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Le tour du monde des pratiques collaboratives

Le tour du monde des pratiques collaboratives © DR

Nous entrons dans un nouveau monde à travers une transformation sociétale sans précedant. Les médias et les politiques en parlent, les citoyens et les entreprises doivent s’en emparer. Ce mouvement esquisse les contours d'une nouvelle économie, avec de nouveaux business models, d'autres formes d'organisation, de management, de travail, d’innovation. Voici les éléments recueillis lors de la matinée “Out of the box” organisée par Yuman, le 10 avril 2014.

Appréhender la complexité du nouveau monde

Le nouveau monde est complexe, rapide, multiple, paradoxal, imprévisible… Saviez-vous que la vitesse moyenne d'une automobile dans Paris est de 17 km/h ? Une vitesse moyenne inchangée depuis le 19ème siècle, dans un monde où l’on peut pourtant discuter sans contraintes spatiales. Dans cette complexité nouvelle, les entreprises qui se sont construites sur une logique binaire ne sont pas forcement armées.

Le monde change aujourd’hui plus vite que notre capacité à apprendre individuellement. Ce n’est pas un hasard si Google investit massivement dans les NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et Sciences Cognitives). L’intelligence artificielle est sans doute une des clés du futur. En attendant, seule l’intelligence collective nous permet d’appréhender ce monde. Fortes de ce constat, deux étudiantes de Sciences Po sont parties pendant trois mois à la rencontre des pionniers des pratiques collaboratives autour du monde.

Comment les pratiques collaboratives changent le monde ? Trois grandes démarches aujourd’hui :

"je donne et je reçois naturellement"

La collaboration passe d’abord par le don. Qu'est ce qu’un don ? Un cadeau. "Gift", en anglais, c’est ce qui nous est donné. Il s’agit en fait de nos talents reçus à la naissance. L’économie du don, c’est celui de partager ses talents en les mettant au service de notre environnement, de la société... C’est l’idée d’être au service des autres. Et c’est la société, parce qu’elle devient meilleure, qui nous permet à notre tour de progresser, d’être heureux. Le don est par nature abondant, et il ne doit pas être économisé.

Connaissez-vous la Smile Cards ? Ce concept simple permet d’illustrer toute l’économie du don. Il s’agit de faire un acte anonyme de générosité envers quelqu'un. La personne laisse une "smile card" à la suite de son action pour encourager la personne à l'imiter. Il s’agit ensuite d’une chaine vertueuse de générosité.

Ce concept n’est pas nouveau, et rappelle la coutume du café suspendu, cher aux Napolitains. Il consiste à commander un café et en payer deux, un pour soi et un autre pour un client démuni qui en fera la demande. Cette tradition se développe aujourd’hui dans des enseignes internationales comme Starbucks.

"JE PARTAGE et tout m’est accessible"

On reçoit un don et on a ensuite envie de partager ses connaissances. Partager, en latin "partes agere", partager dans l’action, c’est faire se rencontrer les besoins non assouvis et les ressources non exploitées. L’esprit de transmission est très important. Les gens vont s’intégrer à des communautés pour partager leurs connaissances, pour trouver de nouveaux projets épanouissants. Le partage de connaissance transforme déjà le monde, à travers les Wiki, les MOOCS, ou ces nouvelles communautés de "makers", des bricoleurs passionnés qui transforment les objets autour d’eux.

A l’avenir, "notre statut social dépendra désormais davantage de l’accès que de la propriété" pour le penseur Jeremy Rifkin. Certaines entreprises empruntent déjà cette nouvelle voie en bousculant l'économie traditionnelle. Google est gratuit mais on lui a d’abord donné nos données, c’est le don de chacun qui fait la valeur collective du service.

Aujourd’hui, Airbnb reçoit plus de réservations à New York ou San Francisco que l'ensemble des hôtels de la ville réunis. La valeur d'Airbnb est passée de 1 à 250 milliards de dollars en cinq ans ! Les nouveaux concurrents de la SNCF sont Blabla Car et Google. Les voitures sont inutilisées 92% du temps et 85% des Allemands de 18 à 25 ans se voient plus facilement vivre sans voiture que sans smartphone.

"JE M’OUVRE à de nouvelles façon de penser"

La flexibilité d’esprit "Jugaad Innovation" conceptualisée par Navi Radjou, consiste à apprendre à désapprendre. Le monde est beaucoup plus compliqué que ce qu’on nous a enseigné, c’est pourquoi il faut le regarder autrement. On doit être prêts à penser différemment et à chercher l’innovation partout. Le "design thinking" s’inspire du mode de pensée des designers pour innover dans tous les domaines. Il s’agit de produire plus vite et le plus simplement possible en intégrant l’usager et les usages dès la conception du produit. L’invention d’une technologie n’est pas aussi importante que l’invention de l’expérience qui accompagne la technologie.

Dans les entreprises, les normes et la culture freinent ce nouveau modèle d’innovation. Le changement sera long et passe nécessairement par le Top Management, mais nous pouvons à notre échelle promouvoir de petites actions. Nous devons retrouver l’envie l’envie de s’impliquer, d’agir dans la société, ce mouvement passe par le sens de nos responsabilités.  

Ces exemples montrent une transition majeure, vers une société où la valeur est dans la relation. Pratiquer le collaboratif, savoir s'y adapter est désormais un enjeu stratégique.

Yann-Maël Larher, doctorant en droit social à Assas sur les TIC dans l'entreprise
@yannmael

(vidéo des interviews sur la chaîne YouTube de Yuman Consulting)

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