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La Société Générale paye un jeune premier pour faire des shows à l'américaine sur l'intelligence artificielle

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Un véritable show réalisé sur scène par Stéphane Mallard, qui n'a pas 30 ans. Il aurait pu faire du théâtre, mais il a choisi de devenir… salarié de la Société Générale. Mais un salarié pas comme les autres qui a imaginé une conférence sur l'intelligence artificielle, avec son manager Bernard Georges, prospectiviste chargé de secouer l'institution. Construite comme un spectacle, la présentation est devenue virale et a été présentée à plus de 7000 collaborateurs de la banque, dont certains membres du comex. Une véritable révolution dans cette entreprise très hiérarchisée, où chacun reste à sa place. La direction a même décidé de présenter ce "show" à l'extérieur, à des entrepreneurs et des grands groupes également intéressés par l'IA. 

La Société Générale paye un jeune premier pour faire des shows à l'américaine sur l'intelligence artificielle
La Société Générale paye un jeune premier pour faire des shows à l'américaine sur l'intelligence artificielle © Capture d'écran YouTube

"Ce que je vais vous raconter va vous choquer, vous aller peut-être me prendre pour un fou…", Stéphane Mallard préfère prévenir tout de suite son public lorsqu'il arrive sur scène, son micro cravate fixé sur le côté droit du visage, comme un showman : sa conférence sur l'intelligence artificielle (IA) n'a qu'un seul objectif, faire voler en éclat les cadres mentaux de son assistance. Surprenant de la part d'un salarié de banque…

 

Chargé de la stratégie, de l'innovation et de la prospective dans les salles de marché de la Société Générale, le jeune homme de 27 ans présente depuis juin 2015 une conférence sur l'IA inspirée des Ted Talks, ces énergiques présentations organisées par une ONG américaine qui veut "diffuser des idées qui valent le coup d'être diffusées."

 

Une ancienne forteresse inviolable s'ouvre à l'open innovation

Voix décidée, gestuelle appuyée qui vient ponctuer presque chacune de ses phrases, Stéphane Mallard ne lésine pas sur les moyens pour capter l'attention de son public et lui faire réaliser que les films américains Matrix et Minority Report ne sont plus des fictions. L'explosion de la puissance de calcul et les progrès dans les neurosciences ont fait émerger la réalité virtuelle, technologie qui va bouleverser tous les secteurs de l'économie. Cuisine, mode, tourisme... Les salles de marché des organisations financières sont loin d'être les seules concernées, souligne le speaker pendant son exposé.

 

 

Fait notable pour une banque, dont la communication est verrouillée, la conférence est ouverte au public. Entrepreneurs des fintech, journalistes, curieux… Des personnes de tous horizons sont venues assister à sa présentation, en octobre 2015, lors du congrès FinTech Bordeaux. Une manière pour la société du CAC 40 de se connecter avec le monde extérieur et de mettre un pied dans l'open innovation.

 

Les secrets de la banque restent bien gardés

Le showman de la banque présente aussi cette conférence à des salariés de grands groupes comme Engie, également concernés par l'IA. Ils réfléchissent ensemble aux bouleversements que cette nouvelle technologie va provoquer. Stéphane Mallard a réalisé cette conférence aux quatre coins du monde, à Hong Kong, en Inde (à Bangalore), au Pays-Bas, en Suisse

 

Mais pas question d'aller à l'encontre des intérêts de la banque, de donner à ses concurrents des indices sur ce qu'elle concocte concrètement en interne sur l'intelligence artificielle. La présentation reste très générale : seul un chapitre sur huit concerne l'IA dans le monde bancaire. Le discours de Stéphane Mallard est libre... dans des limites clairement fixées par ses supérieurs.

 

Un jeune de moins de 30 ans, pour casser les codes

Pour construire cette conférence, cet ancien de Science Po a travaillé pendant trois mois à partir d'articles de recherche fouillés sur l'IA. Il a été guidé dans sa démarche par son manager Bernard Georges, responsable de la maîtrise d'ouvrage stratégique de la division activités de marchés de la Société Générale.

 

C'est cet homme d'expérience, payé par la banque pour "penser en rupture", qui a décidé de confier ce projet à un salarié de moins de 30 ans, pour casser les codes. Stéphane Mallard, un passionné de politique qui dit rêver de déclamer ses textes comme Barack Obama ou Bernard Tapie, avait les qualités oratoires et l'énergie requise pour faire de la présentation une petite bombe.

 

5000 salariés ont vu la conférence IA

Bingo : cette conférence qui ne devait être présentée qu'une fois est devenue virale au sein du groupe. "La première fois, il y avait une dizaine de personnes de la banque. Début 2016, plus de 5000 des 150 000 salariés du groupe y avaient assisté !", se félicite Stéphane Mallard.

 

La Société Générale a un système hiérarchique bien ancré et difficile à contourner. Pourtant, le jeune homme qui ne travaille pour l'organisation que depuis septembre 2013, a déjà présenté le fruit de son travail à plusieurs membres du comité exécutif. Il est pourtant rare, dans une entreprise de cette taille qu'un salarié puisse avoir accès aux hautes strates, sans parler de s'adresser directement aux membres de la direction.

 

Pour "hacker de manière bienveillante l'entreprise à la base, là où elle est mobile", Stéphane Mallard et son "père spirituel" n'ont au départ pas demandé l'autorisation de la direction. "Nous ne l'aurions probablement pas eue", ajoute-t-il. Loin de freiner ce mouvement viral, les dirigeants du groupe ont décidé d'adouber ces deux instigateurs, en donnant leur feu vert pour que la conférence soit dupliquée. Ils lui ont ainsi conféré une force et se sont par la même occasion assuré que le jeune showman ne sortirait pas des clous...

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