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Les hôpitaux publics boudent les start-up

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Faute de signature de contrat avec les hôpitaux publics, qui seraient pour elles les clients essentiels, de nombreuses start-up de l'e-santé vivotent de subventions ou meurent sans avoir gagné un centime. En cause : les procédures de marchés publics qui poussent les établissements publics de santé à signer avec de grands groupes, perçus comme plus fiables à long terme.

Les hôpitaux publics boudent les start-up
Les hôpitaux publics boudent les start-up © jfcherry - Flickr - c.c.

BePatient propose une plate-forme e-santé destinée aux patients atteints de pathologies chroniques et aux acteurs de la santé, Enterome développe des bio-marqueurs qui suivent à la trace la maladie de Crohn dans le corps humain, Srett medical commercialise le système connecté T4P, qui permet de suivre à distance les patients atteints d’apnée du sommeil… De nombreuses start-up françaises de l'e-santé se placent sur le terrain de l'amélioration du traitement des pathologies chroniques en collectant, via des logiciels ou des objets connectés, des données sur les patients atteints de ces pathologies de longue durée (assiduité dans le suivi du traitement, efficacité des appareils médicaux utilisés au quotidien...).

La grande majorité des personnes atteintes de maladies chroniques se font soigner dans les hôpitaux publics, les établissements publics de santé sont donc les principaux clients visés par ces jeunes pousses qui leur proposent d'améliorer les traitements et de réaliser des économies grâce aux enseignements tirés de l'analyse des data générées par leurs services. Mais signer un contrat avec ces organismes n'est pas une mince affaire : il faut passer par les procédures de marchés publics, qui mettent en concurrence les entreprises privées susceptibles de répondre au besoin exprimé.

Economies d'échelle pour les grands groupes

"Dans ce cadre, les structures publiques financées par le contribuable favorisent les grands groupes aux jeunes entreprises d'e-santé, dont la clientèle n'est pas encore constituée. Ils sont peut-être moins innovants, mais seront toujours là dans 3 ans, 5 ans... ce qui n'est pas certain pour les start-up", souligne Florence Ghrenassia, directrice de l'Office du transfert de technologie et des partenariats industriels à l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (APHP).

Les grands groupes réalisent sur leur production des économies d'échelle : ils peuvent souvent vendre moins cher qu'une jeune pousse un produit identique. "C'est une donnée non négligeable au moment du choix du partenaire, à l'heure où l'Etat réduit les dépenses autant que possible", affirme la docteur en pharmacie.

choc de simplification des partenariats

Pour remédier à ce problème, les TPE et PME peuvent tisser des partenariats avec des industriels. "Il n'est pas raisonnable d'écrire sur un business plan 'd'ici 2 ans j'aurai un contrat de 50 000 euros avec un hôpital' sans développer ce genre de stratégie, pointe-elle. Peu d'entrepreneurs y pensent au moment où ils décident de leur plan d'attaque du marché."

Vu les économies que ces jeunes entreprises innovantes pourraient lui permettre de réaliser, l'Etat a intérêt à favoriser leur rapprochement avec des établissements publics de santé. Mais aujourd'hui, répondre à un appel d'offre de marché public est complexe et chronophage pour les start-up, qui ne disposent pas de personnel spécialisé pour accomplir cette tâche. "Je demande un choc de simplification des procédures permettant de tisser ces partenariats", s'exclame Florence Ghrenassia.

Lélia de Matharel

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