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"L'open source dans les objets connectés est le choix de la modernité", selon le PDG de Netatmo

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Entretien Fred Potter, PDG et fondateur de Netatmo, pépite française des objets connectés, explique sa stratégie d’intégration de logiciels open source dans ses produits.

L'open source dans les objets connectés est le choix de la modernité, selon le PDG de Netatmo
"L'open source dans les objets connectés est le choix de la modernité", selon le PDG de Netatmo © LeWeb13 - Flickr - CC

L'Usine Digitale : Vous avez fait le choix de l’open source dès le démarrage de Netatmo. Pourquoi ?

Fred Potter : Nous faisons partie d’une génération qui, dès l’école, a baigné dans la culture open source et n’a jamais utilisé des logiciels propriétaires. Nous n’avons pas d’alternatives. Utiliser des logiciels propriétaires que nous ne pourrions pas modifier est inacceptable. Nous l’interdisons. Tout faire en interne n’est pas envisageable non plus. Nous n’avons pas vocation à réinventer la roue. Notre mission est de créer des produits simples et innovants et non de refaire ce qui existe déjà. C’est la vision des modernes face à celle des anciens.

 

Dans quels produits utilisez-vous l’open source et dans quel but ?

Nous nous en servons sur tous nos produits et dans toutes les couches logicielles en dessous de l’application : des systèmes d’exploitation Linux ou FreeRTOS, des pilotes, des protocoles de communication… En tout, des dizaines et des dizaines de composants logiciels dont nous faisons état dans la documentation technique du produit, comme la réglementation nous y oblige. Nous l’utilisons également pour les outils de développement. Nous ne développons que le logiciel d’application en respectant les règles de l’art de l’open source. Mais nous restons pragmatiques. Pour chaque produit, nous décidons jusqu’où pousser le curseur. Car il nous arrive de développer nous-mêmes des blocs logiciels quand nous ne trouvons pas notre bonheur dans l’open source.

 

En quoi cette approche vous aide-t-elle à être innovants ?

L’open source, en soi, ne rend pas plus innovant. Mais son utilisation nous libère des tâches de création de logiciels propriétaires. C’est une question d’efficience de développement. Nous focalisons nos ressources sur le développement de notre logiciel d’application. C’est cela qui fait la différence sur le marché. Nous avons davantage de temps et de moyens pour rendre nos produits plus simples, attractifs et performants.

 

Le fait de partager des logiciels open source avec vos concurrents vous gêne-t-il ?

La culture du secret appartient au passé. Ce n’est pas pour cela que les consommateurs vont se ruer dans les magasins pour acheter vos produits. À l’exception de quelques secteurs comme le nucléaire ou la défense, il n’est plus possible aujourd’hui de tout développer. L’économie moderne est régie par la culture du partage. L’open source ne correspond plus à la vision angélique du monde académique des années 1970 à 1990. Il est aujourd’hui fabriqué par des sociétés commerciales en collaboration avec le milieu académique. L’objectif est économique : réduire le coût des composants logiciels génériques en en partageant le développement et l’emploi. C’est ainsi que Google et Facebook sont aujourd’hui les deux plus gros contributeurs à l’open source.

 

Avez-vous toutes les compétences nécessaires à cette politique ?

Nous tenons à maîtriser nous-mêmes l’utilisation de l’open source. C’est pourquoi nous ne faisons pas appel à des prestataires externes dans ce domaine. Nous préférons étoffer nos équipes, car les besoins sont récurrents. Les soixante personnes impliquées dans le développement de nos produits ont toutes des compétences en open source. Lors du recrutement, il importe de deviner le tempérament du candidat. S’il a tendance à être fainéant, il ira vers l’open source. 

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