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Plug and Play, cette usine à start-up au cœur de la Silicon Valley

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Reportage Né en 2006, l'accélérateur californien Plug and Play connaît depuis quelques mois une croissance exponentielle. La structure a investi dans plus de 500 start-up et dispose désormais de 22 bureaux dans 11 pays à travers le monde. Un succès qui tient sans doute à l'industrialisation de ses processus d'accompagnement et à la quantité de partenariats noués avec de grands industriels. L'Usine Digitale a visité son siège basé à Sunnyvale dans la Silicon Valley. Etonnamment, celui-ci ressemble davantage à une entreprise vieillote qu'aux locaux des autres accélérateurs de la région, au style industriel très soigné. 

Plug & Play, cette usine à start-up au cœur de la Silicon Valley... qui fait des petits dans le monde entier
Plug and Play, cette usine à start-up au cœur de la Silicon Valley © Juliette Raynal - L'Usine Digitale

Des open-spaces immenses recouverts de moquette et des dizaines de bureaux alignés sous la lumière des néons. Mais aussi une agitation permanente dans les couloirs avec 425 start-up couvées et un défilé permanent d'intervenants externes, de délégations et autres visiteurs curieux. Bienvenue au Plug and Play Tech Center, le siège historique de l'accélérateur californien qui se développe depuis quelques mois à vitesse grand V dans le monde entier.

 

De l'emballage plastique aux pépites techno

Basée à Sunnyvale (à une soixantaine de kilomètres de San Francisco environ), la structure n'est pourtant pas nouvelle. Elle a été fondée en 2006 par Saeed Amidi, un entrepreneur originaire d'Iran dont la famille est à la tête de plusieurs entreprises, notamment dans l'immobilier et l'industrie de l'emballage plastique.

 

Pour les activités du groupe familial, Saeed Amidi investit les anciens locaux de Philips. La superficie du bâtiment permet largement d'accueillir les équipes d'autres entreprises. Les premières à s'y installer ne sont autres que Google, Logitech et Paypal. A l'époque, les fondateurs du géant du paiement en ligne concluent même un accord permettant à Plug and Play de prendre quelques parts de capital en échange de deux ans de loyer offert.

 

12 secteurs industriels couverts

"C'est en accueillant ces premières pépites, que Saeed Amidi et ses cinq frères ont réalisé que s'ils réunissaient toutes les ressources dont une entreprise avait besoin, sa vitesse de développement serait beaucoup plus rapide que celle de leur propre entreprise d'emballage", raconte Clara Chaillou, en charge des partenariats avec les universités, que nous avons rencontrée sur place.

 

Ce n'est qu'en 2009 que Plug and Play prend donc sa forme actuelle. Aujourd'hui, le dispositif propose deux programmes distincts. Un programme d'incubation pour les jeunes pousses fondées au sein de différentes universités et un programme d'accélération pour les start-up plus matures. Ce dernier s'articule autour de 12 secteurs, comme l'IoT, la Food Tech, l'énergie, les fintechs ou encore la supply chain et les nouveaux matériaux.

 

1000 candidatures par promotion

Le programme d'accélération, très prisé, accueille deux promotions par an pendant trois mois. Pour chacune d'elles, Plug & Play reçoit près de 1000 candidatures. Le premier filtre est effectué par les investisseurs, qui en retiennent une centaine. Les grands groupes partenaires gold de Plug & Play ont, eux aussi, un droit de regard sur la sélection. Ces derniers en choisissent 40. 30 d'entre elles sont finalement retenues à l'issue d'une session de pitch.

 

Pour tous les programmes, Plug and Play propose une batterie de services, somme toute assez classiques. Les start-up disposent ainsi d'un hébergement, d'un accès aux infrastructures (data center) et aux événements (300 y sont organisés chaque année), d'un accompagnement sur les questions légales, administratives et RH, d'un mentorat proposé par des cadres dirigeants et d'anciens entrepreneurs et de sessions d'entraînement au pitch. Au menu également : une mise en relation avec les grands groupes et avec un réseau de plus de 200 investisseurs en capital-risque.

 

Une présence dans 11 pays

Plug and Play investit d'ailleurs lui-même au sein des entreprises. Et même si cette activité de VC n'est pas systématique, l'accélérateur a déjà réalisé plus de 500 investissements (entre 25 000 et 500 000 dollars), dont 120 en 2016. Une approche adoptée par d'autres structures, comme 500 Startups, qui permet de maximiser ses chances de tomber sur une future licorne. 

 

Le succès de l'accélérateur se mesure aussi par son internationalisation. Plug & Play est désormais présent dans 11 pays à travers 22 bureaux. Au total, l'accélérateur compte 175 collaborateurs : 100 sont basés au siège et 75 travaillent à l'étranger, dont 50 en Chine où Plug and Play dispose de huit bureaux.

 

Les grands groupes comme partenaires

"Nous avons deux façons de nous exporter à l'étranger, explique Clara Chaillou. La première consiste à dupliquer la structure du siège dans d'autres pays. La seconde repose sur la création de joint ventures avec des grands groupes, comme nous l'avons fait, par exemple, avec le Lafayette Plug and Play, spécialisé dans la mode et le commerce". L'accélérateur californien a répliqué cette formule avec d'autres industriels. A Stuttgart par exemple, Daimler a ouvert, en partenariat avec Plug and Play, le programme d'innovation Startup Autobahn, dédié à la mobilité du futur. Autre exemple avec Beyond 1435, un accélérateur lancé en partenariat avec la Deutsche Bahn. 

 

C'est sans doute cette porte d'entrée vers les grands groupes qui séduit tant les jeunes pousses. Sur place, nous avons rencontré la Bluefox.io, spécialisée dans la géolocalisation indoor en temps réel et l'envoi de messages marketing ciblés sur smartphone. La start-up, qui compte une vingtaine de collaborateurs sur place, vient de finaliser une levée de fonds de 7 millions de dollars. "Etre ici nous permet d'être en contact avec énormément de prospects et d'être dans un environnement très international", assure Amanda Mills, en charge des partenariats chez Bluefox.io.

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