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Orange discute bien télécoms avec Bouygues, mais pourquoi ?

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Analyse Un accord de confidentialité a été signé ce mardi 5 janvier par Bouygues et Orange, précise un communiqué du Groupe de BTP. Tandis que celui d’Orange confirme la reprise des discussions en vue d’un rapprochement avec Bouygues Télécom. Une opération, compliquée pour des raisons de concurrence, mais qui aurait du sens.

Orange discute bien télécoms avec Bouygues, mais pourquoi ?
Orange discute bien télécoms avec Bouygues, mais pourquoi ? © Bouygues Telecom

Après avoir démenti tout le mois de décembre 2015 et envisageant en passant d'investir dans la banque de Groupama, Orange confirme finalement la reprise de discussions préliminaires avec le Groupe Bouygues en vue d’un rapprochement avec sa filiale Bouygues Télécom.

 

Un projet ancien

Il y a un an presque jour pour jour, à l’occasion de ses vœux à la presse, le PDG d’Orange avait réitéré son intérêt pour Bouygues Telecom. Il avait alors expliqué disposer d’une somme importante en cash (4,6 milliards d’euros) entre autres après la revente à BT de EE, sa co-entreprise britannique avec Deutsche Telekom. Il a aussi éclairci sa situation en Afrique abandonnant les pays dans lesquels il n’est ni numéro un ni numéro deux. Début 2015, Stéphane Richard avait rappelé qu’Orange était celui des opérateurs français qui "avait le moins besoin d’une consolidation." Pour autant, il s’était déclaré en faveur d’un retour à trois sur le marché français, "pas pour en être le fer de lance, mais pour participer. Cela passera forcément par une association, évidemment," avait-il précisé.  

 

Une opération à tiroirs pour éviter la sanction des régulateurs de la concurrence

Une telle opération, si elle se fait sans concession ni partenariat, n’a en effet aucune chance d’obtenir l’approbation des autorités française et européenne de la concurrence. Elle donnerait à Orange une puissance trop importante sur le marché face à ses rivaux. Il faut donc s’attendre à ce que les deux opérateurs annoncent une opération à tiroirs, avec des co-investisseurs ou via la cession d’une partie du réseau de Bouygues par exemple. Retour à l’équilibre des acteurs exigé.

 

D’autant que selon les observateurs, après une période plutôt favorable aux fusions, la Commission européenne serait revenue à une politique pro-consommateurs (avec davantage d’opérateurs, donc davantage de concurrence, et donc baisse des prix). Peu de chance cependant qu’Altice ait un rôle à jouer autre que de récupérer certains actifs. Sa proposition sur Bouygues Telecom en juin 2015 avait fait l’unanimité contre lui. Quant à Iliad, lors des spéculations autour du rachat de SFR, il avait envisagé de récupérer une partie du réseau du numéro un du BTP. 

 

Des nouveaux dominants aux ambitions internationales

Le retour de discussions entre les deux opérateurs intervient aussi alors qu’en un an, une partie de Go géante s’est engagée entre les opérateurs télécoms français hors de leurs frontières. Premier à bouger ses pions, Altice. Arrivé en force dans le paysage hexagonal avec l’acquisition de SFR, le groupe de Patrick Drahi n’a cessé de démontrer sa volonté de monter en puissance en Europe, et au-delà. Après l’absorption de Portugal Telecom fin 2014, il s’est attaqué sans succès à l’Américain Time Warner Câble mais a bel et bien avalé deux cablo-opérateurs locaux, Suddenlink et Cablevision. Une première sur le sol américain pour un opérateur français. Même si Iliad avait voulu mi-2014 mettre la main sur T-Mobile. Tentative avortée.

 

Mais fin octobre 2015, Xavier Niel, fondateur du groupe, a investi personnellement à hauteur de 15% dans Telecom Italia. Ce alors que le groupe Vivendi, ancien actionnaire de SFR, venait de faire monter sa part à 20%. Quant à Orange, il n’est pas resté inerte. Outre la revente de EE, il a déjà acquis 100 % de l’opérateur espagnol Jazztel. Et sa présence internationale n’est plus à prouver qu’il s’agisse de l’Afrique, du Moyen-Orient ou de l’Europe de l’Est. Gageons que l’agitation de ses concurrents n’est pas pour rien non plus dans la volonté d’acquérir Bouygues Telecoms.

 

Le tant espéré retour à trois opérateurs

Le marché français, totalement redéfini depuis l’arrivée de Free, a pris petit à petit un nouveau visage, avec trois acteurs dominants différents. Orange, Altice et Iliad ont remplacé … Orange, SFR et Bouygues Telecom en haut de la pyramide. Laissant le dernier avec le plus grand mal du monde à continuer de jouer son rôle dans ce secteur. Même le gouvernement ne se dit plus défavorable à un fameux "retour à trois opérateurs". L’attribution des fréquences 700 MHz réglée, il est temps de s’attaquer au sujet. Mais il faudra encore attendre pour connaître les détails de la discussion engagée entre Orange et Bouygues aux conséquences lourdes. 

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