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Label Cloud, Cloud Confidence… la guerre des labels est déclarée

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Après Label Cloud, Cloud Confidence. Ces certificats tentent de clarifier les offres de cloud computing et de rassurer les clients sur la sécurité des données. Mais leur multiplicité risque d’ajouter de la cacophonie dans un marché déjà en proie à une grande confusion. D’autant qu’aucun des géants américains du marché n’y adhère.

Label Cloud, Cloud Confidence… la guerre des labels est déclarée
Label Cloud, Cloud Confidence… la guerre des labels est déclarée © D.R.

Cloud Confidence. C’est le nom du label lancé officiellement le 9 décembre à Paris. Il a été élaboré par l’association éponyme regroupant des prestataires de services, des entreprises utilisatrices et experts indépendants – au total 15 membres. Objectif : favoriser la confiance dans le cloud computing et développer le marché en France.

"Il s’agit en réalité d’un certificat, qui atteste le respect du référentiel établi par l’association en matière de sécurité des données, explique Olivier Iteanu, avocat à la cour d’appel de Paris et vice-président de Cloud Confidence. Il va plus loin que la réglementation européenne en matière de protection des données personnelles. Il est délivré pour une période de 5 ans après une procédure de certification rigoureuse puis vérifié tous les ans par un organisme agrée". Le spécialiste de la sécurité informatique LSTI, basé à Saint-Malo, est le premier organisme accrédité. Deux éditeurs de logiciels ont été déjà certifiés : EasyVista, spécialiste de la gestion d’infrastructure informatique, encore en transition vers le cloud, et Oodrive, spécialiste du partage et stockage de fichiers en ligne, 100 % cloud.

Les révélations fracassantes sur l’espionnage électronique de la NSA, l’agence nationale américaine de sécurité, ont fait naître des interrogations sur la sécurité des données confiées à des prestataires de cloud computing. Le rétablissement de la confiance est indispensable au développement du marché en France. C’est l’une des recommandations clés de la feuille de route du plan "Nouvelle France industrielle  sur le cloud computing, approuvée en juin 2014. C’est aussi l’objectif de Cloud Confidence.

Une recommandation du plan Cloud

Le problème, c’est que ce certificat n’est pas seul à prétendre à ce rôle. Il y a aussi le Label Cloud. Il a été lancé par DigitalPlace, le cluster numérique de la région Midi-Pyrénées, puis porté au niveau national en novembre 2014 par France IT, association de 7 clusters numériques en France. Selon Jean-Pierre Bayol, directeur général de DigitalPlace et vice-président de France IT, environ 60 sociétés sont candidates à la première vague de labellisation prévue en 2015. Un troisième label est en préparation par l’Anssi, l’agence nationale de cyberdéfense. Il devrait voir le jour fin 2015 et la labellisation commencer en 2016. À cela s’ajoutent les trois normes internationales, qui viennent d’être publiées sur le cloud computing.

Jean-Pierre Bayol admet le risque de cacophonie sur un marché déjà en proie à une grande confusion (illisibilité des offres, complexité des contrats, difficultés de localisation des données, etc.). "Nous sommes complémentaires, se défend-il. Cloud Confidence se focalise sur la sécurité des données, alors que Label Cloud se veut plus global en qualifiant aussi les offres de cloud computing". Même son de cloche chez Cloud Confidence. "La loi ne suffit pas à établir la confiance sur le marché, estime Olivier Iteanu. Il faut se prendre en main pour régler le problème, et c’est ce que font les labels issus du marché. Quant à celui de l’Anssi, il vise les opérateurs d’intérêt vital, pas tout le monde".

L’autre difficulté réside dans la nature des acteurs impliqués. Ces labels sont poussés par des organismes et sociétés français. Or le marché du cloud computing est aujourd’hui dominé par des fournisseurs américains. On les voit mal adhérer à ces initiatives et accepter de se plier à la démarche de certification qu’elles impliquent. Google, par exemple, refuse d’indiquer la localisation des données. D’ailleurs, aucun des géants US (Amazon, Google, Microsoft, Salesforce, IBM, Oracle…) ne soutient ces labels, ce qui en limite grandement la portée. Peu importe. Olivier Iteanu rêve de porter Cloud Confidence au niveau européen. Et à le croire, l’initiative bénéficie déjà d’un accueil favorable en Allemagne.

Ridha Loukil

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