Usine Digitale

On a testé pour vous : les lunettes de réalité augmentée d'Epson, commercialisées fin juin

Par - Mis à jour le 20 juin 2014, à 14h44 -

On a testé pour vous : les lunettes de réalité augmentée d'Epson, commercialisées fin juin © Greg Madison

A lire sur le même sujet

[Actualisation - 20 juin 2014] Plus connu pour ses imprimantes et rétroprojecteurs, Epson s'est également lancé dans l'aventure des lunettes connectées. Il en a sorti une première paire en 2012. Le fabricant japonais commercialisera fin juin (au lieu du 2 mai initialement annoncé) une deuxième version beaucoup plus aboutie de cet appareil, afin de répondre aux nouveaux usages liés à la réalité augmentée. Pour cela, Epson recherche des développeurs pour trouver des applications à même de faire succomber les pros, sa première cible, mais aussi le grand public. L'Usine Digitale a testé ces lunettes pour vous.

Loin de l'effervescence autour des Google Glass, Epson s'affirme comme un pionnier des lunettes connectées. Après un premier modèle sorti en 2011, le fabricant japonais s'apprête en effet à commercialiser sa deuxième paire, les "Moverio BT-200", disponibles le 2 mai [actualisation : fin juin] prochain pour environ 700 euros [actualisation : entre 430 et 575 euros].

Frédéric Haton, responsable de ce projet chez Epson France, met en avant "un produit abouti" et à un "prix abordable" pour permettre aux particuliers et aux professionnels d’accéder au potentiel de la réalité augmentée. Un tacle directement adressé aux Google Glass, encore au stade du prototype et vendu 1 500 dollars pièce à un nombre limité de testeurs.

Un "écran transparent" devant les yeux

Première sensation lors de l'essai réalisé par L'Usine Digitale : malgré un encombrement important, les "BT-200" se révèlent plutôt légères et peuvent être placées par dessus une paire de lunettes de vue. "Par rapport à la première version, le poids a été réduit de 60% pour atteindre 88 grammes", explique Frédéric Haton. Principale différence avec les Google Glass, les lunettes d'Epson utilisent un système binoculaire permettant d'afficher au centre du champ de vision de l'utilisateur un "écran transparent" d'une résolution de 960x540 pixels. Concrètement, on peut voir l'équivalent de la surface d'un téléviseur de 80 pouces placé à 5 mètres de soi.

Pour Epson, ces lunettes pourraient ainsi s'imposer comme une altenative aux tablettes dans certaines situations comme un voyage en avion : un cache fourni avec les "BT-200" permet de s'isoler du reste du monde et donc de perdre l'effet de transparence, afin de visionner un film ou de consulter ses mails en toute discrétion.

 

 

A noter qu'à l'inverse des Google Glass, qui s'utilisent à la manière d'un périphérique comme un kit mains-libres, ces lunettes fonctionnent indépendamment d'un smartphone. Elles sont donc dotées d'un OS Android 4.0 permettant de faire tourner les différentes applications.

Une télécommande tactile comme batterie

Autre grande différence avec les Google Glass : l'autonomie. Avec une batterie déportée dans un boîtier - d'où ce fil qui pend sur le côté des montures - les "BT-200" affichent jusqu'à 6 heures d'autonomie. Astucieux, ce module de la taille d'un petit smartphone fait aussi office de pavé tactile avec des boutons physiques permettant d'accéder directement au menu, d'effectuer un retour arrière et d'accéder aux dernières applications utilisées. Toute la connectivité, wifi et bluetooth, a également été placée dans ce boîtier. "Au Japon, il est inimaginable que l'on puisse envoyer des ondes à proximité du cerveau", explique Frédéric Haton.

Une centrale inertielle, logée dans la monture et composée de gyroscopes et d'accéléromètres, permet de suivre les mouvements de tête en temps réel. Plongé dans un paysage à 360 degrés, il est ainsi possible de changer d'angle de vue naturellement. Une fonction essentielle pour des applications de réalité augmentée et qui, sur les lunettes d'Epson, fait preuve d'une réactivité quasi-instantanée.

Pour se rendre compte des possibilités des "BT-200" dans des usages de réalité augmentée, une roue de voiture est projetée sur le mur. Une application dédiée, installée sur les lunettes, permet d'essayer d'autres modèles de jantes. Pour afficher des informations, la caméra placée sur les lunettes capte l'image qu'elle reproduit ensuite dans le champ de vision de l'utilisateur en y ajoutant les données souhaitées, ici une jante différente. Pour des raisons de protection de la vie privée, Espon insiste sur le fait qu'une led verte s'allume lorsque l'appareil photo ou la caméra est en cours d'utilisation.

D'autres usages ont bien sûr été imaginés : la société Metaio a, par exemple, développé une application permettant de faciliter la réparation d'un climatiseur. Une fois sur place et ses lunettes connectées sur le nez, l'employé voit les instructions apparaître directement sur l'appareil au fur et à mesure de l'opération (voir vidéo ci-dessous).

Un produit qui vise avant tout les professionnels

Lors du lancement de ses nouvelles lunettes, Epson annoncera un premier partenariat avec "un grand musée français", indique Frédéric Haton. Transformées en "audio-vidéo guide", les "BT-200" permettront ainsi au public de voir des informations s'afficher directement sur des oeuvres exposées. Les cinémas souhaiteraient également proposer ces lunettes aux personnes sourdes ou malentendantes, la réalité augmentée permettant de bénéficier des sous-titres sans que cela nécessite d'incrustation à l'écran.

Avec ses lunettes, Epson vise donc principalement un public professionnel. Les "BT-200" devraient tout de même séduire certains technophiles ou de simples curieux prêts à craquer pour s'essayer à la réalité augmentée. Avec le choix d'un système d'exploitation ouvert, Epson compte également sur la communauté des développeurs pour créer de nouvelles applications, et pourquoi pas la "killer-app" (le programme informatique qui justifie à lui seul l'achat d'un appareil électronique) à même de faire décoller ses ventes grand public.

Julien Bonnet

Les points forts des "BT-200" :
- Un produit "fini" et non un prototype
- Le "pavé tactile" offre une navigation intuitive et apporte une autonomie importante
- Un prix abordable dans l'offre actuelle de lunettes connectées
Les points faibles :
- Le manque d'applications au lancement du produit
- Un encombrement relativement important qui rend difficillement imaginable une utilisation en extérieur, dans une rue passante par exemple
- Un appareil photo de faible résolution, suffisant pour la reconnaisance faciale ou d'objets, mais ne permettant pas de faire des clichés de bonne qualité

Partagez l’info :

Publicité

Réagissez à cet article

Error pseudo!

Error Email!

Error Captcha!

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus