Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Lyon se pose en métropole intelligente

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

La métropole concentre six des dix-huit projets français de smart grids. L’effervescence des projets à La Confluence gagne le quartier de La Part-Dieu. 

Lyon se pose en métropole intelligente
Lyon se pose en métropole intelligente © L’îlot Ikari produira au moins autant d’énergie qu’il en consommera.

La Confluence prolonge le centre de Lyon, au sud de la Presqu’île. Un quartier en devenir, entre Saône et Rhône. C’est là que la métropole lyonnaise expérimente la ville intelligente. Trois bâtiments, en cours de construction, composent l’îlot Hikari (« lumière » en japonais). Particularité de cet ensemble de bureaux, de logements et de commerces : il produira au moins autant d’électricité qu’il en consommera, avec des panneaux photovoltaïques en toiture et en façade, une cogénération à base d’huile de colza, un système de contrôle et de monitoring de l’énergie, un pilotage intégré des bâtiments via un réseau internet sécurisé développé avec Toshiba.

Cet îlot à énergie positive est l’un des quatre piliers du démonstrateur Lyon smart community, issu d’une coopération inédite entre le Grand Lyon et le Nedo, l’équivalent japonais de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), dans le prolongement du projet de smart city de Yokohama. La mise en service de véhicules électriques en autopartage, l’installation de dispositifs de suivi énergétique des logements sociaux et d’analyse de données liées à la consommation d’énergie des bâtiments du démonstrateur sont les autres composantes de cet écosystème.

Des tests en grandeur nature

Les 30 véhicules électriques de marque Mitsubishi et Peugeot Citroën en autopartage sont disponibles dans six stations alimentées par une toiture photovoltaïque installée sur un gymnase du quartier. Toshiba en profite pour tester ses technologies de recharge rapide et de gestion énergétique.

Autre test grandeur nature : les locataires de 275 logements sociaux rénovés par le Grand Lyon disposent de tablettes numériques. Ils peuvent ainsi comparer leur consommation d’électricité, de gaz et d’eau avant et après la rénovation de leur appartement, et mesurer les gains réalisés en temps réel quand ils éteignent, par exemple, la veilleuse d’un appareil électrique. Cette expérimentation est d’autant plus intéressante qu’elle ne s’adresse pas à des geeks, mais à des personnes relativement âgées, aux revenus modestes.

Les informations recueillies dans ces logements, par les bornes de recharge des véhicules ou les équipements énergétiques, sont traitées par un outil de management de l’énergie et agrégées à d’autres données météorologiques ou de qualité de l’air. "Ici, à la Confluence, nous inventons et nous testons à l’échelle d’un quartier ce que sera la ville de demain : plus économe, plus agréable à vivre et plus durable", affirme Masaaki Yamamoto, le directeur général du département smart community du Nedo. "L’objectif est de tendre vers un territoire à énergie positive sur toute la ZAC", ajoute Maxime Valentin, le responsable opérationnel de Lyon Smart Community.

Un projet de réseau de chaleur urbain à partir d’une chaufferie biomasse est aussi en projet. Celle-ci utiliserait un procédé de gazéification du bois, qui émet moins de particules. Sa capacité de production sera de 2 MW. Un marché de conception réalisation va être lancé pour une mise en service en 2017. Cet équipement d’un montant de 18 millions d’euros bénéficiera d’une aide de 3,6 millions au titre des investissements d’avenir. Cette effervescence intelligente est en passe de gagner d’autres quartiers de Lyon, la Part-Dieu en particulier, où va être ouvert en septembre un laboratoire urbain dédié à l’exploitation de données publiques et privées, le Tuba, un lieu d’expérimentation de produits et de services. Le futur chantier de restructuration de la gare de la Part-Dieu sera aussi l’occasion de lancer un appel à projets pour améliorer l’efficacité énergétique de ce hub, de définir un processus de transition énergétique à l’échelle du quartier visant à doubler la surface de bâtiments à consommation énergétique constante.

Quatre domaines

La stratégie de métropole intelligente impulsée par le Grand Lyon englobe quatre domaines d’application : les nouvelles mobilités, les services numériques, l’énergie et les smart grids, les conditions de l’innovation. "Ces projets d’expérimentation se déploient à l’échelle du territoire métropolitain et permettent de croiser des actions très différentes, de faire s’exprimer la pluralité des intelligences", assure Karine Dognin-Sauze, la vice-présidente du Grand Lyon chargée de ce dossier. Lyon concentre ainsi six des 18 projets français de smart grids, en particulier trois liés à l’installation du compteur électrique communicant Linky dans 175 000 logements de l’agglomération. En matière de mobilité multimodale, les initiatives de véhicules en autopartage se multiplient. Bluely, avec la BlueCar de Bolloré, sur le modèle parisien d’Autolib’, SunMoov à la Confluence. La centrale de mobilité Optimod vise un recul de 8 % de la part de la voiture vers des modes de locomotion plus doux, grâce à des services d’information : prédiction du trafic à une heure, navigateur urbain sur téléphone mobile, optimisation des tournées de fret par un outil de guidage urbain expert. Un pass urbain universel, commun aux transports, à l’accès aux musées et aux services dématérialisés de la ville est à l’étude. "Nous avons une approche globale pragmatique", explique Karine Dognin-Sauze.

La création de la métropole lyonnaise en janvier 2015 doit contribuer à élargir le champ de la ville intelligente à la santé publique, à l’éducation, à la culture, au sport, nouvelles compétences de la collectivité. Cette dynamique pourrait devenir le vecteur d’un développement économique dans des secteurs émergents comme les cleantechs, l’usine du futur, les process décarbonés, les transports de demain. L’expérimentation de la navette de transport sans chauffeur Navia, à la Confluence, va se traduire par l’implantation de la société Induct qui créera une vingtaine d’emplois.

Vincent Charbonnier

Trois projets significatifs

Smart electric Lyon Des industriels comme Atlantic (confort thermique), Legrand (infrastructures électriques), Desautel (extincteurs), Somfy (automatismes pour la maison) et 25 000 clients résidentiels sont associés à ce projet coordonné par EDF. Son objectif : rendre le système électrique communicant en intégrant le maximum d’usages et de partenaires. Prévue sur quatre ans, cette expérimentation permet de tester des systèmes de gestion d’énergie innovants dans 2 500 maisons individuelles et logements collectifs et 100 sites tertiaires et publics.

Move in pure Pour alimenter les stations et les véhicules électriques de Bluely (groupe Bolloré), la Compagnie nationale du Rhône (CNR) garantit la fourniture d’énergie verte renouvelable. « Ce système vertueux met en synergie la capacité de stockage et la production d’énergie intermittente et correspond bien à la flexibilité d’un système d’autopartage », explique Frédéric Storck, le directeur de la gestion de l’énergie à la CNR.

Greenlys La gestion des réseaux est au cœur de ce projet piloté par EDF et ERDF. « Il s’agit de gérer intelligemment les réseaux basse tension en prenant en compte, par exemple, l’injection de courant d’origine photovoltaïque en tout point du réseau et les nouveaux usages liés notamment aux voitures électriques qui peuvent servir aussi de sources d’appoint au réseau », explique Didier Nadal, le directeur régional d’ERDF. Greenlys réunit 12 partenaires industriels et universitaires (Schneider electric, Grenoble INP, Alstom Grid, CEA, Atos World Grid, le CNRS…).

 

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale