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Pitch in the plane : quand les start-upers s'envoient en l'air... pour mieux pitcher

mis à jour le 30 juin 2017 à 18H02
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Reportage Pour la deuxième année, la French Touch Conference et ses partenaires ont emmené sept start-up pitcher à 35 000 pieds d'altitude devant sept professionnels. Coup de pub ou véritable outil pour détecter les futurs fleurons de l'innovation française ? Nous les avons accompagnés durant les sept heures de vol. Reportage.

Pitch in the plane : quand les start-upers s'envoient en l'air... pour mieux pitcher
Gaël Duval (deuxième en partant de la gauche) et une partie du jury de Pitch in the plane. © Laurent Qy

Drôle d’endroit pour pitcher, pense-t-on de prime abord en découvrant le programme de la deuxième édition de Pitch in the plane. Entre les règles de sécurité, les contraintes de place, les allées et venues des hôtesses, le lieu ne semble pas du tout indiqué pour stimuler la rencontre entre start-up et "professionnels de la profession". Est-ce parce que le start-upper doit justement se battre contre les idées reçues pour imposer sa "vista" que l’idée a été retenue et portée par le volontaire Gaël Duval, qui organisait pour la deuxième année ce concours en collaboration notamment avec Open Skies, le temps d’un vol transatlantique parti de Paris lundi 26 juin 2017 à destination de New York ? En tout cas l’opération ne s’improvise pas. Hugo Trac, responsable de la communication d’OpenSkies indique que l’avion est bloqué depuis janvier et que le bon déroulement requiert toute une logistique.

 

Conquête internationale

Pour résumer l’événement, le pitch  – on n’est jamais mieux servi que par soi même – dit tout : "sept heures de décalage, sept start-up, sept membres du jury". Et l’opération est suffisamment importante pour que le secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, lui consacre sa première sortie officielle hors de France.

 

Mais la dimension spectaculaire ne doit pas occulter les raisons bien réelles de ce voyage pas comme les autres : "En France, on a aujourd’hui des investisseurs, des créateurs et un marché intérieur intéressant, observe Gaël Duval. Ce qui manque aux start-up, c’est d’acquérir au plus vite la dimension internationale. Nous pouvons avoir des start-ups financées localement mais qui, commercialement, visent le monde." En tête, il a le modèle israëlien ou scandinave, où, faute d’un marché intérieur suffisant, les entreprises innovantes sont forcées dès le début à conquérir le monde.

Les 7 start-up de Pitch in the Plane 2017 :
- Better Kids
- ParkMatch
- Fresh Square
- Lok-Iz
- Mapwize
- Aveine
- Botline

Et les sept jurés...
- Kat Borlongan (Five by five)
- Raouti Chehih (EuraTechnologies)
- Benoit Grossmann (Idivest Partners)
- Géraldine le Meur (The refiners)
- Ben Marrel (Breega Capital)
- Jerôme Masurel (50 Partners)
- Robin Rivaton (Paris Région Entreprise)

Les deux gagnants :
- Mapwize est la start-up gagnante du Pitch in the plane
- Aveine remporté le prix "Coup de coeur du jury"

 

Le gagnant de la compétition en vol obtiendra de l’aide pour réussir son internationalisation, comme ces 500 000 Avios offert par la compagnie aérienne, qui correspondent à 20 allers-retours Paris/New York, hors taxes d’aéroport… Mais la compétition n’est pas tout. Les sept start-up auront la chance de participer à la French Touch Conference à New York où elles pourront rencontrer des partenaires locaux d’envergure. C’est le second objectif de l’opération, confie Gaël Duval : "faire le pont avec l’écosystème new-yorkais, plus proche de la France qu’on ne pourrait le croire. New York est en concurrence avec San Francisco pour attirer et retenir les créateurs de start-up".

