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La guerre des taxis contre les start-up du numérique

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Autolib, Véhicules de Tourisme avec Chauffeur (qui viennent vous chercher en bas de chez vous après une réservation sur Internet ou par téléphone)… De nombreuses start-up issues du monde du numérique partent à l’assaut de la clientèle des taxis. Mais soumis à de lourdes charges que ne doivent pas payer leurs nouveaux concurrents, ces derniers ne se laissent pas faire.

La guerre des taxis contre les start-up du numérique
La guerre des taxis contre les start-up du numérique © loic80l - Flickr - c.c.

Depuis 2009 les taxis sont en ordre de bataille. Manifestations, opérations escargot dans plusieurs villes de France… La cause principale de leur grogne ? Les Véhicules de Tourisme avec Chauffeur (VTC), autorisés en 2009, leur feraient une concurrence déloyale. Ces nouvelles entreprises transportent leurs clients d’un point à un autre, après réservation. Mais elles n’ont théoriquement pas le droit de charger des personnes dans la rue. Cette prérogative est réservée aux taxis et leur coûte très cher.

Pour l’obtenir, ils doivent acheter une licence. Elles sont en nombre limité, à Paris par exemple 16 623 sont exploitées en 2013. Pour acquérir ce document, les sommes à débourser sont très élevées. Selon le site Internet du quotidien Libération, le précieux sésame se revendrait autour de 240 000 euros à Paris et plus de 400 000 euros pour certaines villes du Sud de la France en 2013. Ceux qui n’ont pas les moyens peuvent louer une licence à un propriétaire, pour 100 euros par jour en moyenne.

fin de la concurrence déloyale

Les VTC ne sont pas soumis à cette règlementation. Pour exercer leur activité, ils ne doivent payer que 100 euros de frais d’enregistrement. Sauf que, disent les taxis, ils prendraient des clients à la volée dans la rue, malgré l’interdiction.

La lutte des taxis contre cette « concurrence déloyale » a porté ses fruits. Un amendement a été apporté au projet de loi sur la consommation, voté en première lecture par l’Assemblée Nationale le 3 juillet 2013. Il oblige les VTC à respecter un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge d’un client. Si le texte est validé par le Sénat au mois de septembre, cette règle entrerait en application d’ici fin 2013.

Des concurrents nombreux

Si les taxis français ont remporté, comme aux Etats-Unis, leur bataille contre les VTC, la guerre contre les start-up issues du monde du numérique n’est pas finie. Ces nouveaux concurrents sont de plus en plus nombreux. Exemple ? Le service de véhicules partagés lancé par Bolloré en décembre 2011, Autolib. Les utilisateurs louent une voiture à un point relai et peuvent la reposer dans un autre. Avec plus de 4 000 bornes disséminées dans 46 villes de la région parisienne, faire de courtes distances en ville sans prendre un taxi devient facile, même lorsque l’on ne possède pas d'automobile. Aujourd’hui mis en place à Paris, Autolib devrait arriver d’ici la fin de l’année à Lyon et à Bordeaux.

Les taxis sont aussi menacés par des sites de location de véhicules entre particulier, comme Buzzcar ou encore Drivy. Issus de l’économie du partage, ces entreprises permettent de louer en ligne la voiture de son voisin de palier pour la journée. Pour louer l’un des 7 500 véhicules disponibles sur le site de Drivy il faut débourser 27 euros par jour en moyenne. Souvent plus rentable que de prendre un taxi.

Le coivoiturage courte distance arrive en France

Les sites de covoiturage, Blablacar en tête, ne menacent pas le règne des taxis sur les trajets de courte et moyenne distance dans les villes. Utilisés en général pour de longs trajets, ils concurrencent plus directement la SNCF.

C’était sans compter sur l’ingéniosité des créateurs de Lyft. Cette application permet depuis 2012 aux américains de faire du covoiturage sur de courtes distances, avec d’autres particuliers. Il suffit de réserver un trajet à l’avance sur le site Internet de Lyft, ou de repérer instantanément, via un smart phone, si un autre utilisateur de l’application fait le même trajet que vous dans un rayon de quelques kilomètres. Il reçoit alors votre demande et décide ou non de venir vous chercher. Le prix de la course (environ deux fois moins cher qu’un taxi) est fixé à l’avance. Pour l’instant, ce service n’est disponible que dans quelques grandes villes américaines (San Fransisco, Washington, New York…), mais il pourrait arriver prochainement en France, pour le plus grand malheur des taxis…

Lélia de Matharel

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