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Pour court-circuiter les agences immobilières, la start-up Locat'me joue la carte "Blue"

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Après avoir créé un site d'annonces immobilières et un agrégateur, la start-up Locat'me passe la vitesse supérieure avec la création d'une véritable agence en ligne dédiée à la location, "Blue".

Pour court-circuiter les agences immobilières, la start-up Locat'me joue la carte Blue
Emmanuel Rafitosoa et Antoine Marck, deux des trois fondateurs de Blue. © Blue

Les grands réseaux immobiliers commencent à adopter les outils numériques. Pour les petites agences indépendantes, c'est encore compliqué. Il y a donc de la place pour de nouveaux acteurs agiles venus du "digital", capables de rendre un service de qualité à coûts réduits, estime Antoine Marck, co-fondateur de Locat'me. "Le monde de l'immobilier n'a pas été bouleversé par le numérique, contrairement à la banque, au transport, au tourisme, juge-t-il. Beaucoup de professionnels travaillent encore de la même façon qu'il y a vingt ans. Nous y voyons une opportunité".

 

en quête d'un business model

C'est pour cela qu'avec deux camarades de promo, Antoine Marck a créé "Locat'me". Projet de fin d'études à l'origine, il s'est mué en véritable start-up en juillet 2013. Les fondateurs ont d'abord eu l'idée de renverser la dynamique habituelle du marché, en permettant à des propriétaires de contacter des candidats à la location, et non l'inverse. "Les locataires peuvent constituer leur dossier en ligne, auquel ont accès les propriétaires. Ceux-ci ne sont plus obligés de publier leurs coordonnées dans leur annonce : plutôt que d'être appelés jour et nuit, ils maitrisent qui ils contactent et quand". La formule a séduit, avec 400 000 candidats inscrits côté locataires (10 000 recherches actives en moyenne par mois) et 17 000 profils de propriétaires.

 

Locat'me a logiquement cherché à monétiser cette audience. L'équipe de la start-up a testé différentes formules avant de trouver le bon dosage. "Même si nous permettons la publication d'annonces de logements, ce n'est plus notre cœur de métier. Désormais, nous vendons de la certification plutôt que de l'annonce", explique Antoine Marck. Pour 29 euros, les internautes peuvent faire certifier un dossier universel, utilisable pour les annonces de Locat'me comme pour les sites externes. Le site est aussi devenu un agrégateur des annonces immobilières, regroupant au même endroit les offres du BoinCoin ou de PAP. Pour les propriétaires, l'accès au site est gratuit.

 

Blue, phase 2 du plan de disruption de l'immobilier

Locat'me a désormais une communauté assez grande pour lancer la phase 2 de son plan de disruption de l'immobilier : la création d'une véritable agence immobilière dématérialisée, sur le modèle des banques en ligne. Blue est née en juin 2017, avec la promesse de simplifier le processus de location, à un coût réduit. "Nous pouvons faire trois fois plus vite, en diminuant les coûts par deux, avec un meilleur service que les agences classiques", estime le co-fondateur.

 

Comment ? En "industrialisant le processus" et en automatisant "deux tiers des tâches des agents". "On a segmenté les tâches en interne (sélection des candidats, vérification des dossiers, organisation des rendez-vous) tout en apportant un meilleur service grâce au numérique", résume Antoine Marck.

 

Blue propose notamment un "tableau de bord" qui permet de suivre l'activité de son agent dédié en temps réel. Car c'est bien un agent "humain" et non un robot qui sélectionne les dossiers des locataires, cale les dates de visite et pré-rédige les différents documents liés au processus de location. "Les clients connaissent son nom et peuvent communiquer avec lui par téléphone, SMS, mail, sur Facebook et Twitter", insiste le fondateur. Tout ne peut pas être dématérialisé et c'est au propriétaire lui-même d'effectuer les visites avec les locataires. Pas un problème selon le patron de Blue. "Ils connaissent leur logement comme personne et sont prêts à effectuer cette tâche, si elle peut leur faire économiser de l'argent". Blue affiche en effet des tarifs bien en deçà des standards du secteur : 199 euros pour les propriétaires (payables lorsque le logement est loué), contre un mois de loyer habituellement, 59 euros pour le locataire (contre 15 euros du mètre carré dans un agence classique, soit 135 euros minimum). Blue propose en option de souscrire une assurance habitation à la Maif, son principal investisseur (avec 1 million d'euros injecté en avril 2016).

 

A l'avenir, une offre de gestion locative ?

4000 propriétaires ont déjà choisi Blue depuis le 1er juin 2017. La start-up, qui compte une quinzaine de salariés, ne veut pas s'arrêter là et souhaiterait lancer une offre de gestion locative en ligne en 2018. Un autre segment de marché que le numérique peut contribuer à transformer du sol au plafond.

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