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Oui au big data, non à Big brother

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Oui au big data, non à Big brother
Oui au big data, non à Big brother © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Le temps de lire cette phrase, il se sera produit 144 téraoctets de données dans le monde. Les "Like" que nous laissons sur Facebook, les "+ 1" que nous attribuons sur Google+, les messages de 140 signes que nous postons sur Twitter, les déplacements que nous programmons sur nos "maps", les requêtes favorites que nous tapons sur les moteurs de recherche génèrent toutes les cinq secondes de quoi remplir la mémoire de 144 ordinateurs iMac !

data déluge

Ces chiffres sont en partie inconcevables, ils donnent le tournis. Mais à la faveur de scandales comme celui du réseau d’écoute électronique américain, nous commençons à prendre conscience que toutes nos activités virtuelles ont un impact bien réel. Nos faits et gestes sur les réseaux produisent des données précieusement stockées dans d’immenses datacenters signés Google ou la National security agency, pour ne citer qu’eux. Chacun de nous contribue ainsi à alimenter un véritable "data déluge", comme le titrait l’hebdomadaire "The Economist". Un déluge qui peut être vu comme un risque ou une opportunité, mais qui questionne surtout les comportements. Ceux des consommateurs de services numériques : ont-ils conscience de toutes les traces qu’ils laissent sur la toile ? Mais aussi ceux des entrepreneurs : quelle éthique adopter en matière de business pour respecter les données que confient clients et partenaires ?

Dans notre enquête de couverture, signée Aurélie Barbaux et Emmanuelle Delsol, nous avons voulu soulever toutes ces questions, sans tabou. Parfois, elles ont hérissé le poil des professionnels du numérique. Ils craignent que le simple fait de les poser ne véhicule un message négatif sur le secteur et bride son développement. Ils ont tort de s’inquiéter ainsi. Ils devraient au contraire prendre les devants sur ces enjeux et se soucier de l’exploitation des données numériques personnelles. S’ils ne le font pas, c’est un scandale qui s’en chargera pour eux demain et ce sera beaucoup, beaucoup plus douloureux.

Le business du big data, comme on le nomme maintenant, ne pourra prospérer qu’à une condition : l’instauration d’un climat de confiance. Pour le créer, les entreprises devront garantir les conditions dans lesquelles les données confiées par des tiers seront exploitées, circonscrire les usages qui pourront en être faits pour assurer à leurs clients une protection. Comme l’affirmait récemment Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen, "oui au big data, non à Big brother".

Thibaut de Jaegher, directeur de la rédaction

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