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La cooptation inspire les start-up et transforme les employés en recruteurs

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La cooptation inspire les start-up et transforme les employés en recruteurs © Capture d'écran RolePoint

Après la révolution du recrutement social, qui a bouleversé les ressources humaines via les réseaux sociaux, une nouvelle ère se dessine avec des outils numériques de cooptation, qui misent sur la culture d'entreprise et les employés avant tout. Des start-up transformant les employés en chasseurs de têtes se multiplient outre-Atlantique mais aussi en Europe.

Entreprises et recruteurs commençaient tout juste à prendre parti des réseaux sociaux. D’abord timides, ils sont désormais 90% à utiliser LinkedIn, Viadeo, mais aussi Facebook, Twitter, Pinterest et autres pour trouver des candidats et poster leurs offres. De nombreuses sociétés ont même des comptes Twitter dédiées aux offres d’emploi, comme Disney ou Orange.

Mais Voilà. Une nouvelle mutation dans l’évolution du recrutement est en cours : de plus en plus de start-up proposent des solutions numériques complètes basées sur la  cooptation et les recommandations, court-circuitant encore davantage les ressources humaines traditionnelles.

La cooptation marche depuis que le monde est monde, de bouche à oreille, de façon ponctuelle. Pour systématiser cet usage, il fallait trouver un moyen de numériser la séculaire recommandation.

RolePoint, par exemple, permet aux employés d’une entreprise de recommander en quelques clics des candidats dans leurs propres réseaux sociaux : LinkedIn, Facebook et Twitter. L’entreprise utilisatrice participe peut inciter ses employés à faire des recommandations en mettant en place un système de récompense. Elle peut aussi garder un œil sur des candidats potentiels en créant une “communauté de talent” en ligne qu’elle remplit au fur et à mesure des profils intéressants croisés sur LinkedIn, Facebook et Twitter.

D’autres solutions visent davantage des “diffuseurs” que les entreprises directement. En Europe, MyJobCompany, envoie aux diffuseurs inscrits les offres d’emploi compatibles avec leurs contacts sur les réseaux sociaux (là encore, Facebook, Twitter et LinkedIn). Ceux-ci acceptent alors ou non de les faire suivre via ces réseaux sociaux, par e-mail ou par sms. MyJobCompany verse une prime par recommandation pertinente puis une deuxième à l’embauche, et récupère 30 % des primes de cooptation proposées par les recruteurs.

Bousculade à la porte de l’innovation

Dans la Silicon Valley, le recrutement par cooptation numérique est devenu une nécessité tant la guerre des talents fait rage. Les employés jouent aux chaises musicales entre les géants Facebook, Google et Apple, quand ils ne décident pas de se lancer dans l’aventure start-up.

Dans une économie ou le capital humain est la première source de valeur, toutes les méthodes sont bonnes pour trouver le candidat idéal. A San Francisco, RolePoint, Discover.ly, Kareer.me et bien d’autres start-up sont parties à la conquête de ce nouveau marché. Rolepoint, fondée à Londres par 4 anciens de Deutsche Bank, a rejoint le prestigieux incubateur Angelpad et fait une première levée de fonds impressionnante en 2012 (plusieurs millions de dollars selon plusieurs sources), auprès de fondateurs et PDG de compagnies comme Google.

Chris Le Breton, PDG de Rolepoint, explique comment il compte cibler les entreprises du Fortune 500 : “Notre idée, c’est qu’en engageant efficacement leurs employés à recommander des contacts pertinents, les entreprises augmentent de façon significative qualité, performance et longévité des nouvelles recrues.”

Une autre start-up californienne au business model similaire, Discover.ly, lancée par Theodore Summe après 4 ans passés à Salesforce, vient de lever 750 000 dollars auprès de Salesforce et Jim Patterson, chef de produit chez Yammer, entre autres. “Le recrutement social est excitant car une forte culture d’entreprise rapporte des bénéfices directs. J’en étais le témoin à Salesforce, on était fiers d’y recruter nos amis.”, rapporte le fondateur.

MyJobCompany, fondée en France en 2011 par Grégory Herbé, vient de se lancer à Londres après avoir levé 650 000 euros en janvier dernier. Une bulle en train de naître ou une vraie révolution du recrutement ? Pour Jacques Froissant, expert RH, c’est la masse critique atteinte par les réseaux sociaux qui a permis ce nouvel engouement.

L’individu prend toute la place

Ces start-up ont compris que le recentrement sur la valorisation de l'individu, notamment pour la génération Y, transformait le recrutement à tous les niveaux. On peut donc se demander quel rôle les recruteurs vont jouer dans tout cela…

Vraisemblablement, plus le capital humain va prendre de la valeur, notamment avec l’essor de l’économie numérique, plus les RH vont devoir se concentrer sur des programmes de valorisation et développement des employés.

Un problème subsiste : on sait que le réseau est crucial pour décrocher un poste, mais là encore les inégalités risquent de se creuser. Si internet permet à tous de se faire repérer, la cooptation numérique organisée risque de profiter aux mêmes. Il revient donc à chacun de développer son réseau, car si l’on devient tous recruteurs, les possibilités sont infinies.

Nora Poggi

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