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Le code est dans le pré : Simplon lance un concours pour dupliquer son école dans les campagnes

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De nombreuses entreprises rurales ont du mal à pourvoir leurs postes d’informaticiens. Pour aider des jeunes et des chômeurs à trouver un emploi, l’entreprise Simplon veut créer des écoles d’informatique gratuites pour les étudiants, à la campagne.

Le code est dans le pré : Simplon lance un concours pour dupliquer son école dans les campagnes
Le code est dans le pré : Simplon lance un concours pour dupliquer son école dans les campagnes © Simplon.co - Facebook

AZ network est implanté en Basse-Normandie. Cette société, qui crée des logiciels, ne parvient pas à recruter suffisamment d’informaticiens. Son directeur, Alexandre Varady, s’est rapproché des IUT informatiques de sa région pour trouver des candidats, mais rien n’y fait : la France manque cruellement de codeurs informatique, à fortiori en milieu rural. Selon le Syntec numérique, le syndicat des professionnels du secteur, l’Hexagone aura besoin de plus de 36 000 développeurs d’ici 2018.

Pour permettre à des jeunes ou à des personnes éloignées de l’emploi de développer une compétence recherchée sur le marché du travail, l’entreprise Simplon, basée à Montreuil (Seine Saint Denis), a créé un modèle d’école informatique. La société vend à des personnes implantées dans une commune, qui ont envie de développer à côté de chez elles une formation au code, un contenu et des professeurs. La première année, ils mettent l'établissment en place sur le terrain ensemble : l'enseignant de Simplon forme les acteurs impliqués localement dans le projet. Ils peuvent, les années suivantes, tenir seuls les rênes de leur établissement.

Ces écoles forment gratuitement des novices du code aux subtilités du développement d’applications et de programmes web. Simplon essaye actuellement d'implanter son modèle dans plusieurs communes françaises, mais aussi à l'étranger, notament en Roumanie. En parallèle, l'entreprise conçoit et vend des applications mobiles et des sites web.

6 mois de formation

"Chaque session de formation dure six mois. Les étudiants sont plongés dans le bain, ils codent matin, midi et soir", raconte Xavier de Mazenod, qui participe au projet. Et Frédéric Bardeau, co-fondateur de Simplon de compléter : "Nous avons repris le modèle des bootcamps américains. Ces sessions de formation intensive sont organisées par des entreprises qui veulent apprendre, de manière rapide et efficace (entre 6 et 12 semaines), le langage informatique aux jeunes. Sauf qu’aux Etats-Unis, les étudiants doivent payer. Chez nous, les élèves n’ont pas besoin de débourser un centime."

En 2013, Simplon a déjà lancé en milieu urbain deux de ses "fabriques de codeurs entrepreneurs", à Montreuil et à Villeneuve la Garenne. Mais l’entreprise veut installer ses établissements au cœur des campagnes, là où les sociétés manquent de développeurs. Elle a donc organisé un concours, pour créer trois établissements ruraux. Les compétiteurs doivent envoyer avant le 1er juillet 2014 un dossier complet à Frédéric Bardeau ou à Xavier de Mazenod. Il devra contenir une présentation détaillée du projet, le CV des personnes impliquées et une première approche sur les conditions de recrutement des candidats.

Les participants peuvent être des associations, des entreprises ou des structures publiques. Ils seront notamment sélectionnés en fonction de leur capacité à financer l'implantation de l'établissement à côté de chez eux : lancer une première promotion de l'école, pour 20 à 25 élèves, coûte 80 000 euros.

DES SUBVENTIONS PUBLIQUES

"Les porteurs de projet peuvent se tourner vers des compagnies qui veulent investir dans le social, ou qui souhaitent recruter les jeunes à la sortie de l’école", détaille Frédéric Bardeau. Chaque session de formation Simplon est financée partiellement par du sponsoring d’entreprise. "A Montreuil, Orange nous a apporté 90 000 euros de fonds", précise le co-fondateur de la structure. Les candidats peuvent aussi miser sur des subventions publiques. 

"Pour que les écoles attirent suffisamment de candidats dans des zones faiblement peuplées, nous souhaitons que les candidats au concours mettent en place, à côté du lieu de formation, des espaces d’hébergement pour les étudiants. Dans les villes, ce n’est pas possible, l’immobilier est trop cher. Mais à la campagne, les prix sont accessibles et cela pourrait permettre de pérenniser la formation", conclut Frédéric Bardeau.

Lélia de Matharel

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