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Objets connectés : La grande distribution s'allie aux start-up pour évangéliser le marché

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Orange, Darty, Carrefour, Auchan, Leclerc, la Fnac, Boulanger et Lick s'engagent à valoriser les objets connectés produits en France dans leurs rayons et sur leur site internet. Et, à plus long terme, à repenser leur stratégie d'achats, avec (un peu) plus de prises de risque.

Objets connectés : La grande distribution s'allie aux start-up pour évangéliser le marché
Objets connectés : La grande distribution s'allie aux start-up pour évangéliser le marché © Sylvain Arnulf / L'Usine Digitale

L'irruption de centaines de petites start-up françaises d'objets connectés bouleverse un secteur de la high-tech jusqu'ici dominé par quelques géants. Les acheteurs de la grande distribution doivent se familiariser avec ce nouvel environnement. "C'est une révolution culturelle, juge Philippe Goetzmann directeur des relations institutionnelles d'Auchan. Le marché était hyper concentré depuis 20 ou 30 ans. Le retour de petites entreprises dans ce secteur, c'est un changement d'habitudes – mais c'est ce qui prévaut dans l'alimentaire, donc on sait faire".

 

Les groupes commencent donc à revoir leur politique d'achats, pour laisser une place aux start-up du secteur. Pour matérialiser cette dynamique, une charte a été signée le 21 octobre à Bercy, à l'initiative des porteurs du plan de la Nouvelle France Industrielle "Objets connectés", piloté par Eric Carreel, président de Withings. Elle associe huit grandes enseignes (Carrefour, Auchan, Leclerc, la Fnac, Orange, Darty, Boulanger et Lick) et une trentaine de start-up, pour l'instant.

 

Une prise de risques limitée

Les premiers s'engagent à mieux valoriser les produits des seconds. Un engagement a minima pour débuter : chaque enseigne va accompagner "cinq start-up qu'elle ne référençait pas jusqu'alors, dans au moins cinq lieux de vente". La prise de risques est donc limitée. Un fabricant pourra tester le potentiel commercial de son produit dans un nombre limité de points de vente, avant de monter en puissance.

 

Pour les acteurs de la grande distribution, c'est la dynamique qui compte, pas encore les volumes. "Le nombre de start-up référencées, ce n'est pas le plus important, estime Philippe Goetzmann d'Auchan. On ne peut pas travailler avec tout le monde tout le temps. Les volumes de produits seraient ridicules. Il faut plutôt démarrer petit et travailler au développement de start-up pour qu'elles grandissent".

 

Une charte pour marquer les esprits

Les premiers enseignes signataires étaient déjà dans cette démarche. La charte "va donner un nouvel élan à une stratégie déjà en place", commente Elodie Perthuisot de la Fnac. "Cela donne un signal aux équipes. Nous avons formé un millier de vendeurs, ils sont fortement mobilisés sur ce sujet, ajoute Daniel Broche de Boulanger. Une centaine de produits de la French Tech sont déjà vendus dans nos 125 magasins. On offre aussi un référencement gratuit sur notre marketplace web aux nouvelles sociétés, elles peuvent comme cela tester leur concept face au public".

 

Orange, de son côté, finance déjà des jeunes pousses avec son fonds d'investissement et compte leur ouvrir les portes de ses boutiques en France, mais aussi en Espagne et en Pologne. "Et pourquoi pas en Afrique !" ajoute Pierre Louette, directeur général adjoint de l'opérateur télécom français.

 

Pour le spécialiste des objets connectés Lick, qui travaille déjà très étroitement avec les start-up, la signature de la charte envoie un message aux distributeurs : "il fait faire beaucoup plus confiance aux start-up. La clé, c'est de permettre aux clients de tester ces produits en magasins", estime son fondateur Grégory Coillot. Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au numérique, partage cet avis. "Il y a une curiosité réelle en France autour des objets connectés, mais le sujet reste mal appréhendé. Il faut des illustrations concrètes qui démontrent que ces produits ne sont pas des gadgets, mais des bijoux d'innovation qui peuvent vraiment améliorer la vie au quotidien".

 

actions de communication en commun

Les huit enseignes le rappelleront à leurs clients avec des opérations de communication régulières menées conjointement avec leurs concurrents. Cela a débuté ce lundi avec une "Semaine des objets connectés de la French Tech" et sera probablement renouvelé en décembre à l'occasion de la deuxième édition du "Noël de la French Tech". C'est de cette façon et sur la durée que les entrepreneurs, les pouvoirs publics et les distributeurs espèrent créer un nouveau réflexe chez les consommateurs… et aider la French tech à être prophète en son pays.

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