Actualité web & High tech sur Usine Digitale

La LHoFT, un cocon pour faire du Luxembourg le cœur névralgique des technologies de la finance

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Financée par le gouvernement luxembourgeois et 12 partenaires privés, la LHoFT (maison du Luxembourg pour les technologies de la finance) vise à créer des ponts entre start-up et grands groupes. Objectif : permettre à la place financière du Luxembourg de rester compétitive et de rayonner à l'international. Elle s'apprête à accueillir dix premières jeunes pousses à qui elle proposera un accompagnement sur-mesure. 

La LHoFT, un cocon pour faire du Luxembourg le cœur névralgique des technologies de la finance
La LHoFT, un cocon pour faire du Luxembourg le cœur névralgique des technologies de la finance © LHoFT

"Je n'aime pas le mot fintech. C'est un 'buzzword' qui a été inventé par des entreprises qui cherchaient à être plus sexy aux yeux des investisseurs. La technologie dans le monde de la finance existe depuis très longtemps". Nasir Zubairi ne mâche pas ses mots. En décembre, il a été nommé CEO de la LHoFT (pour Luxembourg house of financial technology - la maison du Luxembourg pour les technologies de la finance, en français).

 

Connecter les différents acteurs de l'écosytsème

Située dans le quartier Kirchberg au milieu des sièges des institutions européennes, la nouvelle structure est le fruit d'un partenariat public-privé impliquant le gouvernement et plusieurs banques privées. Elle s'apprête à accueillir dans ses locaux les dix premières start-up qu'elle accompagnera. Mais la LHoFT n'est pas qu'un incubateur. Le lieu vise à connecter les différents acteurs de la finance (jeunes pousses, banques, cabinets de consulting et fonds de capital-risque) pour permettre à la place financière du Luxembourg de rester compétitive et de rayonner à l'international. "Le mot fintech crée des frontières entre les start-up et les autres institutions. Or nous, nous voulons casser ces lignes. Notre travail consiste à connecter les différents acteurs de cet écosystème", poursuit Nasir Zubairi.

 

Un rôle de médiation qui semble taillé pour le CEO. Nasir Zubairi affiche plus de vingt années d'expérience dans l'univers de la finance et a construit sa carrière aussi bien dans les institutions traditionnelles (EBS, ICAP, RBS et HSBC) que dans l'univers des start-up. Dernière expérience en date : FinLeap à Berlin. Présentée par certains comme une usine à fintechs, la structure reprend le concept de start-up studio imaginé par Rocket Internet. Elle a ainsi propulsé une dizaine de start-up spécialisées dans les technologies de la finance en l'espace de 18 mois.

 

 

De gauche à droite : Nasir Zubairi, CEO de la LHoFT, Bert Boerman, CEO de Governance.io, et Raoul Mulheims, CEO de Digicash. 

 

Détecter les "bugs"

"Notre rôle est d'identifier les problèmes que rencontrent les grands groupes et d'essayer de les résoudre, de détecter ce qui ne fonctionne pas et de comprendre pourquoi personne n'a réussi à répondre à ce problème", explique Nasir Zubairi. Les équipes de la LHoFT se sont ainsi attaquées à l'épineuse question du KYC (Know your customer), un grand principe que doit respecter un opérateur financier pour être conforme. "Jusqu'à présent, tout le monde proposait de créer de nouvelles bases de données, nous nous proposons de connecter toutes les bases de données déjà existantes", raconte le CEO.

 

Un accompagnement sur-mesure

L'autre mission que s'est donnée la LHoFT est d'éduquer les start-up à approcher les grands groupes et inversement. Et pour le programme d'accompagnement dédié aux jeunes pousses, il n'y aura pas de formule générique. "Nous allons leur proposer un accompagnement individuel. Nous voulons leur créer un cocon", explique-t-il. La LHoFT proposera ainsi aux jeunes pousses de gagner du temps et de l'argent en réglant des questions liées à l'obtention d'un Visa, au logement ou encore à la mise en relation avec le régulateur.

 

La LHoFT entend accueillir des start-up issues de différents pays. Elles seront sélectionnées selon plusieurs critères comme leur stade de développement, le nombre de clients, et surtout le potentiel qu'elles peuvent apporter au reste de l'écosystème local. Dès le premier trimestre 2018, les équipes de la LHoFT devraient déménager dans de nouveaux locaux, où une trentaine de pépites pourront être hébergées. 

Le Luxembourg, LA nouvelle porte d'entrée vers l'Europe

La LHoFT est le fruit du travail de réflexion de Luxembourg For Finance, agence gouvernementale fondée en 2008 pour développer la place financière du Luxembourg à l'international. "Notre objectif est d'attirer les entreprises au Luxembourg et d'augmenter l'activité de celles qui sont déjà présentes", expose Tom Théobald, directeur général adjoint de Luxembourg For Finance. "Nous pensons que les technologies de la finance sont un catalyseur de développement et nous ne souhaitons pas rater cette capacité à créer un environnement où le Luxembourg innove dans la finance", poursuit-il. Avec le Brexit, le Grand-Duché entend saisir sa chance pour devenir LA porte d'entrée sur le marché européen. "Lorsqu'une entreprise basée en Asie, en Israël ou aux Etats-Unis se développe, la seconde étape pour elle c'est le marché européen. Or l'Angleterre ce n'est plus l'Europe. Il n'y a plus que l'Irlande et le Luxembourg où l'on peut tout opérer en anglais, et géographiquement nous occupons une place centrale", assure Nasir Zubairi, CEO de la LHoFT. 

 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale