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"Plus de la moitié de notre masse salariale est investie dans le bien-être de nos employés", confie le PDG de SAS

mis à jour le 22 avril 2016 à 15H32
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Entretien L’éditeur de logiciels SAS occupe une place à part dans le paysage de l’analytique et du big data. Il est le seul de sa taille aux Etats-Unis à ne pas être coté en bourse. Une exception totalement assumée par son PDG-cofondateur, Jim Goodnight, pour préserver la culture singulière de l'entreprise. A l’occasion de SAS Global Forum, l'évènement qui a réuni à Las Vegas, du 18 au 21 avril 2016, quelque 5000 personnes (clients et partenaires), il répond aux questions de L’Usine Digitale.

Plus de la moitié de notre masse salariale est investie dans le bien-être de nos employés, confie le PDG de SAS
Jim Goodnight, CEO-cofondateur de SAS. © SAS

L’Usine Digitale : Depuis 40 ans, SAS connaît une croissance continue et une situation bénéficiaire. Comment expliquez-vous ces performances ?

Jim Goodnight : Par notre leadership sur le marché. L’analytique est aujourd’hui à la mode. Tout le monde prétend en faire : des gros éditeurs de logiciels comme IBM, SAP ou Oracle, et une centaine de start-up. Mais nous sommes la seule vraie entreprise d’analytique et nous faisons cela depuis notre création il y 40 ans. Aucune autre société n’a autant d’expérience et d’expertise dans ce domaine. Notre succès tient au fait que nos produits répondent aux besoins des clients.

 

L’un des facteurs majeurs de la transformation de l’industrie du logiciel vient aujourd’hui du cloud. Voyez-vous cela comme une opportunité ou une menace ?

Nous sommes fortement engagés dans le cloud. Depuis des années, nous proposons l’utilisation de nos solutions en tant que service en nous appuyant sur notre propre datacenter à Cary, en Caroline du Nord, et sur l’infrastructure globale cloud d’Amazon Web Services. Nous lançons maintenant SAS Viya, notre première solution pure cloud. Mais nous ne voyons pas dans ce mode de consommation des logiciels une révolution. C’est juste un changement de localisation de l’ordinateur sur lequel tourne notre produit. Au lieu d’être chez le client, il est déporté chez nous ou chez Amazon Web Services.

 

Quelle rupture technologique majeure attendez-vous ?

Le développement du Machine learning. Nous travaillons à le combiner avec le modèle statistique traditionnel à la base de nos produits. Le Machine learning rend possible des applications comme l’assistant vocal Google Now. Il va ouvrir le champ de l’analytique. J’y crois beaucoup.

 

Vous affrontez la concurrence de l’open source et des acteurs du digital comme Salesforce. Comment comptez-vous trouver votre place dans ce paysage ?

Je ne crains pas vraiment la concurrence de l’open source. Je ne le vois pas comme une solution viable dans les applications critiques dans lesquelles nous sommes présents. En cas de problème avec l'open source, on se trouve coincé. On ne sait pas combien de temps sa réparation va prendre. On ne sait qui l’a écrit. Et on ne sait pas qui va le maintenir. On est obligé de faire appel à un prestataire de services spécialisé pour en assurer l’intégration et la maintenance, et au final il revient plus cher que le logiciel commercial.

 

Quant à la concurrence des acteurs du digital, elle ne joue que sur le segment du cloud. Nous offrons au client d’autres choix qu’ils ne proposent pas : installer le logiciel chez lui, l’héberger chez nous ou encore nous occuper de tout et ne vendre que les résultats d’analyse de données.

 

SAS arrive en huitième place des meilleures entreprises américaines où il fait bon de travailler. C'est important pour vous ?

Absolument. Cela valide notre philosophie d’entreprise. C’est une reconnaissance aussi de notre effort visant à offrir à nos employés non seulement le meilleur cadre de travail possible mais aussi un environnement de loisirs, de bien-être et de vie pratique.C'est grâce à cela qu'ils donnent le meilleur d'eux-même au travail. C'est bon pour eux et c'est bon pour l'entreprise.

 

Mais Google fait mieux. Il est premier. Qu’est-ce qu’il fait de plus que vous ne faites pas ?

Il offre gratuitement à manger à ses employés. Il a des moyens autrement plus importants que les nôtres. Il peut se permettre cette générosité.

 

Vous investissez dans le bien-être de vos employés en leur offrant des facilités de loisirs, sport, éducation, etc. Que représente cet effort ?

Il représente 55% de la masse salariale. Nous le faisons pour faciliter la vie de nos employés et les aider à rester épanouis et en bonne santé. Cela représente beaucoup de bénéfice pour l’entreprise en termes de productivité, d’engagement et de fidélité. Ce n’est pas un hasard si le turnover du personnel n’est que de 3,3% chez nous, alors qu’il atteint en moyenne 15% dans l’industrie high-tech.

 

Vous êtes maintenant une société de 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Quel est votre rêve ? Dépasser les 5 milliards ?

J’évite d’avoir ce genre de rêve. Il suffit d’une tempête sur le marché pour que le rêve soit brisé. Il n’y a rien de pire que cela pour démoraliser les troupes et couper l'élan de l'entreprise. Je préfère que nous continuions à travailler sereinement, créer des bons produits et aider les clients à résoudre leurs problèmes d’analyse des données, comme nous l’avons toujours fait jusqu’ici. Et je suis sûr que les résultats seront au rendez-vous.

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