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Numa change de modèle et de dimension

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Le "catalyseur d'innovations" parisien Numa, à la fois accélérateur de start-up, accompagnateur de grandes entreprises dans leur transformation numérique et lieu de coworking, change de statut pour mieux grandir. Il devient une entreprise et lance une opération d'equity crowdfunding pour financer son essor à l'international.

Numa change de modèle et de dimension
Numa change de modèle et de dimension © Numa / Alikaphoto - Alexandre Coïa

Numa, qui accompagne des start-up dans leur essor et des grands groupes dans leur transformation digitale, se prépare à... grandir et se transformer lui-même. La structure associative parisienne, créée en 2000 sous le nom Silicon Sentier, qui a lancé avec succès le concept de la "Cantine" en 2008 (premier espace de coworking en France) et le "Camping" en 2011 (premier accélérateur tricolore) va devenir une société anonyme à capitaux privés.

Un changement de statut logique : en 2014, 75% de son budget (2,65 millions d'euros de chiffre d'affaires) provenait déjà des services qu'il vendait. "Mais nos interlocuteurs ne le savaient pas forcément, et nous voyaient comme un service de la mairie de Paris, confie sa directrice générale, Marie Vorgan le Barzic. Ça n'a jamais été le cas, même si elle a soutenu notre développement de façon massive. Nous avons toujours été un réseau d'entrepreneurs". Désormais, les choses sont claires : Numa, tout en gardant des missions d'intérêt général (accueil de co-workers et d'événements, participation à l'animation et à la structuration de l'écosystème numérique), se doit d'être rentable. "En clair, on a toujours envie de changer le monde, mais on est aussi un acteur économique, résume sa responsable. Les gens se fichent de savoir si l'on est une association ou une entreprise du moment que le lieu reste ouvert et que son esprit est préservé."

ambitions mondiales

Pour véritablement changer le monde, Numa va voir plus grand et étendre son influence au-delà de la capitale. Un bureau à Moscou a été inauguré en mars dernier. Numa s'implantera dans deux autres milieux numériques étrangers émergents avant la fin de l'année. D'ici 2019, l'idée est de bâtir un véritable "écosystème mondial de l'innovation" avec la création de 15 hubs au total, en Amérique du Sud, en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe de l'Est et en Asie. A chaque fois, Numa adaptera son modèle "inclusif" aux particularités locales, en fonction du niveau de maturité de l'écosystème, et travaillera en partenariat avec les acteurs existants.

Ce développement international a un coût : pour financer ses nouvelles ambitions, Numa lance une double levée de fonds en vue de rassembler un peu moins de 10 millions d'euros. D'abord via une opération d'equity crowdfunding (levée de fonds en échange d'actions) par le biais de la plate-forme Smart Angels, du 22 avril au 5 juin. Chacun peut y participer, à partir de 500 euros. 12,5% du capital de la société est ouvert. La somme levée pourrait atteindre 1 million d'euros si l'opération est un succès.

Dans un deuxième temps, Numa bouclera un tour de table plus "classique" avec des acteurs institutionnels, avant l'été. "Il devrait refléter les différentes composantes de l'écosystème", confie Marie Vorgan le Barzic. Les 23 salariés de Numa devraient rester les premiers actionnaires de la SAS lorsque l'opération sera bouclée.

montée en puissance

Le neo-Numa a de grandes ambitions, et table sur un chiffre d'affaires annuel de 13 millions d'euros en 2019 (cinq fois plus qu'aujourd'hui). Il compte amplifier ses programmes d'accélération en accompagnant 700 start-up partout dans le monde (contre 75 en 2015). Il continuera d'ailleurs à prendre une partie du capital (3 à 6%) des jeunes pousses qu'il aide à grandir.

Numa va aussi mettre le paquet sur ses opérations d'open innovation et d'appui aux grandes groupes dans leur transformation numérique (il compte déjà 17 entreprises du CAC 40 parmi ses clients). D'ici 2019, les quinze bureaux de Numa dans le monde devraient conseiller 450 entreprises en pleine mutation numérique. C'est un sacré défi, dans un environnement concurrentiel de plus en plus féroce avec la multiplication de structures d'incubation, d'accélération et de conseil. Mais Numa veut s'appuyer sur une vision plus collaborative et ouverte, moins clivante, que ses concurrents (notamment les grosses structures américaines), pour se faire une place.

Sylvain Arnulf

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