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Pourquoi j’ai ubérisé mon éditeur

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Julien Pouget, fondateur du cabinet spécialisé dans le recrutement et le développement des talents JP Associés, décode pour L’Usine Digitale les enjeux de l’intégration d’une génération de digital natives dans le monde du travail. Cette semaine, il nous explique, pourquoi il a décidé de se passer d'un éditeur. Hors sujet ? Pas vraiment, car Julien Pouget est un Y qui ne s'encombre pas de mots pour dire ce qu'il pense.

Pourquoi j’ai ubérisé mon éditeur
Pourquoi j’ai ubérisé mon éditeur © LSA
Dans le cadre d’un nouvel ouvrage que je publierai prochainement, je me suis récemment entretenu avec un spécialiste de l’organisation et du management. A l’issue d’un entretien passionnant, la question tombe :
Lui : Vous allez le sortir chez qui votre livre ?
Moi : j’ai décidé de l’autopublier. J’avais une proposition d’une grande maison d’édition mais j’ai préféré décliner car...
 
Les technologies sont là
Et là, alors que je m’apprêtais à expliquer mon choix, mon interlocuteur m’interrompit et me précisa qu’il comptait bien faire la même chose pour son prochain ouvrage. Spécialiste reconnu du monde de l’entreprise et auteur de nombreux ouvrages (dont plusieurs best-sellers), mon interlocuteur m’exposa les raisons qui l’incitaient à se passer des maisons d’édition. En échangeant, nous sommes rapidement arrivés à la même conclusion : les grandes maisons d’éditions ont quelques soucis à se faire. Initialement réservé aux romans, l’autopublication gagne peu à peu les livres du segment gestion-entreprise-management. Plusieurs raisons expliquent le phénomène.
 
Sur le plan technique, les technologies d’impression à la demande  (POD ou "print on demand") dispensent aujourd’hui les auteurs autopubliés d’avoir à commander un stock de livre ou à gérer la logistique. C’est la commande du client qui déclenche l’impression puis l’expédition de son exemplaire. Les auteurs, souvent consultants ou professeurs, peuvent donc se concentrer sur leurs expertises et écrire en toute liberté des ouvrages qu’ils destinent à un public sélectionnés (clients, prospects, etc.).
 
S’agissant de la réalisation du livre à proprement parler, les auteurs peuvent s’appuyer sur de nombreuses plateformes numériques (Lulu, Createspace, Bookelis, etc.) qui proposent des outils et même des prestations de conseil (relecture, mise en page, etc.).
 
Autre avantage, le raccourcissement du délai de mise sur le marché. Les auteurs n’ont plus à composer avec les calendriers de lancement des maisons d’édition ou leurs comités internes et peuvent décider de la date de sortie.
 
L'expert c'est l'auteur
Et le conseil de l’éditeur ? Experts de leur domaine, les auteurs du rayon économie-gestion connaissent souvent mieux que quiconque leur marché et les attentes de leurs lecteurs. Le "cachet" de l’éditeur ne revêt donc pas la même importance qu’en matière de littérature.
 
Mais qui va faire la promotion du livre ? A cette question, les auteurs qui ont déjà été publié répondent souvent qu’une partie importante de la promotion revient à l’auteur de toute façon. Au travers de son site, des conférences qu’il donne, des interviews auxquelles il répond, il porte une bonne partie de l’effort de promotion.
 
Et la rémunération ? Comme pour toutes les désintermédiations, l’auteur y gagne. Pas énormément certes, mais il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas l’objectif premier des auteurs du segment qui cherchent avant tout à consolider leur réputation et asseoir leur légitimité.
 
Votre serviteur vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour la sortie de son ouvrage et dans quelques mois pour voir si d’autres auteurs auront franchi le pas !
 
Julien Pouget est le fondateur de JP Associés

@jpouget

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

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1 commentaire

@v_rou

15/03/2016 15h56 - @v_rou

Il est certain que le numérique redéfinit la valeur ajoutée de l'éditeur. A lui de réinvestir sa nécessité : choisir les textes, faire émerger les talents, conduire des projets éditoriaux, imaginer des processus de publication sur d'autres supports que le fameux livre (même numérique), optimiser le réseau de distribution et les synergies papier/numérique, accompagner l'émergence publique de l'auteur, lui assurer une diffusion à l'étranger... Bien sûr, exit les impressions de classiques du domaine public sans ajouts éditoriaux, et bientôt les livres d'experts promus surtout par l'auteur himself. Exit en fait la rente de l'imprimeur-distributeur, envolée très logiquement avec le numérique (qui fait tomber la barrière à l'entrée de l'accès au réseau de vente, mode auparavant unique de diffusion des contenus). Reste que l'uberisation de l'édition - métier qui relève d'un vrai savoir-faire - n'est pas sa disparition, mais plutôt la redéfinition de son périmètre.

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