 

UN format inhabituel pour un cadre inusité

Partenariat de la compagnie aérienne oblige, les start-uppers sont accueillis à bord par un message spécial du commandant de bord qui leur souhaite à tous un grand succès. Pour les pitchs, la première classe a été réquisitionnée, mais il faut attendre que la procédure de décollage aille à son terme et que l’avion prenne sa vitesse de croisière. Les jurés et l’équipe organisatrice ont tous revêtu un tee-shirt aux couleurs de la French Touch. Avant de lancer les pitchs, la méthode est rappelée par l’organisation : chaque représentant de start-up viendra s’asseoir successivement avec les sept jurés réunis. Pour cela, ils profitent de la disposition des fauteuils de première qui rappellent les "confidents", ces sièges en forme de S inventés sous le second empire. Comme les six autres candidats, Clément Favier, de la start-up Parkmatch, est prêt et enfile la veste prévue pour ce septuor de rencontres. Dans les salons d’Open Skies avant le décollage, il expliquait "avoir l’habitude de pitcher", l’enjeu étant notamment "de s’adapter à la formule trois minutes de présentation et cinq minutes de questions". Sept fois de suite.

 

Pour les sept start-up présentes, le pitch n’est pas vraiment une nouveauté. Reste le contexte et les modalités pas tout à fait classiques. "C’était super bizarre. Ça a démarré d’un seul coup et on passe d’un pitch en français à un pitch à un anglais", témoigne Nicolas Naigeon, représentant la start-up Aveine qui, avant le décollage, expliquait : "en ayant été sélectionné, j’ai gagné mon pari". Si le format de l’événement l’a un peu "déstabilisé", il n’en semble pas plus affecté que ça. Pour lui, gagner serait la cerise sur le gâteau. Associé-fondateur d’une start-up qui conçoit une solution pour décanter le vin instantanément, il compte sur sa présence à l’événement new-yorkais de la French Touch pour décrocher des contacts. Pour cela, il a planifié avant son départ plusieurs rendez-vous.

 

Des contacts dans l'avion et à terre

Car, pour toutes les start-up présentes, le concours dans l’avion n’est que la première étape du séjour. Jean-Luc N’Guyen, associé fondateur de Botline, préfère mettre l’accent sur la singularité de cette aventure. "C’est une expérience unique pour nous et pour les membres du jury. Si on doit les recontacter un jour, on sait qu’on les a abordés dans un contexte dont ils se souviendront ", indique-t-il. Pour ce créateur d’un chatbot pour aider les compagnies aériennes à gérer la relation client en cas de retard ou d’annulation de vol, la participation au concours a été aussi l’occasion de se rapprocher des équipes d’OpenSkies.

 

Côté jury, le format de l’événement déroute moins. Géraldine Le Meur, co-fondatrice de The Refiners, se réjouit d’avoir pu venir cette année, alors qu’elle avait loupé la première session de ce concours à 35 000 pieds d’altitude. "J’aime les choses qui sortent de l’ordinaire",  confie-t-elle. La présentation express des projets n’a pas été un problème pour elle : "En trois minutes, on aperçoit la personnalité de l’entrepreneur. C’est intéressant de voir quel hameçon il va lancer."

 

Un jury quasi unanime

Pour elle comme pour les autres membres du jury, les projets étaient de bon niveau. Ils ont été sélectionnés à partir de plus de 200 dossiers envoyés, soit 40 % de plus que pour la première édition du concours. Pour la sélection, les équipes de la French Touch ont privilégié "les projets les plus innovants par rapport au marché des Etats-Unis, celles qui avaient le plus grand potentiel d’internationalisation", précise Gaël Duval.

 

Membre du jury, Raouti Chehih, directeur général d’EuraTechnologies à Lille,  a toutefois décelé des différences de maturité dans la personnalité des candidats, dans les projets présentés. Pendant les présentations, il s’est attaché à voir  "l’adéquation produits/marchés proposée, si l’offre n’est pas trop une offre de niche, ainsi que la capacité de 'scalabilité' et celle à sonder la personnalité du fondateur, pour savoir s’il aura la capacité à porter et à développer le projet".

 

Les auditions finies, les membres du jury se sont réunis pour désigner la start-up gagnante qui sera annoncée à New York lors de la conférence de la French Touch. Selon les échos d’après jury, le choix n’a pas été difficile, deux jeunes pousses s’étant distinguées.Les start-uppers, eux, ont rejoint leur siège, attendant les six heures qui les sépare de New York. Un vol comme un autre ou presque désormais. Les ceintures sont attachées, leur rêve américain se rapproche à grande vitesse.

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