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Les start-up, un business "plus rentable que la loterie", selon Xavier Niel

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Les start-up, un business "plus rentable que la loterie", selon Xavier Niel © Dailymotion - c.c.

Le Financial Times consacre un long portrait à celui qu'il qualifie de Steve Jobs français, ce lundi 6 mai. Xavier Niel explique en quoi la France ne l'a ni aidé ni réellement freiné. Il revient également sur son bras de fer avec Google.

Le charismatique patron d'Iliad attire décidement les projecteurs. La verve et les coups d'éclat de Xavier Niel semblent avoir attisé la curiosité du Financial Times qui lui consacre un long portrait, ce lundi 6 mai. Au menu des réjouissances : sa vision de la France, de ses élites, son bras de fer contre Google,  son école pour programmeurs, et la taxe à 75% sur les salaires supérieurs à 1 million d'euros.

"Une grosse gaffe"

Concernant ce tribut d'abord, il assure qu'il ne sera pas touché : "je n'ai pas un gros salaire", précise-t-il au journaliste du Financial Times. Cela ne l'empêche pas pour autant de qualifier la décision du gouvernement de "grosse gaffe". "Ce n'est pas le pays le mieux géré du monde", commente-t-il par ailleurs, avant de nuancer : "mais je l'aime".

Le patron de Free semble garder une certaine rancune envers le gouvernement après s'être fait recadrer par Fleur Pellerin. Alors qu'il avait décidé de bloquer la pub (notamment sur la plateforme Youtube détenue par Google), la ministre déléguée à l'Economie numérique a exigé que Free mette fin à son blocage. Mais l'impétueux homme d'affaires ne s'avoue pas vaincu, il assure même mener la danse : "vous pensez que nous sommes allés nous coucher quand la ministre nous a dit d'arrêter ? Que va-t-elle faire ensuite ? Nous allons continuer. Nous couperons les pubs de temps en temps, et un jour nous les couperons pour de bon."

Les élites et le "copinage"

Mais c'est surtout envers les élites françaises que Xavier Niel a la dent dure. "Du copinage", juge-t-il. La plupart "sont des héritiers, qui fréquentent les mêmes cercles, ou ont reçu leurs messages directement ou indirectement des pouvoirs politiques", analyse-t-il. "Et ils ne créent généralement pas de grandes choses. Regardez le marché boursier français: une seule entreprise du CAC 40 - Gemalto, qui fabrique des cartes à puce - a moins de 30 ans. Vous retrouverez cela dans très peu de pays". Quant à lui - parfois assimilé à une version française de Steve Jobs, le fondateur d'Apple - la France ne l'a ni entravé ni vraiment bloqué.

Etendre la méthode Free ?

La "formule Xavier Niel" a pourtant bien pris dans l'Hexagone. Pourquoi ne pas étendre le modèle de Free Mobile, l'interroge par exemple le journaliste du Financial Times ? "Le secteur des télécoms est un business national. Il n'est pas un marché européen. Il n'y a pas de Telecom Italia en France. Regardez nos difficultés à obtenir une licence de téléphonie mobile en France. Si nous n'avions pas été français, cela aurait été impossible", déplore-t-il. 

Les start-up plus rentables que la loterie

Mais l'entrepreneur français cherche chaque jour à ce que sa firme prenne de l'ampleur. Il assure investir dans deux nouvelles start-up par semaine. "C'est plus rentable que de jouer à la loterie, et beaucoup plus amusant." Pas étonnant dans ce cas que Niel lorgne sur Dailymotion, la plate-forme de vidéos en ligne Made in France, un temps convoitée par Yahoo... Il pourrait mettre la main sur un autre symbole de réussite à la française et par la même occasion faire un nouveau pied de nez à Google !

Astrid Gouzik

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Une réaction

lpoupet

Le 07/05/2013 à 12h10

Ah! ils me font bien sourire ces nouveaux papes de la high-tech à toujours casser du sucre sur le dos de l'Etat et à se plaindre que personne ne veut prendre de risque pour investir dans les startups Française innovantes! Sauf qu'ils oublient que la plupart du temps c'est l'état et les petites banques régionales qui investissent en premier dans ces fameuses start-up (quand elles font ZERO de CA), car eux n'investissent que lorsque le projet est en place et qu'il ne reste plus qu'à injecter de l'argent pour faire grossir l'animal! "Revenez nous voir quand vous aurez fait la preuve que votre société est rentable car nous n'investissons pas à moins de 500K€" qu'ils disaient...eh bin... c'est pas gagné... En fait les premiers à prendre de vrai risque, c'est l'état à travers NACRE, les chambres de commerces, OSEO et les petites banques! Les grands Papes de la hightech eux ils arrivent après la bataille comme des sauveurs, alors, ils ont bonne presse car ils arrosent les gérants de ces strat-up à coups de millions d'euros. Je ne dis pas que c'est pas bien, mais il faut rester à sa place et ne pas s'appeler Capital risque ou au ventures capital car des risques ils n'en prennent pas! Tant qu'ils ne sont pas certain à 90% de la réussite! Alors que l'état et nos petites banque se lancent à hauteur de 100% de risque EUX! Laurent. Gérant de startup innovante

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