 ans, 23100 pour 3 ans

Salaire de sortie : 38200 bruts annuels 

Nombre d’élèves en 2013-2014 :  830

Nombre d’anciens élèves : 5400

Localisation : Paris, Issy-les-Moulineaux (92)

Durée obligatoire des stages : 9 mois

Nombre de partenariats à l’étranger : 104 dans 43 pays

 

Premier moyen : dès 1996, l’école a proposé une formation par apprentissage. Y rentrent tous les ans, en première année du cycle ingénieur, une vingtaine de titulaires d’un DUT (informatique, mesures physiques, télécoms et réseaux). Une vingtaine d’autres étudiants choisissent cette voie en fin de première année du cycle ingénieur, pour les deux dernières. Un moyen de financer des études qui coûtent, sinon, 7700 euros l’année.

Une prépa intégrée pour les bacs STI2D

Autre signe d’ouverture : la création, à la rentrée 2012, d’un cycle préparatoire en deux ans baptisé "cycle intégré international" (CII). Y sont accueillis des bacheliers S mais aussi STI2D, qui n’avaient pas accès à la prépa intégrée classique, et bientôt de jeunes Chinois qui ont appris le français dans le cadre d’un partenariat. La pédagogie se veut très différente : "la formation se déroule autour d’une plate-forme robotique, et fait appel toute sorte de compétences, mécanique, informatique appliquée…", explique le directeur. Ces deux années sont fortement tournées vers l’international : renforcement de l’enseignement en anglais et deuxième langue obligatoire ; summer school dans un établissement partenaire en Chine, Inde, Canada, à la fin de la première année ; semestre à l’étranger obligatoire en première année du cycle ingénieur. Sur les 29 élèves qui ont intégré cette prépa particulière en 2012, 25 entrent à l’ISEP à la rentrée 2014. La promo suivante compte déjà 67 jeunes, l’objectif est d’en accueillir 80 les années suivantes.

L’ISEP souhaite aussi accueillir plus d’étudiants étrangers. Et multiplie les partenariats avec des établissements étrangers, pour échanger des étudiants, mais aussi pour que des écoles équivalentes aux prépas forment des jeunes Chinois ou Marocains, susceptibles de grossir les rangs des étudiants ingénieurs. Pour faciliter la venue d’étudiants étrangers non francophones, des cours sont assurés en anglais à partir de la deuxième année.

Cette ambition d’accueillir un plus grand nombre d’étudiants n’est pas étrangère au projet immobilier en cours à l’école. L’ISEP prépare le déménagement de ses laboratoires de la rue d’Assas pour un bâtiment plus vaste et tout neuf à Issy-les-Moulineaux, au sud de Paris.

Parcours numérique et santé ou big data

La formation classique démarre par un mois de coupure pédagogique, au cours duquel les étudiants rencontrent des anciens élèves, visitent des entreprises technologiques ou des centres de recherche. Le reste de l’année se déroule en approche projet, les cours venant en complément des problèmes rencontrés. Un semestre est consacré à l’informatique, un autre à l’électronique et aux télécoms. A la fin de leur première année, les étudiants choisissent un des dix parcours proposés par l’école : architecte multimédia, traitement signal, architecte des systèmes d’information…

Récemment, ont été introduits des approches par métier, avec un parcours dédié aux systèmes d’information et finance, en partenariat avec Capgemini, et une ouverture, à la rentrée 2014, d’un parcours tourné vers numérique et santé, en partenariat avec General Electric - l’imagerie médicale occupe une des trois équipes de chercheurs de l’école. Un renforcement des apprentissages en big data - axe de travail d’une deuxième équipe de chercheurs de l’ISEP - est prévu pour la rentrée 2014.

Des compétences transversales sont également enseignées, comme gestion des risques, gestion des conflits, savoir travailler en équipe... Ceux qui souhaitent créer leur entreprise peuvent suivre des cours sur l’entreprenariat, tandis qu’un accord avec l’incubateur d’Arts et Métiers permet d’y accueillir cinq ou six jeunes diplômés de l’ISEP.

Cécile Maillard

"L’école permet l’accomplissement de chacun dans ses projets"

Michel Racat, 28 ans, diplômé 2008, co-fondateur de BeezUp

"Après mon bac S, j’ai souhaité entrer tout de suite en école d’ingénieurs spécialisée dans le numérique. J’ai choisi l’ISEP parce que je voulais une école avec une vraie prépa intégrée, pour renforcer mon niveau scientifique, et aussi parce que j’avais de bons échos de diplômés et d’étudiants, notamment sur l’ambiance. J’ai toujours été passionné par la création d’entreprises, et j’ai décidé de faire le cycle ingénieur en apprentissage. J’ai passé un an et demi chez  HP, et un an et demi chez Microsoft. L’école s’est montrée souple, s’est adaptée à mes demandes en ouvrant l’apprentissage à un étudiant de prépa intégrée, ce qui ne se faisait pas, et en acceptant que je travaille dans un service marketing, ce qui était étonnant pour un ingénieur - mais allait dans le sens d’une formation d’ingénieur généraliste. Parallèlement, j’ai suivi, en 2ème année, l’option 'création d’entreprise', et ouvert une boutique sur internet pour importer de Chine des accessoires pour smartphones. A la sortie de l’ISEP, j’ai intégré l’incubateur partenaire de l’école et créé ma startup, BeezUp, qui permet de référencer un catalogue de produits sur plus de 1000 comparateurs de prix en Europe. Nous sommes aujourd’hui 20 salariés, et en trois ans, notre chiffre d’affaires a atteint un million d’euros. C’est ce que j’ai le plus apprécié à l’ISEP : un état d’esprit qui permet l’accomplissement de chacun dans ses projets."

 

Consultez le tableau de classement des meilleures écoles du numérique 2014

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