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Pourquoi la French Touch Conference débarque à San Francisco

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Entretien Pas de grande conférence, ni de speakers qui défilent sur scène. Ce 10 janvier, la première édition de la French Touch unconference de San Francisco se veut informelle et intimiste. Le rendez-vous incontournable, qui relie l’entrepreneuriat français et américain, a lieu dans un loft en plein cœur de SoMa, le quartier tech de San Francisco. Son fondateur, l’entrepreneur français Gaël Duval, explique les raisons de cette “unconference”.

Pourquoi la French Touch Conference débarque à San Francisco
Pourquoi la French Touch Conference débarque à San Francisco © French Touch Conference

L'Usine Digitale - Avec la Silicon Valley, San Francisco est le réacteur de la tech, le coeur de l'entrepreneuriat mondial, pourquoi avoir attendu presque trois ans avant d’organiser une French Touch Conference ici ?

Gaël Duval - On ne devait même pas venir du tout, à la base. Le concept de la French Touch Conference, c’est la discussion des écosystèmes entrepreneuriat et innovation. L’idée était de parler avec tout le monde sauf la vallée. Un peu comme à l’époque de l’Empire romain : l’objectif était de faire parler les barbares entre eux plus que de les faire parler avec Rome. À New York, à Paris, à Berlin, à Tel Aviv, tout le monde veut créer une alternative à la vallée.

 

J’ai changé d’avis au bout de trois ans pour deux raisons. D’une part, parce que la French Touch Conference de New York est devenue un véritable rendez-vous pour l’ensemble des entrepreneurs dans l’innovation, dans la tech et plein d’autres domaines. D’autre part, parce que la France est en train d’atteindre un point de basculement en terme de développement, de présence, de financement et de structuration. L’installation de Français dans la vallée est de plus en plus important.

 

Cette première édition à San Francisco est une “unconférence”, dans un cadre informel et intimiste…

Nous avons structuré notre événement comme une unconference car la vallée est très égocentrée. Si vous n’êtes pas une boîte à un milliard de dollars, en train de changer le monde, la vallée a tendance à ne pas trop vous regarder. Nous avons opté pour un format déstructuré pour que les échanges soient constructifs. Nous voulons que les personnes présentes dans la salle soient au même niveau et puissent interagir avec l’ensemble des intervenants.

 

Ce format intimiste induit un nombre de participants limité : 130 personnes. Vous avez reçu plus de 350 demandes. Comment avez-vous sélectionné les intervenants ?

Avec la taille de ce format, on voulait prendre le pouls et tester pour voir s’il a une vraie demande. Et vu le nombre de demandes, on peut revenir l’année prochaine avec un plus gros format ! Mais quel que soit le retour, on gardera ce modèle intimiste avec des entrepreneurs qui se retrouvent dans un salon.

 

Nous avons trié les participants en fonction de leur profil LinkedIn. Nous avons sélectionné ceux qui avaient le plus de relations avec les quatre thèmes abordés : Intelligence artificielle, IoT, Health tech, Future of Work et Civic Tech. L’intelligence artificielle est un thème très demandé, tout le monde ne parle que de cela. Nous avons reçu beaucoup de demandes concernant la health tech car la conférence J.P. Morgan se déroule en ce moment à San Francisco. Et en troisième l’IoT en raison de la proximité avec le CES.

 

Nous recevons de nombreuses personnalités françaises : le patron de Sigfox Ludovic Le Moan, Jean-Charles Boisset dans le domaine du vin, Pascal Rigo de La Boulangerie, Jerôme Lecat de Scality, Denis Barrier de Cathay Capital… Et nous avons 30 % d’Américains pour cette première édition à San Francisco.

 

Vous avez lancé la French Touch Conference pour lutter contre le French bashing. C’est mission accomplie quand on voit la surreprésentation des entreprises françaises au CES ?

Nous avons un vrai problème culturel. Nous sommes sans doute la communauté qui s’auto-flagelle le plus dans le monde. Comme veut l’expression : quand on se regarde on se désole mais quand on se compare, on devrait plutôt se rassurer... car en réalité, on a un écosystème relativement exceptionnel. Le vrai enjeu est plutôt : comment va-t-on faire mieux que nos aînés ?

 

C’est un sujet qui m’obsède depuis que j’ai monté ma première société en 1995. Nos aînés ont créé des boîtes leader dans plein de secteurs : le luxe, l’aérospatial, l’alcool, le cosmétique, les transports, le nucléaire… Après il y a eu un trou d’air. Aujourd’hui, il y a toute une génération issue du digital qui arrive et qui n’a pas envie de considérer que les dés sont jetés. Au contraire, cette génération a envie de relever le gant de la mondialisation, de l’internationalisation des business, de la tech et de la disruption.

 

La France est première en terme de levée de fonds en Europe, première en création de start-up, Station F sera bientôt le plus incubateur de start-up d’Europe et d’ici peu la situation fiscale va s’aligner à celle du reste de l’Europe, si on écoute les programmes des hommes politiques. Je suis personnellement très engagé auprès d’Emmanuel Macron et je pense qu’il n’y a pas d’autres chemins aujourd’hui que d’aligner la fiscalité en Europe. Cet élan durera que si l’Europe arrive à se doter d’un Nasdaq pour financer la croissance des entreprises. Car aujourd’hui, tous les fleurons sont en train d’être racheté les uns après les autres par de grandes entreprises internationales. Comme par exemple, Nokia qui a racheté Withings l’année dernière.

 

Depuis février 2016, vous êtes membre du Conseil national du numérique… Quels sont les grands enjeux du digital en 2017 ?

Nous devons éclairer le gouvernement sur les enjeux du digital et du numérique. J’ai accepté d’en faire partie car la feuille de route lancée par le président Mounir Mahjoubi accorde une grande importance aux PME. Nous avons un retard en France. Nos PME sont les moins digitalisées d’Europe. Il faut faire en sorte d’insuffler la dynamique French Tech à l’ensemble des PME françaises.

 

C’est un sujet qui me tient à coeur, c’est pour cela que l’on s’appelle French Touch Conference et non pas French Tech Conference. Nous ne faisons pas la promotion de la tech uniquement mais de tout l’écosystème PME et innovation. Et la tech n’est qu’un moyen, un outil, au service de l’ensemble des PME.

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1 commentaire

AGUILAR Dominique

11/01/2017 08h27 - AGUILAR Dominique

Très intéressants tous ces développements sur le numérique, les objets connectés mais je voudrais insister sur l'infrastructure très en retard pour le haut et très haut débit. Rendez-vous compte que dans certains départements le débit n'est que de 2Mo ? De plus les opérateurs proposent 2020, oui je dis bien 2020 comme objectif d'installation de haut débit! Les objets connectés ne connecteront pas en France, sauf dans les grandes métropoles. De même le Big Data ne peut être alimenté que par une couverture intégrale du territoire Alors, agissons pour un plan fibre ou autre fibre + cuivre ou le retard pris sera irrécupérable Dominique Aguilar

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