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Pour la sociologue Evelyn Ruppert, il faut un regard autre que technique sur le big data

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Vu ailleurs La sociologue des data, Evelyn Ruppert, lance un site d’analyse transdisciplinaire sur les big data. Pas de technologies de stockage ni de traitement informatique au programme, mais des conversations scientifiques autour des impacts sociaux et culturels de ce phénomène.

Pour la sociologue Evelyn Ruppert, il faut un regard autre que technique sur le big data
Pour la sociologue Evelyn Ruppert, il faut un regard autre que technique sur le big data © Emmanuel Letouzé

Nos relations aux données en général, et à nos données en particulier, ont changé. C’est un euphémisme. Pour cette raison, Evelyn Ruppert , sociologue des datas à l’université de Goldsmiths (Londres) vient de créer "Big Data and Society", un site scientifique interdisciplinaire sur le sujet. Dans un entretien qu’elle a donné au sociologue britannique Mark Carrigan, éditeur de Sociological Imagination, dans The Impact Blog  (en anglais) elle explique sa démarche.

 

Un sujet aujourd'hui traité seulement sous l'angle informatique

"Notre motivation de départ, c’est la façon problématique dont le sujet du big data est aujourd’hui traité par l’économie, l’industrie, les gouvernements et les universités". Pour la chercheuse, la plupart du temps, le sujet n’est vu que sous les angles de l’analyse informatique, du stockage et du traitement des données. Sa publication s’intéressera, elle, de façon critique et avec des méthodes adaptées, aux impacts sociaux, culturels, économiques et politiques du sujet. Sociologie, anthropologie, philosophie devraient être au rendez-vous.

 

Comprendre les choix qui président à l'utilisation des datas

Ce qui justifie la présence du terme société (society) dans le nom de la publication. Interrogée sur le terme big data, plutôt galvaudé aujourd’hui, Evelyn Ruppert s’explique. "Nous avons choisi cette expression justement parce qu’elle est devenue populaire et très médiatique." De bonnes raisons pour prendre un peu de recul pour de l’analyse.

 

Sans entrer dans la technique, Evelyn Ruppert veut aussi comprendre en ouvrant ce site les choix qui sont faits par exemple pour générer et configurer les data dans le cadre des pratiques digitales quotidiennes ou ceux qui président à la curation des données, à leur catégorisation, à leur nettoyage, aux façons d’y accéder, à leur analyse et ou à toutes les actions réalisées sur ces données….

 

Vers une science sociale des données ?

Il est essentiel, selon la chercheuse, d’ouvrir la discussion à des disciplines scientifiques multiples, en particulier en sciences humaines. Et si elle admet que chaque discipline voudra sans doute faire entendre sa voix plus fort que les autres, l’aspect très matériel, très concret, du big data, devrait en faire un sujet naturel de conversation transdiciplinaire. Evelyn Ruppert avertit néanmoins : de la même façon qu’il ne faut pas se contenter d’un regard informatique sur les big data, il n’est pas question de tomber dans les mêmes travers techniques côté sciences humaines.

 

"Les enjeux du big data ne relèvent pas seulement de nouveaux domaines épistémologiques ou de nouvelles ontologies. Il s’agit de comprendre les conséquences, la façon dont les mondes individuels, de groupe ou sociaux sont construits, triés, connus et gouvernés. […] C’est un engagement beaucoup plus riche que l’on pourrait appeler science sociale des données."

 

Il est à noter que la publication s’inscrit dans le prolongement du site éponyme de Sage, éditeur de logiciels de big data.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Jeanpauluche

14/05/2016 11h20 - Jeanpauluche

Il faut donc imaginer une traduction politique de cette nouvelle réalité socio-économique. Les réflexions,les débats,le recul prs llors des assemblées générales de Nuit debout sont très intéressants à suivre et ouvrent de nouvelles pistes. Il faudra aller vers encore plus de démocratie et non pas retourner comme beaucoup le souhaitent hélas à plus d'autoritarisme et à plus de repli identitaire..La démocratie telle qu'elle existe aujourd'hui,"le meilleur des systèmes à l'exception de tous les autres"comme disait Churchill ne suffit plus. Le progrès technogique,la révolution numérique peut mais ce ne sera pas sans luttes libérer l'homme au lieu de l'asservir. D'autant que les nouveaux outils comme internet,twitter,Facebook et d'autres à venir transforment l'organisation pyramidale injuste puisque elle permet à une oligarchie de se perpétuer en une organisation horizontale.C'est une grande chance pour la démocratie. Nous devons finir par donner raison à Anna Harendt.

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