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Lymo, le promoteur immobilier qui finance ses résidences par le crowdfunding

mis à jour le 11 novembre 2016 à 15H51
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Les sites de crowdfunding immobilier se multiplient. Le Toulousain Lymo, l'un des pionniers de cette industrie naissante, a la particularité de développer lui-même les projets qu'il propose sur sa plate-forme web. Son fondateur Jean-Baptiste Vayleux nous explique sa méthode.

Lymo, le promoteur immobilier qui finance ses résidences par le crowdfunding
Lymo, le promoteur immobilier qui finance ses résidences par le crowdfunding © Lymo

Anaxago, Wiseed, Hexagon… De plus en plus de pure players du web se lancent dans le crowdfunding immobilier. Le toulousain Lymo, né début 2013, se démarque de ses concurrents en étant à la fois intermédiaire et promoteuer: le site a été créé par des pros de l'immobilier, et non du web, qui développent eux-mêmes les projets qu'ils proposent aux internautes de financer. Ils ne gagnent d'argent que lorsque les projets sont réalisés. Pas le droit à l'erreur, ici encore plus qu'ailleurs.

 

promoteur, c'est un métier

Pour Lymo, dans "crowdfunding immobilier", le crowdfunding est plutôt la partie facile, c'est la partie "immobilier" qui demande le plus d'efforts. Le développement de projets immobiliers est une équation à multiples inconnues dans laquel les risques de dérapages budgétaires, de recours juridiques, de difficultés commerciales sont nombreux. "La constante dans un projet immobilier, que l'on travaille dans un groupe du CAC40 ou une start-up, c'est qu'il y a toujours des problèmes", résume le directeur général Jean-Baptiste Valyeux. La question n'est pas "est-ce qu'il va y avoir des problèmes" mais "quand vont-ils survenir". Le promoteur, ce chef d'orchestre, fait face à beaucoup d'acteurs, notaires, mairies, voisins qui déposent des recours, entreprises qui font faillite sur le chantier…"

 

Raison pour laquelle, selon Lymo, la compétence de promoteur (celui qui achète un terrain, dépose un permis de construire, trouve des financements, fait faire les travaux, fait vendre), est la clé de ce business. La start-up a décidé de ne pas externaliser cette fonction-clé. Elle développe elle-même les projets qu'elle invite les internautes à financer. Le meilleur moyen, estime Lymo, de contrôler chaque étape des projets immobiliers pour réduire les risques et donc délivrer le retour sur investissement attendu.

 

industrialiser la petite résidence immobilière

La plate-forme permet à des particuliers d'investir dans de petites résidences immobilières, à partir de 1000 euros. Elle doit permettre aux investisseurs, si tout se passe bien, d'être remboursés au bout d'un à deux ans, puis d'engranger une marge avec un taux de rentabilité de 10%. Pour réduire les inconnues, Lymo a pris le parti de se spécialiser sur un marché de niche : les petites résidences de 10 à 15 lots, délaissées par les gros promoteurs car pas assez rentables. Un produit qui a plusieurs avantages pour les investisseurs, et les potenties acquéreurs : "peu de voisins, charges de copropriété réduites, pas de quota de logement social, pas besoin d'un gros terrain donc plus facile de trouver des emplacements stratégiques en ville", explique Jean-Baptiste Valyeux.

 

La start-up reproduit cette formule à l'identique, ou presque (design exclu) dans plusieurs villes. "On fait bien ce que l'on fait souvent", explique le directeur général. Ce n'est pas la seule méthode utilisée par Lymo pour "industrialiser" le crowdfunding immobilier. La start-up joue la pédagogie et la transparence sur les projets proposés. "On présente toujours les points forts et les points faibles". Du point de vue des méthodes de travail, Lymo a développé en interne son propre logiciel de travail collaboratif, adapté aux contraintes de son métier. Il permet à la start-up de répliquer sa recette gagnante partout en France en suivant les projets en partie à distance, en ne confiant que certaines tâches spécifiques à des acteurs de terrain.

 

Lymo se targue d'être la plate-forme française ayant le plus remboursé ses "backers" depuis sa création, à défaut d'être celle ayant levé le plus de fonds. "Le critère du remboursement est le plus pertinent pour juger de la performance d'un site, car c'est ce que veulent les investisseurs et c'est ce qui crée un cercle vertueux de confiance", estime le patron. La jeune pousse a su convaincre le géant Bouygues Immobilier qui est entré à son capital en 2015. Un autre facteur à même de rassurer les potentiels investisseurs, qui se bousculent au portillon. "Nous avons plus de 10 000 inscrits, et environ un millier ayant effectué les démarches auprès de l'AMF pour pouvoir investir, explique Jean-Baptiste Valyeux. Il y a deux semaines, on a levé 200 000 euros en deux minutes, et la semaine suivante, 100 000 euros en une minute. Cela va presque trop vite".

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