Usine Digitale

La plus grosse cyberattaque de l’histoire d’Internet n’était qu’un mensonge

Par -

La plus grosse cyberattaque de l’histoire d’Internet n’était qu’un mensonge © D.R.

A lire sur le même sujet

Le trafic internet mondial ralenti par une violente cyberattaque

Ce matin, la presse en ligne se faisait l’écho d’une nouvelle inquiétante, la plus grosse attaque informatique de l’histoire, avec pour conséquence un ralentissement mondial d’internet. Et pourtant...

"La plus grande cyberattaque mondiale de l'histoire", "L'une des plus grandes attaques informatiques actuellement en cours", "La plus grosse attaque informatique de l’histoire est en cours" : les titres à la une de ce matin se voulaient plus alarmants les uns que les autres. Le New York Times révélait hier que l’organisation hollandaise de lutte contre le spam Spamhaus faisait l’objet d’une attaque par déni de service (DDoS) d’une envergure sans précédent, lancée par l’hébergeur hollandais Cyberbunker, au motif que l’hébergeur aurait été mis sur la liste noire de l’organisation. La nouvelle a été reprise par la BBC et a fait le tour du monde.

Les experts avancent des chiffres hallucinants : des flux de données atteignant 300 Gbit/seconde, supérieurs à la bande passante de certains pays. Certains spécialistes expliquent même que l’attaque se serait étendue aux serveurs DNS (Domain Name system) racines,  ceux qui gèrent la correspondance entre noms de domaine et adresse IP, rendant impossible toute riposte. De quoi ralentir l’internet mondial.

Cependant, le site Gizmodo se pose des questions. A-t-on vraiment constaté un ralentissement d’Internet ? Pourquoi l’attaque n’est dévoilée que maintenant ? Pourquoi personne ne se plaint de problèmes sur Netflix comme le rapporte le NYT et la BBC ? Pourquoi l’Internet Traffic Report ne montre aucune trace du conflit sur ses graphes ?

Plus troublant, la société CloudFare qui a signalé l’attaque, est également le fournisseur de la solution de sécurité qui protège la victime. Cité dans le NYT, Matthew Prince, PDG de CloudFare se veut inquiétant : "Ces choses [les attaques DDoS] sont comme des bombes nucléaires". Le lendemain, il publie sur le blog de Cloudfare "L’attaque DDoS qui a presque cassé l’Internet", rien de moins. Dans ce long billet qui ressemble plus à un communiqué de presse, il conclut par : "Chez CloudFlare, un de nos objectifs est de faire que les DDoS deviennent des choses que vous ne découvrirez que dans les livres d'histoire. Nous sommes fiers de la façon dont notre réseau a résisté à une attaque aussi massive et nous travaillons avec nos pairs et nos partenaires pour nous assurer que l'Internet global soit capable de résister à de telles menaces."

Pour confirmer ses doutes, Gizmodo poursuit son enquête auprès d’un opérateur et d’une société de monitoring du trafic internet. Aucune trace de perturbations au niveau mondial. Sur les tableaux de bord du cloud Amazon qui gère un trafic conséquent sur Internet, tous les indicateurs sont au vert, même en Europe où le conflit se déroule.

En fait, tout va bien.

Qui donc a intérêt à semer l’inquiétude, à faire croire que l’Internet mondial est en train de s’écrouler ? Cela ressemble fort à une stratégie que l’on voit aussi chez les fournisseurs d’antivirus : semer la terreur et proposer le remède.

Pierre Tran

Partagez l’info :

Publicité

Réagissez à cet article

Error pseudo!

Error Email!

Error Captcha!

Les plus lus de la rubrique «Informatique»

Les entreprises qui font l'actualité de «Informatique»

Les autres actualités de la rubrique «Informatique»