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La SNCF va permettre l'accès à internet dans tous les trains... et vendre ses données

| mis à jour le 10 février 2015 à 16H56
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Le plan #DigitalSNCF, présenté ce 10 février, vise à accélérer la numérisation de la SNCF. Au menu : open data mais avec ventes des données, Internet sur tout le réseau et via la 4G dans le TGV, un nouveau fonds start-up et l'animation d'une communauté de développeurs.

La SNCF va permettre l'accès à internet dans tous les trains... et vendre ses données
Guillaume Pépy, président de la SNCF et Yves Tyrode, son CDO, présentent le plan #DigitalSNCF le 10 février 2015. © Aurélie Barbaux

"La transformation numérique de la SNCF passe avant tout par le client. SNCF le fait depuis 15 ans. Mais aujourd’hui, le digital est devenu le 'core business' de notre métier de transporteur. Il est le levier de la transformation de l’entreprise bien au-delà du commerce électronique et de l’information client", a d’emblée rappelé Guillaume Pepy, président de la SNCF, ce 10 février lors de la présentation de son plan #DigitalSNCF.

Certes, depuis le lancement de Voyages-sncf.com en 2000 et d’iDTGV en 2005, les habitudes et attentes des utilisateurs du réseau ont changé. "En 2015, on va donc accélérer cette digitalisation et creuser l’écart", a promis le patron de la SNCF. Comment ? C’est justement tout l’objet du plan #Digital SNCF, doté d’un budget de 450 millions d’euros sur trois ans (150 millions par an), plus "30 millions d’euros, aussi sur trois ans, dans un nouveau fonds 'Digital SNCF venture', qui sera lancé pour investir dans les start-up françaises et européennes, les plus prometteuses. Il sera opérationnel dans les prochaines semaines", a annoncé Yves Tyrode, ex-directeur de Voyages-sncf.com nommé directeur numérique et communication de la SNCF il y a 4 mois.

LA 4G préférée AU WI-FI

Et Yves Tyrode doit aller vite. Guillaume Pepy lui donne en effet 18 mois pour dérouler son programme. Le nouveau chief digital officer (CDO) de la SNCF a donc choisi d’adopter une approche industrielle, parlant même "d’usine digitale" pour son plan. Avec une première phase de six mois et six actions clé : lancement de l’appli SNCF multimodale et personnalisable en janvier 2015, lancement du fonds d’amorçage en février, test de la qualité de couverture 3G et 4G du réseau à partir de mars, ouverture des API et ventes des données en mai 2015 puis accélération de la digitalisation dans l’entreprise notamment via l’équipement d’une partie des 800 000 agents de maintenance en tablettes et applications.

Mais la priorité d’Yves Tyrode est avant tout l’accès à internet haut débit dans tous les trains. De fait, l'application SNCF pourra être la meilleure du monde, si les voyageurs ne peuvent pas l’utiliser lors de leur déplacement, cela ne sert à rien ! Mais fini le fantasme du Wi-Fi dans toutes les gares et tous les trains. "Le Wi-Fi sera réservé à quelques gares à forte concentration et aux TGV, mais avec une autre technologie (la 4G) et non celle via le satellite adoptée jusque-là. La solution technologique sera choisie d’ici à la fin du premier trimestre 2015 pour un déploiement fin 2016."

Pour le reste du réseau, "le projet net.SNCF vise à travailler avec les opérateurs pour la connexion haut débit dans les trains, explique Yves Tyrode. On va mesurer la couverture 3G et 4G sur l’ensemble de notre réseau en suivant les procédures de l’Arcep. On partagera ces mesures avec les quatre opérateurs et l’Arcep pour définir où il y a des problèmes réels de couverture. On commence les mesures en mars pour partager les premières mesures en avril." La SNCF s’engage par ailleurs à faciliter l’installation d’antennes sur son réseau.

Ouvrir les données mais aussi les vendre

Autre grand axe du plan #DigitalSNCF : le co-développement de services numériques aux voyageurs (ticket sur mobile, gestion des parkings...). L'entreprise ferroviaire compte industrialiser sa politique d’open data et de partages d’API. "Sur l'open data, la SNCF était pionnière en France. On veut accélérer en industrialisant. On va partager les horaires théoriques, les horaires temps réel et ceux des correspondances, pour les trains quotidiens et bientôt les TGV, en utilisant les standards du Web (des API) avec un modèle économique que l’on veut clair et vertueux. Les start-up ne paieront pas ou très peu l’accès à ces données. En revanche, les gros utilisateurs payeront d’avantage. Les API seront disponibles fin mai", a annoncé Yves Tyrode.

Une stratégie de valorisation des données qui ne vise pas à la rentabilité mais qui pourrait néanmoins apporter une certaine valeur. "Je crois à l’intelligence collective. Plus de 1 000 start-up souhaitent travailler avec nous", avance le CDO. Mais pas question de se contenter des données des trains. Dans le plan #DigitalSNCF, un projet baptisé FluxSNCF vise à collecter et analyser toutes les données des déplacements des clients pour leur fournir un meilleur pilotage, officiellement.

Le CDO souhaite aussi développer une communauté. Des accélérateurs digitaux, baptisés les 574 en référence à la vitesse maximale atteinte par le TGV, seront ouverts dans différents endroits, de Toulouse à San Francisco. Ils accueilleront à la fois des start-up en incubation et des gens travaillant dans 4 ateliers, baptisés "Fab ", consacrés respectivement au big data, à l’open data, au design et aux objets connectés.

Une batterie d’indicateurs

"On veut appliquer sur tous nos projets les standards du Web", explique Yves Tyrode. En commençant par la mesure, pour mieux pivoter si besoin. "L’ensemble de ce programme sera doté d’indicateurs", prévient le CDO. Chaque mois seront ainsi mesurés le taux de satisfaction des clients et des salariés, le nombre de projets menés en partenariat, le nombre de start-up partenaires, le nombre d’équipements fournis aux salariés, la taille de la communauté digitale, le nombre d’API et la couverture mobile 3G et 4G sur le réseau.

Vaste programme. Mais il laisse en chantier d’importants pans d’une transformation digitale complète. Rien de très précis sur la formation des équipes au numérique par exemple. Rien non plus de concret concernant l’internet des objets, qui permettrait de connecter les trains et les équipements pour améliorer la qualité de service et la maintenance. Des trains connectés pourraient aussi améliorer la conduite économique. Et la ponctualité dont Guillaume Pepy espère beaucoup, notamment pour l’activité Fret. Mais ces clients-là ne sont pas concernés par le plan #DigitalSNCF, semble-t-il...

Aurélie Barbaux

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