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Le plus vieil espace de coworking de San Francisco est français, comme son nom l'indique : Parisoma

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Reportage Et si l'espace de coworking le plus ancien de San Francisco était français ? C'est le cas de Parisoma, créé en 2008. Reportage au cœur de ces bureaux partagés qui en ont, depuis, inspiré beaucoup d'autres...

Le plus vieil espace de coworking de San Francisco est français, comme son nom l'indique : Parisoma
Des tables de ping pong repeintes, un mac (de préférence) et la start-up peut commencer © Christophe Bys DR

A l’angle de la 11e rue et de Natoma Street se trouve un petit immeuble typiquement nord-américain avec ses briques rouges et ses grandes fenêtres. Bienvenue à Parisoma. Derrière ce nom ne se cache pas un médicament, mais le nom du plus viel espace de coworking en activité de San Francisco (depuis que Citizen Space, le plus ancien, a fermé ses portes en 2016). Il a été créé par un Français en 2008, avec Stéphane Distinguin à la manœuvre. Parisoma, c'est la contraction de Paris et de Soma, le quartier de San Francisco où est situé cet espace. Pour la rigueur historique, le premier Parisoma était à quelques mètres de là, c’est en 2012 que l’équipe a rejoint l'immeuble actuel

 

Trois étages et des espaces communs

Une fois l’entrée passée, l’espace est éclairé par la lumière du jour. Sur de grandes tables de ping-pong transformées en bureau se rassemblent des travailleurs indépendants ou des start-uppers qui viennent travailler ici pour la journée. A gauche de l’entrée, une salle de classe et au fond à droite, l’inévitable cuisine made in California avec évidemment, du café (américain). A l’étage supérieur, un grand vide, comme dans les grands magasins parisiens et, tout autour, des équipes qui travaillent ou rejoignent l'une des cinq salles de réunion ou des espaces pour s’isoler, voire la cabine où il est possible d’enregistrer des podcasts. L’ambiance est décontractée : un jeune homme est assis par terre dans un coin, portable Apple (forcément) sur les genoux.

 

Au deuxième et dernier étage, loué depuis quelques mois seulement par Parisoma, un grand plateau et des bureaux fermés sur deux des quatre côtés et un coin cuisine décoré comme il se doit. En tout, ce sont environ 200 personnes qui peuvent venir travailler dans cet espace pionnier.

 

Un lieu agnostique

De Soma à Pigalle

Aujourdhui, Clément Alreresco est le fondateur de Bureaux à Partager, une start-up qui propose d'occuper à plus ou moins long terme des locaux vacants. Récemment, il a commercialisé les 7000 mètres carrés vacants d'une école de la ville de Paris, située avenue Trudaine.
L'espace a été réaménagé. Et, un peu comme à San Francisco, on trouve à la fois des plateaux pour travailleurs indépendants ou petites équipes en cours de formation, mais aussi des espaces plus vastes pour des entreprises qui viennent s'installer. Là aussi, on trouve des salles de réunion, des espaces communs pour organiser des meetings, un amphithéâtre pour des événements plus important, ou encore un espace pour déjeuner. Différrence notable avec la Californie : un bar voisin y a installé un barista professionnel qui propose notamment des expresso acide ou amer selon votre goût, bien loin de l'eau claire qu'on nomme café du côté de la baie de San Francisco.
"Aujourd’hui, 30 à 40 % des occupants sont français depuis l’arrivée de la promotion de The Refiners", explique Pierre Letoublon qui dirige le lieu depuis quelques mois. "Le plus souvent, c’est une équipe qui va fonder sa start-up, par exemple deux personnes qui se retrouvent ici pour lancer leur projet. Ou des personnes qui ont déjà créé une ou deux start-ups et qui viennent ici pour se relancer." Mawuena Tendar, aujourd’hui à la tête de l’activité conseil de FaberNovel USA mais qui s’est occupé du co-working explique : "Il ne s’agissait pas et il ne s’agit toujours pas de faire une opération immobilière ou de devenir un prestataire de bureaux. L’idée de départ était de créer une communauté de personnes qui travaillent dans la tech à San Francisco". Et ce, bien avant que les espaces de co-working se multiplient : à quelques blocs, Twitter a ouvert le sien, le géant Wework n’est pas bien loin…

 

En raison de son positionnement, Parisoma ne semble pas vraiment inquiet : "Nous sommes un réseau, une communauté ouverte. Ici ont lieu en permanence des événements, des rencontres ou des classes, qui sont ouverts à nos membres mais aussi à l’extérieur ", continue Mawuena Tendar.

 

C’est, assure-t-elle à l’unisson avec son successeur, ce qui fait le succès du lieu. On sait qu’ici on trouve un bureau mais peut-être aussi quelqu’un qui connaît quelqu’un qui pourra résoudre un problème technique (voire personnel) pour la start-up. Ou de rencontrer un des indépendants qui vient ici pour ne pas travailler seul chez lui. Récemment Pierre Letoublon a organisé une conférence avec un avocat spécialisté pour voir que changeait la nouvelle donne politique aux Etats-Unis pour obtenir un visa… une séance très suivie selon lui.

 

Déjà un réseau d'anciens

Privilège de son âge, Parisoma a capitalisé au cours du temps l’expérience des start-up qui sont nées ou ont grandi en son sein et dont les membres sont toujours prêts à venir donner quelques conseils. Les réussites s’appellent Bureauoftrade, Gister, Omni ou encore Crew.

 

Si tout le monde peut venir, à condition de payer évidemment, les managers de l’endroit voient les tendances du moment : actuellement, les projets tournent beaucoup autour de l’intelligence artificielle, de l’ed-tech ou encore du blockchain.

 

Parisoma, c’est aussi une association hébergée un temps ici, qui oeuvrait à l’insertion des SDF en organisant des running matinaux les mêlant avec des salariés de start-ups (on est en Californie quand même). Un moyen aussi de faire des affaires et de rencontrer des start-up du quartier.

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