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Plan objets connectés : Eric Carreel défend une transformation agile de l’industrie

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Le plan objets connectés a été validé le 18 juin dernier, avec ses nouvelles usines : les cités des objets connectées. Le chef de file du plan et patron de Withings, Eric Carreel, veut convaincre les industriels de l’impérative nécessité de rendre les processus de production plus agiles.

Plan objets connectés : Eric Carreel défend une transformation agile de l’industrie
Plan objets connectés : Eric Carreel défend une transformation agile de l’industrie

Le plan industriel sur les objets connectés fait partie des trois plans validés par le gouvernement le 18 juin dernier. Son chef de file, Eric Carreel, emblématique patron de Withings, Invoxia et Sculpteo, rappelle qu’il a pour but principal de renforcer cette industrie en "creusant les savoir-faire et en apprenant à faire savoir". C’est en vrai militant de son secteur qu'il défend un nouveau type d’usines, plus intégrées et plus réactives, adaptées à ces nouveaux produits.

Une première cité des objets connectés à Angers

Dès le mois de janvier, il présentait son idée d’une cité des objets connectés. Pour éviter que la plupart des projets de cette industrie finissent aux oubliettes, il évoquait alors un nouveau type d’usine où les ingénieurs des start-up frotteraient directement les maquettes de leurs projets à la réalité des industriels, au prototypage et à la fabrication. Elle comprendra une partie de type fablab, une partie pour l’innovation industrielle, une partie pour la production et une partie pour l’accueil des sociétés souhaitant travailler dans la cité. La première verra d’ailleurs bel et bien le jour à Angers. "Nous avons repéré le lieu, et les équipes travaillent sur l’organisation de la cité et sa construction juridique, financière, matérielle, précise Eric Careel. Charge ensuite à ceux qui le souhaitent de répliquer le dispositif."  C’est le volet "savoir-faire".

"Il faut faire bouger tout le monde"

Eric Carreel insiste par ailleurs sur la nécessité de faire évoluer à la fois le monde des objets connectés vers celui de la production traditionnelle, et l’inverse. Depuis le début de l’année, "parce qu’il faut faire bouger tout le monde", les groupes de travail du plan ont rencontré des acteurs des deux côtés. Côté industrie traditionnelle, il s’est agi d’entreprises de l’électronique, de la métallurgie, de la plasturgie. "Nous devons par exemple rédiger un document de deux pages expliquant de façon simple les dispositifs de la BPI destinés à accompagner les entreprises de production qui feraient évoluer leur capacité de production pour s’adapter aux objets connectés", explique-t-il. Le chef de file du plan dit avoir rencontré tout type de réactions face à ces industriels : "Certains sont enthousiastes, très positifs. D’autres ne veulent pas bouger et ne comprennent pas que les sociétés des objets connectés ne viennent pas à elles." Un comportement typique de l’aéronautique ou de l’automobile si l’on en croit Eric Carreel. "Ce sont des gens habitués à travailler avec de très longs délais de mise au point des produits, et des cycles de production très longs. C’est un milieu à la recherche de la perfection, qui aime la certitude. Or, avec les objets connectés, on rentre dans un secteur plus grand public, dans lequel il faut se mettre en marche plus rapidement".

Les méthodes agiles se répandent aussi dans le hardware

Plus globalement, pour le patron de Withings, l’industrie grand public révolutionne l’industrie professionnelle. Comme le numérique imprime petit à petit ses modèles au reste de l’économie, les entreprises des objets connectés impriment leurs modèles, leur rythme, leur célérité, leur méthodes, au reste de l’industrie. "Les méthodes agiles se répandent dans le hardware comme elles l’ont fait dans le software. Et elles envahiront les usines, jusqu’au machines-outils", prophétise-t-il. Pour lui, l’industrie du smartphone, très grand public, est emblématique, car elle est devenue la plus innovante en software, mais aussi en hardware. De quoi balayer l’industrie du PC professionnel. Et bientôt celle de l’électronique professionnelle. "Mais cette transformation va atteindre les industries traditionnelles, comme l’automobile. Comme le smartphone est un objet connecté, il va chambouler tous ces objets. Pour donner plus de performance à leurs objets, les industriels de ces secteurs vont passer par une intelligence répartie dans le cloud." Autrement dit, il faudra que ces derniers, eux-aussi, adoptent les méthodes de l’industrie du numérique. Et que des cités des objets connectés, rapprochant les différentes phases du cycle produit, s’appuyant sur des méthodes agiles, réduisant les délais, fassent bouger les choses.

Une conférence objets connectés en 2015

Mais ces cités ne sont qu’un des volets du plan. Pour la partie "faire savoir", certaines enseignes s’engagent déjà à mettre en avant des objets conçus ou fabriqués en France. Et même si Futur en Seine cette semaine à Paris ou la conférence French Touch les 24 et 25 juin prochain à New-York font la part belle aux objets connectés, Eric Carreel souhaite travailler sur un événement spécifique dès l’an prochain, dans le cadre de la French Tech. Par ailleurs, le plan prévoit des dispositifs pour inciter la commande publique (le travail reste à faire sur ce sujet), la mise en place d’un outil d’échange pour la communauté, et le soutien au déploiement européen du réseau conçu pour les objets connectés développés par le Français Sigfox.

Emmanuelle Delsol

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