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Pas de transformation numérique sans API... Mais c'est quoi au fait ?

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Pas de transformation numérique sans API. Ces interfaces de programmation sont la charnière de tout échange de données entre l’entreprise et son écosystème.

Pas de transformation numérique sans API... Mais c'est quoi au fait ?
Pas de transformation numérique sans API... Mais c'est quoi au fait ? © Antonia Machayekhi

Nul besoin de le rabâcher, la transformation numérique n’est pas seulement une histoire de tablettes en entreprise. Désormais incontournable, elle est aussi et surtout un changement de mode de management et de business model ! Une mutation fondée sur l’échange de données en temps réel à l’intérieur de l’entreprise, mais aussi et surtout avec l’extérieur, qu’il s’agisse de partenaires, de start-up, voire de plates-formes d’open data gouvernementales… Comme la SNCF, qui partage les horaires des trains en temps réel avec les développeurs d’applications mobiles. Or, pas d’échange de données sans ces éléments liants que sont les API, ces interfaces de programmation applicatives ("Application Programming Interface" en anglais). Si les développeurs sont à la manœuvre, il est indispensable que chacun comprenne de quoi il s’agit et pourquoi elles sont si importantes.

 

1) Une philosophie avant d’être une technologie

L’API sert à connecter un système d’information à un service extérieur, lui permettant de partager des données ou des services. Il en existe deux grands types : ouvertes ou fermées. Les API fermées existent depuis de nombreuses années. Elles sont traditionnellement utilisées pour connecter les flux de données d’un service (par exemple, le service paie) à un autre (le service RH) et sont conçues dès le départ pour une utilisation bien précise. La vraie révolution est celle des API ouvertes, dites "Open API". Celles-ci sont conçues différemment : on ne réfléchit plus à un usage particulier, mais à une ressource que l’on souhaite partager. Pour les développeurs, la création d’API ouvertes implique un changement de méthode de travail et de manière de concevoir une application.

 

Pour les directions, elles présentent un enjeu stratégique – la possibilité pour l’entreprise d’interagir avec l’extérieur – qui s’accompagne souvent d’une mutation de l’organisation interne. Le fonctionnement autour des API implique de repenser le fonctionnement des équipes. Elles sont souvent transverses, mélangeant des profils techniques, métiers, marketing, de gestion de projet et de community management. Elles doivent faire preuve d’agilité et travailler de façon itérative pour garantir des délais de développement courts (de trois à six mois). "On est dans une démarche d’open innovation et l’objectif est à la fois externe et interne. C’est une transformation pour être plus modulaire, plus agile et pour mieux travailler", explique Laure Jouffre, la directrice du programme API d’Orange.

 

2) Un outil de transformation, de contrôle et d’analyse

Les avantages d’une API sont multiples. Il s’agit en premier lieu d’une interface sécurisée entre un système d’information et une ressource externe qui rentre dans une logique d’industrialisation des échanges de données, par opposition à des transferts de fichiers "artisanaux". Cette normalisation des échanges a d’autres avantages : un contrôle sur les acteurs qui y accèdent (qui, quand, comment, combien de fois…) et la possibilité d’analyser en détail les statistiques d’usage. Cette analyse peut faire ressortir un besoin particulier qui n’avait pas été identifié et conduire à la création de nouveaux services ou à l’élargissement de leur périmètre. La granularité qu’apportent les API permet également un gain d’agilité important en matière de développement d’applications. L’API représente un socle qui, une fois construit, peut être utilisé par de nombreux produits différents. Il accélère et simplifie la réalisation d’applications, même lorsqu’elles n’étaient pas prévues à l’origine, entraînant une réduction des coûts.

 

3) Un portail vers l’open innovation...

L’autre grand attrait des API réside dans l’inter­connexion qu’elles permettent avec d’autres systèmes d’information. Par exemple, en combinant des données provenant d’une entreprise de transport public à celles d’agences immobilières. Cette fusion de flux de données émanant d’acteurs et de secteurs différents conduit à la création de valeur, voire à de nouveaux business models. Il faut pour cela garder l’esprit ouvert, ne pas avoir de présupposés sur l’utilisation que feront les développeurs des données qu’on leur confie, et surtout de ne pas les contraindre à un usage particulier. Car c’est justement des utilisations inattendues que va découler la création de valeur.

 

Cette interconnexion n’est d’ailleurs pas uniquement utile dans le domaine commercial, mais peut aussi s’avérer décisive sur des projets opérationnels pour les directions métiers, en simplifiant les processus et en augmentant la réactivité et la fraîcheur des données. "Nous analysons déjà nos données, mais l’utilisation d’API permet d’aller plus loin en les croisant avec des données extérieures en temps réel. Alors qu’aujourd’hui, avec l’open data, on télécharge un fichier CSV qui date de 2012", explique Frédéric Charles, le responsable de la stratégie et pilote des plates-formes chez Suez.

 

4) …qui nécessite d’être attractif

Si le développement d’une API se fait en interne, son succès dépend avant tout des développeurs tiers. Il peut s’agir d’indépendants ou de start-up autant que de grands groupes. La clé du succès, au-delà de l’attractivité des données, est la simplicité d’utilisation de l’application. On dit souvent qu’une API doit pouvoir être assimilée en sept minutes par un développeur, faute de quoi il l’abandonne pour passer à autre chose. Le développeur devient alors plus qu’un partenaire, un utilisateur, voire un client pour lequel il faut être attrayant et attentionné. Cela passe d’abord par la qualité de développement que propose l’API. Comme il y a une expérience utilisateur (UX), on parle désormais d’expérience développeur (DX). La documentation est un aspect crucial, qu’il ne faut surtout pas négliger.

 

En outre, l’API doit être régulièrement maintenue et mise à jour afin de conserver les développeurs qu’on aura su capter dans son écosystème. "Toutes les évolutions que nous intégrons sont priorisées en fonction des retours des développeurs, qu’il s’agisse de problèmes techniques à résoudre ou de nouvelles fonctionnalités à mettre en place", détaille Romain Lalanne, le responsable de l’open data et de l’innovation à la SNCF. Il faut aussi être visible, se faire connaître, par exemple en allant sur des salons, en participant à des hackathons, et en étant actif au sein de la communauté des développeurs. Pour les gros acteurs, des actions plus ciblées peuvent avoir lieu pour aller directement chercher des partenaires pertinents.

 

Une API, à quoi ça sert ?

 

Dans la smart city, les différents acteurs (voirie, acheminement d’eau, de gaz, d’électricité…) peuvent coordonner leurs actions pour limiter la durée des travaux et ne pas se gêner entre eux.

 

Pour la santé, les API permettent un meilleur suivi des patients et une transmission sécurisée des données aux organismes médicaux.

 

Les banques s’en servent, entre autres, pour les paiements en ligne : grâce aux API, elles peuvent intégrer plus facilement leurs solutions de paiement à tous les cas d’usage.

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