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"M'enlever mon smartphone, c’est comme me couper un bras", le portrait chinois de Philippe Lourenço

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Chaque semaine, L'Usine Digitale dresse le portrait chinois d'une personnalité du numérique. Cette semaine, Philippe Lourenço, président et fondateur de Mister Bell, start-up spécialiste de la publicité sur mobile, se prête au jeu des 13 questions.

M'enlever mon smartphone, c’est comme me couper un bras, le portrait chinois de Philippe Lourenço
"M'enlever mon smartphone, c’est comme me couper un bras", le portrait chinois de Philippe Lourenço © (c) Sandrine Cellard

Si vous étiez une connexion, vous seriez... ?

 

La 5G. Soyons tourné vers l’avenir. Bien sur, la 4G répond aux besoins actuels en termes de vitesse pour nos quelques milliards de smartphones connectés. Mais d’ici moins de 5 ans, ce sont de 50 à 200 milliards d’objets qui seront connectés, allant des montres aux frigidaires. Ces perspectives m’impressionnent autant qu’elles me passionnent. Le réseau devra donc être intelligent pour savoir gérer les demandes de ces différents devices, qui sont plus ou moins gourmands en débit et en énergie. Or, en plus d’être un réseau à ultra haut débit et intelligent, la 5G répondra également aux enjeux écologiques de demain puisqu’elle consommera très peu de ressources énergétiques.

 

Si vous étiez un site web, vous seriez... ?

 

Netflix parce qu’il reflète parfaitement la tendance sociétale d’aujourd’hui et de demain : l’économie du partage et de la dépossession. On louera de plus en plus à la demande, on partagera de plus en plus... Bref on possédera de moins en moins ! On ouvre ainsi les portes à un monde moins égoïste. Cela parait évident aujourd’hui mais posez la question à un ex soixante-huitard rebelle. Aurait-il cru que son rêve "portant sur le rejet de la consommation" allait vraiment s’exaucer ? Et sans avoir à balancer des pavés sur les flics...

 

Si vous étiez une appli, vous seriez... ?

 

Uber. C’est simple, c’est efficace, c’est moderne, c’est une vraie évolution... En un mot, c’est top ! Ce n’est pas pour rien si l'on parle d’ailleurs d’uberisation, tant ce genre de service, à l’image d’un AirBnB par ailleurs, incarne une évolution de nos sociétés connectées.

 

Si vous étiez un système d'exploitation, vous seriez... ?

 

Android.

 

Si vous étiez une start-up, vous seriez... ?

 

Mister Bell, naturellement. Plus sérieusement, Uber ou AirBnb, car une fois de plus ces deux entreprises représentent ce que sera l’avenir sociétal tourné autour de l’économie du partage. Ou une société comme Sigfox, pionnière des technologies permettant aux objets connectés de discuter entre eux, que j’ai découverte récemment et que je trouve très prometteuse.

 

Si vous étiez un réseau social, vous seriez... ?

 

Facebook ! On l’aime ou on le déteste, mais il a réussi à s’imposer et devenir totalement incontournable dans nos vies. Pour moi, c’est un peu comme la presse people que beaucoup dénigrent, mais lisent dès qu’ils ont un numéro à portée de main. Facebook, c’est pareil : c'est bien de le critiquer en public, de lui trouver les pires défauts - chronophage, favorisant le narcissisme, etc. - mais on y retourne régulièrement !

 

Si vous étiez un #hashtag twitter, vous seriez... ?

 

Je pourrais en citer plusieurs : #révolutionnumérique #pourquoilutter ou encore #àquandlafindescorporatismes

 

Si vous étiez un "fan" sur facebook, vous seriez... ?

 

Fan de Baumgartner. Parce qu’il est complètement taré. Le monde entier a suivi son exploit, en direct, devant des millions de spectateurs. C’était une prouesse incroyable, marquée par cette phrase que je trouve poétique et philosophique, et presque aussi importante que celle du premier homme sur la lune : "Parfois il faut monter très haut pour comprendre à quel point on est petit." Peut-être ne le savez-vous pas, mais ce record a été battu depuis, dans la plus grande discréditions, par un vice-président de Google, qui a sauté de plus haut encore. A moindre échelle et à mon petit niveau, je me sens proche de Baumgarter car pour "entreprendre" il faut être un peu fou également et ne pas avoir peu de sauter dans le vide.

 

Si vous étiez un "device", vous seriez... ?

 

Un smartphone, assurément. je suis totalement accro. Enlevez-moi moi mon smartphone, et c’est comme si vous me coupiez un bras.
je suis persuadé que les usages autour du smartphone vont continuer d’exploser : paiement, santé, etc. Je ne crois pas que l’on soit capable d’imaginer aujourd’hui ce qu’il sera possible de faire avec son smartphone d’ici 5 ans. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il nous sera encore plus indispensable à l’avenir !

 

Si vous étiez une technologie ou une innovation numérique, vous seriez... ?

 

Un drone ou un robot. Tous deux sont des symboles de modernité et leurs usages sont à inventer. Les drones ont trouvé leur place dans la sécurité ou le cinéma... qui sait à quoi ils serviront demain ?

 

Si vous étiez un lieu du numérique, vous seriez... ?

 

La cafet' de Google : c’est sans doute là que se partagent les petits secrets, que naissent les idées, et que se dessine une partie de l’avenir numérique d'internet. Le tout dans un environnement de travail connu pour être plutôt détendu, ouvert et favorable à l’innovation.

 

Si vous étiez une icône du web, vous seriez... ?

 

Larry page - pour avoir su créer Google, pour son parcours et sa réussite... et pour sa fortune aussi.

 

Si vous étiez une requête Google, vous seriez... ?

 

"Code du travail" :  pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Je suis d’ailleurs convaincu qu’il est un frein à l’embauche et au développement des entreprises françaises. Le code du travail est passé de six cents articles en 1973 à trois mille huit cents en 2003. Six fois plus d’articles en 30 ans. Et 3 fois plus d’articles entre 2003 et 2008. Aujourd’hui, avec plus de 10 000 articles, c’est un carcan pour tout entrepreneur. En comparaison, le droit suisse ferait presque sourire : son code du travail  comporte uniquement... cinquante-quatre articles !

Philippe Lourenço est le fondateur de Mister Bell, spécialiste de la performance et de la data sur mobile en Europe. Après avoir obtenu une Maîtrise en économie à Paris Nanterre et un master à l’ESG Paris, il travaille dans les années 2000 aux côtés de serials entrepreneurs dans le secteur des nouvelles technologies. En 2005, Philippe rejoint LSF Network Inc, une start-up américaine spécialisée dans la publicité en ligne. En 2010, il fonde Mister Bell, à l'origine en tant qu'éditeur d'applications gratuites, monétisées par de la publicité, puis en tant que plate-forme publicitaire mobile.

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