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[Money 2020] Natixis se muscle dans les paiements avec la fintech Dalenys

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A l'occasion de la conférence Money 2020, qui se tient à Copenhague du 26 au 28 juin 2017, la banque française Natixis a annoncé qu'elle allait mettre la main sur la fintech Dalenys. Basée à Amsterdam, cette dernière a lancé, il y a cinq ans, la solution de paiement Be2bill.

Natixis se muscle dans les paiements avec la fintech Dalenys
Thibaut Faurès Fustel de Coulanges, CEO de Dalenys, à la conférence Money 2020. © Juliette Raynal - L'Usine Digitale

Natixis mise sur une fintech pour se renforcer dans le domaine du paiement. La banque tricolore (groupe BPCE) a choisi la première journée de Money2020, la conférence dédiée aux fintechs et au futur du paiement qui se tient du 26 au 28 juin à Copenhague, pour annoncer la signature d'un accord portant sur l'acquisition de 50,04% du capital de Dalenys. L'opération s'effectue sur la base d’un prix de 9 euros par action. Une fois validée par les autorités de régulation, cette première étape sera suivie d'une offre publique d'achat sur le solde du capital de Dalenys, cotée en Bourse sur Euronext. L'opération globale pourrait alors se chiffrer à 160 millions d'euros.

 

Fondée en 2002 sous le nom de Rentabiliweb, Dalenys s'est spécialisée dans les activités de paiements et de marketing, en lançant il y a cinq ans Be2bill, une solution de paiement dédiée aux e-commerçants.

 

"Nous exécutons deux métiers. Celui de prestataire de paiement, en amont de la transaction, pour permettre aux marchands d'accepter tous les moyens de paiement quelle que soit la devise et celui d'acquéreur, en réalisant la compensation financière, c’est-à-dire en transférant l'argent d'un Iban à un autre Iban", détaille Thibaut Faurès Fustel de Coulanges, CEO de Dalenys.

 

La data au coeur de Be2bill

Le périmètre de rachat ne concerne que les activités paiement et marketing de Dalenys,  soit environ 180 collaborateurs sur 200. La fintech va préparer la revente de ses activités télécoms.
Dalenys a conçu sa propre plate-forme de management de données pour exploiter et analyser la data issue de ces deux métiers. Ces informations sont enrichies des données que ses clients e-commerçants lui confient. "Je suis persuadé que le paiement n'est pas qu'une affaire de tuyaux et de technique, mais avant tout une affaire de données", insiste le CEO.

 

Cette architecture maison permet à la fintech de mettre en place différentes cinématiques de paiement pour faciliter la transaction. Par exemple, si une transaction portant sur un panier de 1500 euros est rejetée sur le site LastMinute.com, car les fonds du client ne sont pas suffisants, Be2bill va proposer à l'internaute de fractionner l'achat sur plusieurs cartes bancaires ou lui proposer un paiement en trois fois pour ne pas dépasser son plafond mensuel.

 

Doper les taux de conversion des e-commerçants

Résultat, Be2bill permettrait d'améliorer sensiblement les taux de conversion des sites marchands, tout en optimisant la lutte contre la fraude. Lors d'un appel d'offre organisé pour le compte du site PokerStar, l'outil aurait permis d'obtenir 14% de conversion supplémentaire qu'une solution alternative.

 

Dalenys revendique avoir encaissé 3 milliards d'euros de flux de paiements sur une base annuelle. La fintech travaille aujourd'hui avec des e-commerçants comme Made.com, LastMinute.com, Interflora ou encore Allopneus.com et Boulanger.com. "Nous travaillons avec 17 sites marchands du top 100 du e-commerce français", se félicite Thibaut Faurès Fustel de Coulanges. Mais la fintech ne travaille pas encore avec les acteurs du top 5, que sont Amazon, Cdiscount, Fnac.com, Voyages-sncf.com et Vente-Privée. "En France, 5% des e-commerçants génèrent 85% du volume des ventes", reconnaît le CEO, qui fait de cette cible son prochain objectif.

 

Cap sur l'omnicanalité

Le spécialiste du paiement ne s'attaque pas qu'aux ventes en ligne. Dalenys compte également déployer sa solution dans les magasins physiques et travaille déjà avec Burger King - Quick. "Ce qui sort d'un terminal de paiement en magasin c'est du 0 et du 1. Donc nous abordons une transaction online ou offline exactement de la même façon", indique Thibaut Faurès Fustel de Coulanges. A terme, l'idée est de répondre aux problématiques d'omnicanalité des grands retailers. Des expérimentations sont en cours pour permettre, par exemple, à un client de payer 10% d'un produit en ligne, puis de payer le solde lorsqu'il retire le produit en magasin sans avoir besoin de fournir un justificatif, mais simplement en reliant le numéro de la carte bancaire à une identifiant en ligne.

 

Dalenys mise sur ce déploiement et sur son rapprochement avec Natixis pour atteindre, dès 2018, les 5 milliards d'euros de flux annuels. Une fois l'opération finalisée, les équipes de Dalenys, principalement basées à Amsterdam, devraient rester identiques et Thibaut Faurès Fustel de Coulanges conservera son poste de directeur général. L'homme mise sur son futur propriétaire pour industrialiser la solution et développer des synergies commerciales autour de sa plate-forme.

 

Le paiement, pilier de la transformation digitale

De son côté, Natixis explique que "cette opération concrétise l’ambition stratégique de Natixis de devenir l’un des leaders européens des paiements en particulier dans les services aux marchands". Fin 2016, la banque française a constitué un métier "paiements". Celui-ci s'articule autour de Natixis Payment Solutions, Natixis Intertitres, S-money et le rachat, finalisé en avril 2017, de la fintech PayPlug, Signe que les activités de paiement semblent constituer un pilier central dans la transformation digitale du groupe bancaire.

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