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Le chinois Tsinghua Unigroup n’entrera pas au capital de l’américain Western Digital

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Confronté au risque d’un veto de Washington, le chinois Tsinghua Unigroup renonce à devenir le premier actionnaire de l’américain Western Digital, N°1 mondial des disques durs. Un échec qui illustre les difficultés de la Chine à mener des acquisitions stratégiques dans la high-tech.

Le chinois Tsinghua Unigroup n’entrera pas au capital de l’américain Western Digital
Tsinghua Unigroup n'aura pas une part des disques durs de Western Digital © D. R.
Dur dur d’être un investisseur chinois. Tsinghua Unigroup, qui constitue le bras armé de Pékin dans les semiconducteurs, renonce à entrer dans le capital de l’américain Western Digital, numéro un mondial des disques durs et bientôt l’un des acteurs majeurs dans les mémoires flash une fois son acquisition de SansDisk finalisée. L’information est annoncée officiellement par sa filiale à Hong Kong, Unisplendour par le biais duquel il envisageait de mener la transaction.
 
Probable veto américain
Ce n’est pas de gaité de cœur que le groupe chinois se retire d’une opération qui en aurait fait le premier actionnaire de Western Digital avec 15% du capital au prix d’un investissement de près de 3,8 milliards de dollars. C’est que sa filiale Unisplendour a été notifiée d’une enquête de la redoutable Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS), l’agence américaine de surveillance des investissements étrangers, celle-là même qui a opposé son véto au rachat de Lumileds, l’activité de Philips dans les LED, par le consortium d’investisseurs chinois Go Scale Capital. Dans le langage de l’agence, cette notification signifie un probable veto.
 
Les Etats-Unis semblent déterminés à contrecarrer les ambitions d’indépendance de la Chine dans les semiconducteurs. Un secteur hautement sensible considéré par Washington comme stratégique et vital pour la sécurité du pays. En 2015, les chinois ont conclu une dizaine d’accords d’acquisition et de prise de participation dans le secteur. A ce jour, seuls deux ont abouti: ceux concernant le rachat des américains Integrated Silicon Solution Inc (mémoires embarquées) et OmniVision (capteurs d’image).
 
La Chine bridée dans son accès aux technologies
Tsinghua Unigroup sert de fer lance de la stratégie de reconquête de la Chine dans la High-tech. Le groupe prévoit d’investir l’équivalent de 47 milliards de dollars d’ici 5 ans pour devenir en 2020 le N°3 mondial des semiconducteurs, une place occupée aujourd’hui par le coréen SK Hynix, derrière Intel et Samsung. Il est allé jusqu’à avoir l’audace de lancer une offre non sollicitée de 23 milliards de dollars sur Micron Technology, le fleuron américain des mémoires. Une proposition refusée immédiatement car l’opération n’avait aucune chance d’avoir l’aval de Washington.
 
Dans leur course à l’indépendance technologique, les chinois alignent des moyens financiers considérables. Mais leurs échecs à racheter Lumileds et à entrer dans le capital de Western Digital illustrent leurs difficultés à mener des acquisitions stratégiques. Ils ne peuvent, non plus, accéder aux technologies nec plus ultra disponibles aux Etats-Unis, au Japon ou à Taïwan. Un vrai casse tête pour Pékin.

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