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Le spectre du fiasco de la 4G hante la 5G européenne

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Analyse Vu ailleurs Le 12 janvier, raconte le Financial Times, les 10 plus grands industriels européens des télécoms ont été convoqués dans le bureau du Commissaire Oettinger. Objectif : se bouger dans la 5G ! Alors que la Chine, le Japon, la Corée du Sud - et quelques acteurs américains - sont déjà sur le coup, Bruxelles ne veut pas revivre le drame de la 4G.

Le spectre du fiasco de la 4G hante la 5G européenne
Une réunion de crise sur la 5G, organisée par le commissaire européen au numérique Günther Oettinger, a rassemblé les 10 plus grands européens des télécoms. © EC/Berlaymont

Convoqués à Bruxelles ! Immédiatement ! Les 10 plus grands européens des télécoms (dont Orange, BT, Deutsche Telekom, Telecom Italia, Vodafone, Nokia et Ericsson) se sont fait taper sur les doigts par courrier comme l’écrivait le 11 janvier nos confrères du Financial Time. Une missive qui les conviait à se présenter illico presto chez le Commissaire Oettinger, le 12 janvier. La raison ? La panique soudaine de la Commission face à l’agitation de l’Asie en particulier sur la 5G et à une relative passivité de ses propres opérateurs sur le sujet.

 

Quand les USA et le Japon ont doublé l’Europe en 4G

Il y a urgence. Le spectre (#lol) du ratage de la 4G hante encore le Vieux Continent. Toute à sa réussite dans la 3G, la vieille Europe a laissé les USA, puis le Japon et la Chine la doubler à vitesse grand V pour la nouvelle génération mobile. Alors même que les premières expérimentations avaient bel et bien eu lieu en Scandinavie. Finalement, il aura fallu près de deux ans aux Européens pour (presque) rattraper le coup.

 

La Corée du Sud tout schuss pour les JO de 2018

Alors que 2016 débute à peine et que la norme de la 5G n’est pas attendue avant 2017, voire 2018, et sa version commerciale après 2020, l’Europe angoisse de voir se rejouer un scénario similaire. Voire pire. Les premiers coups de boutoir sont déjà venus du côté du soleil levant. La Corée du Sud veut absolument profiter de ses JO d’hiver de 2018 pour montrer ses muscles. Or, qui dit technologie en Corée du Sud dit… Samsung, forcément. Le conglomérat a déjà produit des démonstrations alors même qu’aucune définition de la 5G n’était encore établie. Depuis, le Coréen a mis le feu au Landerneau des télécoms qui ne cesse de vouloir lui emboîter le pas.

 

Google et Facebook en invités-surprise ?

Le coup d’accélérateur pourrait aussi venir par surprise avec les vents d’Ouest. Et pas forcément à cause des Verizon ou T-Mobile. La 4G a été la dernière norme pour laquelle le petit monde des télécoms a pu s’agiter entre soi. Cette fois, en plus des industriels "verticaux", il se pourrait que des Google et Facebook s’immiscent dans le débat avec leurs drôles de drones et de ballons. Est-il besoin de rappeler que, pour développer ses services, la Silicon Valley n’est pas du genre à attendre tranquillement que quelques entreprises des télécoms, même accompagnées d’énergéticiens ou de constructeurs automobiles, veuillent bien définir une norme ? Une quoi ?

 

Il est donc urgent de ne pas attendre. D’autant que tous le savent : le monde se partagera une seule et unique norme pour la 5G. Comme l’explique le Register dans son article L’épique bataille sino-européenne de la 5G. Il est bien fini le temps de la bataille entre le CDMA américain et le GSM européen. Plus personne n’acceptera de devoir acheter un smartphone (ou pire encore une voiture !) en fonction du pays de son utilisation. Si les asiatiques, ou les américains, imposent des services sans attendre la norme, ils imposeront un standard de facto. Et l’Europe n’aura plus son mot à dire.

 

Oettinger veut une coordination rapprochée

Comme le rappelle le FT, "les brevets associés à la nouvelle norme pourraient être particulièrement lucratifs pour certains groups de télécoms, et pourraient aussi générer des ventes d’équipements et de 'devices'". Selon le quotidien, pour accélérer le mouvement, Günther Oettinger veut une "coordination plus rapprochée pour atteindre un déploiement en temps et en heure de la 5G" et la création d’un marché domestique pour les marchés et services associés. Il a aussi évoqué, selon nos confrères, une régulation née à l’époque de la seule téléphonie, qui devrait davantage favoriser une "concurrence juste".

 

Sortir des labos 

Rappelons-le, la 4G a permis d’augmenter les débits, mais surtout de donner la priorité au data sur la voix. La 5e génération, elle, sera l’outil de communication d’un monde de la connexion généralisée. Smartphones, tablettes, ordinateurs bien sûr, mais aussi thermostats, camions, immeubles, machines industrielles, compteurs électriques, vélos, et qui sait, peut-être même animaux et êtres humains... Il lui faudra gérer du très haut débit dans les deux sens, mais aussi du très bas débit pour les objets, du partage de fréquences, de l’utilisation de nouvelles fréquences, et autres réjouissances…

 

Pour l’instant, l’agitation asiatique reste très marketing et les Américains n’ont pas encore avancé leurs pions. Mais l’enjeu est… comment dire ?… de taille. Sans paniquer, peut-être faut-il effectivement que les européens sortent des labos de recherche et des bureaux des organismes de standardisation.

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