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Le français Vodkaster défie Netflix en dématérialisant le DVD

mis à jour le 06 mai 2014 à 18H16
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Le réseau social du cinéma Vodkaster propose depuis le 6 mai 2014 une offre de streaming vidéo innovante, censée palier les défauts de la chronologie des médias en France.

Le français Vodkaster défie Netflix en dématérialisant le DVD
Le français Vodkaster défie Netflix en dématérialisant le DVD © Riplay

Netflix pourrait arriver en France à l’automne 2014 ? Même pas peur, répond en substance le fondateur et président de Vodkaster, Cyril Barthet. Sa solution, face à la crise du marché du DVD (-16,7% en 2013, passant sous la barre du milliard d’euros) et de la vidéo à la demande (VOD) qui a stagné l’an dernier : l’innovation. Le réseau social des cinéphiles, créé en 2009, lance le 6 mai 2014 un système de streaming innovant.

Un catalogue de 10 000 DVD, qui sera enrichi par la suite, est accessible à la vente pour les internautes sur le site. Ils peuvent décider de se faire livrer le film chez eux (en payant de dissuasifs frais de ports de 5 euros), ou de le laisser en dépôt chez Vodkaster.

Contourner la chronologie des médias

L'entreprise numérise alors le DVD et le rend accessible à l'utilisateur de chez lui. Il peut regarder son film depuis n'importe quel terminal (ordinateur, tablette, smartphone) équipé du système de lecture de fichier vidéo VLC et disposant d'une connexion Internet très haut débit. Une évolution logique pour le site : il était à son lancement une plate-forme vidéo, regroupant une collection de plus de 30 000 extraits de films. "C'était l'aboutissement naturel de notre démarche", souligne Cyril Barthet.

Grâce à ce système, les films sont accessibles 5 mois après leur sortie en salle, comme le sont les DVD classiques. C'est nettement plus tôt que pour les programmes de VOD, où les abonnés peuvent attendre jusqu'à 36 mois avant de visionner une œuvre. L'entreprise contourne habillement la chronologie des médias, tout en respectant les règles établies.

SECONDE VIE POUR LE MARCHÉ DE LA VIDÉO ?

Mais pour attirer le grand public, Vodkaster ne mise pas seulement sur la fraîcheur de son catalogue. L'entreprise commercialise des DVD neufs, mais ses utilisateurs peuvent aussi mettre en vente sur la plate-forme des DVD d'occasion, dont ils sont propriétaires. Ils peuvent  déposer leur collection de films dans 4 500 points relais, répartis sur tout le territoire. Une fois qu'il les a reçus, Vodkaster numérise les DVD et le propriétaire peut, s'il le souhaite, les vendre sur le site. Sur chaque transaction, la société prélève 0,99 centimes d'euro. Le prix plancher pour la vente d'un DVD de deuxième main est fixé à 2 euros.

"Je pense qu’on a trouvé le juste milieu entre attentes des consommateurs et respect du cadre légal", juge Cyril Barthet. "Nous sommes très scrupuleux sur l’origine des DVD qui arrivent dans nos entrepôts. Nous refusons les disques gravés ou les contrefaçons", insiste-t-il. "Nous cherchons justement à attirer les consommateurs qui sont tentés par la piraterie à cause des faiblesses de l’offre légale. Si on peut faire migrer ne serait-ce que 10% de ce public, ce sera gagné".

Concurrencer PriceMinister et eBay

Vodkaster / Riplay, carte d'identité
Le réseau social des amoureux du cinéma Vodkaster est né en 2009. Riplay (ex- Cheese Music et Cheese vidéo) a été créé en 2012. Les deux sociétés, après fusion, comptent une quinzaine de salariés. Elles sont basées à Paris. Vodkaster, avant la fusion, a réalisé un chiffre d’affaires de 500 000 euros en 2013. Il revendique 1 millions de visiteurs uniques par mois. Vodkaster et Riplay viennent de lever plus d’1 million d’euros auprès de trois fonds d’investissement : Partech Ventures, Elaia Partners et 3T.
"Le marché de l'occasion  crée une impulsion à l'achat, la découverte d'un film est moins risquée pour le client. Si le film ne lui a pas plu, il peut le revendre facilement", explique-t-il. L'entrepreneur veut croire à la renaissance d’un écosystème du DVD de seconde main, sur le modèle du jeu vidéo d’occasion. Mais ce type de service existe déjà sur des plates-formes d'achat-vente de produits d'occasion plus larges, comme PriceMinister ou eBay. Il ne va pas être facile pour la start-up de détourner une partie des habitués de ces services vers son site.

Les lignes bougent : plusieurs acteurs du marché de la vidéo vont désormais offrir une copie numérique pour tout achat de DVD, grâce à un système de licences baptisé "Ultraviolet" (dont Vodkaster a d'ailleurs fait l'acquisition). Le marché de la vidéo n'est pas encore mort. "On peut faire preuve d’audace, tout en s’adaptant au cadre réglementaire français, affirme l'entrepreneur. Il n’y a pas de raison que notre pays ne soit pas capable d’innover sur ce terrain-là". Pour créer son catalogue de film neufs et financer le développement de ce projet, Vodkaster a organisé un tour de table en janvier 2014. L'entreprise a levé 1,2 million d'euros auprès de trois fonds d'investissement, Partech Ventures, Elaia Partners et 3T.

Sylvain Arnulf et Lélia de Matharel

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