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New York, la résilience comme obsession

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New York, la résilience comme obsession
New York, la résilience comme obsession © Erik Daniel Drost -

À New York, la notion de ville intelligente est loin d’être un affichage cosmétique. Depuis le 30 octobre 2012 et le passage de la tempête Sandy, c’est une question de survie… et si l’on en croit l’ancien maire Michael Bloomberg, une question de résilience. La tempête a coûté 33 milliards de dollars (24,3 milliards d’euros) à l’État de New York : 17 % de la ville furent inondés et 90 000 bâtiments endommagés. Deux millions de personnes se retrouvèrent sans électricité pendant plusieurs jours, un tiers des stations-service étaient vides de carburant après la fermeture des deux raffineries de l’État et 11 millions d’usagers furent privés de transports en commun.

En juin 2013, la ville publiait son plan de ville intelligente. Le document de 445 pages est intitulé "A stronger, more resilient New York" ("Un New York plus fort et plus résilient"). Les 11 chapitres abordent des sujets comme les bâtiments, les télécommunications, les transports, les carburants liquides… "[Ce plan] décrit une stratégie globale qui permettra non seulement d’aider les quartiers les plus touchés à reconstruire de manière plus forte et plus sûre, mais il aidera aussi à rendre notre ville moins vulnérable aux effets du changement climatique", expliquait alors Seth Pinsky, le directeur du plan spécial pour la reconstruction et la résilience. Parmi les projets en cours figure celui de Cisco et LG Electronics. Les deux informaticiens déploient 250 écrans intelligents à travers les cinq quartiers de New York. Ces écrans digitaux – les City 24/7 – ont la particularité d’être bidirectionnels : ils délivrent aux New-Yorkais et aux touristes de l’information sur la ville, les commerces, les transports. Dans le même temps, ils analysent les données reçues depuis les caméras de surveillance voisines, les détecteurs de places de stationnement et de flux dans les parkings, les outils de mesure de la qualité de l’air et même les terminaux internet. Fort de ces informations, ils peuvent émettre des alertes en matière de sécurité ou d’environnement et prévenir les autorités de la ville. "Le but ultime des City 24/7 est de fournir une communication entre la gouvernance municipale, les commerces et les citoyens", explique Jeff Frazier, le responsable des solutions internet business chez Cisco.

Des projets impressionnants

Dans une ville qui consomme l’équivalent de la production de huit réacteurs nucléaires, la question énergétique est prégnante. Il faut alors mettre les mains dans des réseaux parfois centenaires. Siemens s’en donne à cœur joie. Sur le chiffre d’affaires de sa filiale Ville (17,6 milliards de dollars), 1 milliard est consacré à la cité qui ne dort jamais. Ces dernières années, Siemens a travaillé sur 37 chantiers incontournables à New York (statue de la Liberté, Ground zero, Carnegie hall, Madison square garden…). Outre les travaux d’efficacité énergétique, l’allemand a réalisé un impressionnant projet d’interconnexion électrique entre New York City et l’État du New Jersey voisin, via une liaison sous l’Hudson river. Cette opération complexe a demandé la construction d’un site capable de connecter les deux réseaux, qui ne sont pas synchronisés. Ce projet, chiffré à 500 millions de dollars, fournira 3 % à 5 % de l’électricité de la ville. Helmut Ludwig, le patron de Siemens Industrie aux États-Unis, se félicite de tous ces succès : "Si je peux le faire ici, je le ferai n’importe où !"

Veolia n’a pas eu peur de se frotter à la mégalopole qui consomme chaque jour autant d’eau que 2 120 piscines olympiques. En 2011, l’agglomération géante a lancé un appel d’offres pour optimiser son réseau d’eau. "Notre approche a été de connecter New York avec de vraies expériences de terrain, explique Laurent Auguste, le directeur innovation et marchés chez Veolia. La difficulté des grandes villes est d’adapter les bonnes idées venues d’ailleurs à leurs propres problématiques." Après six mois d’études, le français proposait des solutions pour atteindre 10 % d’économies sur les 120 milliards de dollars de coût d’exploitation. Au bout de deux ans, la moitié du chemin a été parcouru. La ville avait installé un important parc de compteurs intelligents, mais elle n’avait pas optimisé leur dimensionnement ni la gestion de leur parc. "Un compteur qui vieillit, c’est un compteur qui sous-compte", alerte Laurent Auguste. Le travail de Veolia a été de revoir entièrement la gestion de ce parc. "Pour les smart cities, il faut faire sauter les silos entre infrastructures et exploitation. C’est cela qui conduit à la vraie performance !" conclut Laurent Auguste.

Ludovic Dupin

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