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Les clés pour réussir un projet IoT en 2017

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Publi-Rédactionnel Malgré les efforts des entreprises dans les prototypages, les projets d’objets connectés tardent à décoller. Un spécialiste d’Accenture pointe la nécessité de mieux réfléchir aux cas d’usage, aux partenariats et à une approche digitale plus incrémentale.

Les clés pour réussir un projet IoT en 2017
© Accenture

Pour Laurent Donnay, qui dirige les activités « Mobile » d’Accenture au niveau mondial, le marché de l’IoT (Internet des objets) stagne bien en dessous des prévisions publiées il y a deux ans, car les entreprises peinent à renouveler leurs services. Selon lui, les capacités d’innovation sont moins en cause que le manque fréquent de culture digitale. En s’appuyant sur des exemples de succès, il dresse le bilan de la situation et donne les clés de la marche à suivre.

 

Y a-t-il aujourd’hui un problème sur le marché de l’IoT ?

Les ambitions sont aujourd’hui revues à la baisse. En 2014, des instituts comme Gartner publiaient des prévisions extrêmement optimistes, allant de +50 % pour les ventes annuelles des objets connectés domestiques à +118 % pour le marché des automobiles connectées. En 2016, Gartner ne prévoyait plus qu’une croissance annuelle moyenne de 20 % pour le secteur automobile. Pourquoi un tel tassement ? Tout simplement parce que les usages se sont rapidement stabilisés, faute de renouvellement dans les services. Prenez les montres connectées, les télés connectées, les objets liés à l’e-santé ou encore les véhicules connectés : aucun des services qu’ils rendaient dès le départ n’a évolué. En vérité, les entreprises ont cherché à produire des objets connectés qui bénéficiaient à leurs métiers historiques, mais cela n’est rentable que sur le long terme. Pour engranger des revenus sur le court terme, il faut que les objets connectés rendent des services inédits.

 

Est-ce à dire que les entreprises manquent d’idées pour lancer leurs projets d’IoT ?

Elles manquent plutôt d’expérience. Nombre d’entreprises nous disent : « Mes concurrents vont dans l’IoT, donc je vais devoir y aller aussi, mais je ne sais même pas ce que cela veut dire ! ». De fait, elles se focalisent sur l’aspect technologique : elles expérimentent les différentes plateformes, font des prototypes – qu’elles déploient ou pas –  et peinent à obtenir des retours sur investissement.

 

Quel est donc le modèle à suivre ?

Il faut regarder ce que font des acteurs comme Schneider Electric, Siemens ou General Electric. Ce dernier investit un milliard de dollars dans l’IoT pour développer des solutions qui généreront des revenus dans l’ensemble de ses business units. Mais cet investissement ne concerne qu’en partie la technologie ; l’essentiel va dans la recherche de nouveaux usages, dans les partenariats – y compris des partenariats avec des start-up – et dans le financement d’une démarche digitale incrémentale, à savoir mieux tester les lancements de produits, à la fois en s’autorisant des erreurs et en travaillant l’animation marketing.

L’exemple typique de cette approche digitale est celui de GoPro qui vient d’annoncer que ses nouveaux produits ne seront d’abord vendus qu’à une poignée d’utilisateurs. On suscite ainsi l’intérêt des clients, qui ambitionnent de devenir des utilisateurs Premium en achetant le produit avant tout le monde, et on limite l’ampleur des conséquences en cas d’erreur.

 

Mais attention, la seule erreur tolérable ici serait que le produit ait été lancé avec un timing ou un positionnement qui ne soient finalement pas les plus opportuns. Le produit ne doit en revanche jamais être décevant : il doit toujours apporter une expérience utilisateur inédite et combler un trou dans les usages, d’où l’importance d’imaginer en amont de nouveaux usages. On ne peut pas se tromper sur le produit mais sur le business qu’il va finalement engendrer.

 

Quel exemple de projet IoT mené dans les règles de l’art pouvez-vous donner ?

Bosch a eu le projet de proposer à la location des perceuses avec un tarif calculé à l’usage. Ses équipes ont donc mis au point une perceuse capable de savoir si elle s’enfonce dans du plâtre ou du béton, information que la perceuse connectée envoie en temps réel dans un Cloud. L’erreur aurait été de considérer que seul le loueur ait accès à cette information, ce qui aurait engendré de la frustration pour l’utilisateur mis devant le fait accompli de devoir payer plus cher que prévu. Au lieu de cela, le service Cloud de la perceuse de Bosch prévient immédiatement l’utilisateur sur son smartphone qu’il va percer où il ne faut pas.

 

Vient ensuite l’importance des partenariats : à l’évidence, le fabricant n’est pas celui qui louera la perceuse à l’utilisateur final, ce sont plutôt les magasins de bricolage et Bosch doit s’en rapprocher.

 

Concernant la démarche digitale, l’erreur que Bosch s’autorise ici est de constater, après coup, que ce projet aurait peut-être généré plus de revenus s’il avait été adressé en priorité à des professionnels du bâtiment plutôt qu’à des particuliers. Il se peut aussi que l’intérêt de la perceuse soit de susciter la location d’outils de bricolage entre particuliers, avec l’appui d’un réseau social dédié où les utilisateurs auraient des notes selon leurs usages, ce qui permettrait de calculer leurs tarifs et, surtout, de faire gagner de l’argent au propriétaire initial. Ces constats soulignent la démarche incrémentale à suivre pour la conception de projets IoT.

 

Comment recommandez-vous aux entreprises d’aborder le volet IoT ?

En tout premier lieu, un produit ou un service connecté doit être considéré comme une composante informatique ouverte, régulièrement mise à jour pour améliorer son usage et offrir de nouvelles fonctionnalités. Or, pour maintenir le rythme des mises à jour, il faut d’abord changer les organisations dans les entreprises, savoir travailler sur des cycles très courts, avoir une cellule R&D qui soit en lien direct avec les remontées du terrain.

 

Pour savoir exactement comment réorganiser les équipes en place, comment insuffler la culture du digital à l’échelle de l’entreprise, avec qui coopérer, comment designer les nouveaux services et produits, comment organiser les pilotes, il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur des partenaires expérimentés, capables de « sentir » suffisamment tôt les erreurs pour réorienter les investissements avant que cela ne soit pénalisant.

 

Contenu proposé par Accenture Digital

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