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Le plan Santé Numérique peine à trouver son souffle

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Malgré la mobilisation des entreprises, le plan industriel "Santé numérique", qui vise à optimiser l’organisation des soins avec la e-santé, peine à prendre de l’ampleur. En cause, toujours, une politique nationale peu lisible et la difficulté de dégager des modèles économiques pérennes.

Le plan Santé Numérique peine à trouver son souffle
Le plan Santé Numérique peine à trouver son souffle © jfcherry - Flickr - c.c.

Des dossiers médicaux électroniques à la télémédecine, les promesses du numérique pour optimiser le système de santé sont séduisantes, et martelées depuis déjà plusieurs années. Le marché français de la santé numérique atteint aujourd’hui 3 milliards d’euros, en croissance annuelle de 5%. Validé en juin dernier par Arnaud Montebourg parmi les 34 plans de la nouvelle France industrielle, le plan "Santé numérique" ambitionne de transformer la France en "leader européen" dans ce domaine. Elaboré avec les fournisseurs de soins et les entreprises de la filière (Bull, Orange, Voluntis, Syntec, Accenture), il vise à court terme un cadre réglementaire simplifié pour favoriser, enfin, le partage de données et de nouveaux services pour les patients et professionnels de santé.

Capitaliser sur des projets déjà existants

"A moyen terme, le plan doit permettre le développement de la télésurveillance de maladies chroniques, avec l’objectif de 50 000 patients suivis en 2017", explique Christian Nibourel, PDG d’Accenture France et co-chef de file du plan au côté de Mireille Faugère, conseiller maître à la Cour des Comptes et ancienne directrice générale de l’AP-HP. Pour y parvenir, le plan capitalise sur des initiatives déjà engagées. Le programme "Territoires de soins numériques", financé à hauteur de 80 millions d’euros par l’Etat, pour tester l’apport de services numériques innovants dans cinq régions entre 2014 et 2017. Et des projets pilotes de télémédecine, lancés au printemps dans neuf régions, afin de préfigurer de nouvelles organisations de soins. Dans l’espoir de pouvoir traiter 700 000 cas très complexes en 2020.

La balle est dans le camp des pouvoirs publics

Mais, une fois de plus, la révolution e-santé peine à s’amorcer. "Nous sommes en attente de visibilité de la part des pouvoirs publics sur les modalités précises retenues pour l’exécution du plan, à la fois pour cette phase pilote et puis au-delà, observe Christian Nibourel. Je crois qu’il faut un engagement fort de la part des pouvoirs publics pour insuffler une dynamique autour d’une politique nationale cohérente et lisible en matière de santé numérique. Celle-ci doit être soutenue par une gouvernance unifiée, une trajectoire claire et des investissements concentrés et focalisés sur des pilotes avec un objectif de généralisation à grande échelle."

Pourtant, le projet de loi de Santé présentée par la ministre Marisol Touraine le 15 octobre reprend certains éléments de la feuille de route du plan. Mais le couac du Dossier médical personnel (DMD), mille fois relancé, le rappelle : il n’y aura pas de marché de la e-santé sans adhésion totale des médecins et un modèle économique pérenne pour les entreprises. "Tout reste à faire dans ce domaine et nous sommes dans le champ de l’innovation, estime Christian Nibourel. C’est pourquoi, en tant que président du Syntec Santé, j’ai lancé un groupe de travail sur ce sujet. Il est essentiel que nous, parties prenantes du secteur de la santé, soyons force de proposition."

Gaëlle Fleitour

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