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Pourquoi le pdg d'AccorHotels installe un Comex de l'ombre

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Cas d'école A l'occasion du 01 Business Forum, mardi 2 février, Sébastien Bazin, le pdg d'AccorHotels, a présenté la mutation numérique comme une opportunité. Pour réussir à la saisir, il insiste sur l'importance de la pédagogie en direction de tous les salariés. Il a aussi dévoilé une mesure RH inédite : la création d'un Comex fantôme.

Pourquoi le pdg d'AccorHotels installe un Comex de l'ombre
Pourquoi le pdg d'AccorHotels installe un Comex de l'ombre © Accor Hotels

Mercredi 3 février, le groupe AccorHotels va se doter d'un shadow comex, selon l'expression utilisée par son pdg, Sébastien Bazin. Ou pour le dire en français, un comité exécutif de l'ombre. L'expression emprunte au vocabulaire politique britannique, où le shadow cabinet désigne le gouvernement parallèle de l'opposition.

 

Place aux jeunes 

Au sein du groupe hôtelier, pas d'opposition à la ligne du pdg, au contraire, puisque la mesure est son idée. Sébastien Bazin explique, comme il l'a indiqué lors du 01 Business Forum, avoir constaté que la plupart des jeunes pousses qui ont réussi - et de manière générale les entreprises digitales - sont l'œuvre et emploient surtout de gens ayant moins de 35 ans. Et de ces start-up à succès, le pdg du groupe hôtelier en a quelques-unes à l'œil, qu'il s'agisse d'Airbnb ou d'Opodo ou de tripadvisor...

 

Or, dans le comité exécutif qui l'entoure actuellement, tout le monde a plus de 5O ans. On ne sait pas si l'idée de démissionner en groupe a traversé l'esprit de ces messieurs-dames. Toujours est-il, que, plus raisonnablement, Sébastien Bazin a confié avoir demandé à chacun des membres actuels de proposer le nom de deux personnes âgées de 25 à 35 ans ayant une certaine connaissance du groupe. La moitié d'entre eux ont été finalement retenus et siègeront dans le fameux shadow cabinet. "Plus aucune décision ne sera prise sans leur demander leur avis", a assuré le pdg, qui s'est aussi engagé à leur transmettre toutes les informations dont il dispose, qu'elles soient financières, juridiques ou concernent l'actionnariat.

 

Une révolution ? Non une mutation 

Cette action s'inscrit dans la démarche d'ensemble qu'il a rappelé. Pour Sébastien Bazin, actuellement "l'expression révolution numérique fait peur, c'est pour cela que je préfère parler de mutation ". Il a insisté sur la nécessité de simplifier le discours et sur l'importance des actes quotidiens. " Pour réussir ce ne sont ni les budgets ni la technologie qui sont stratégiques, mais la pédagogie ".

 

La création d'un shadow Comex, s'il rapporte aux salariés, obéit donc aussi à cet objectif. Rapprocher le salarié d'AccorHotels des enjeux numériques. En attendant que les 25-35 ans prennent le pouvoir... 

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

7 commentaires

JOHN SMITH

05/02/2016 12h36 - JOHN SMITH

Ce n'est pas une affaire d'âge mais d'état d'esprit. Même si l'on a 25-35 ans, si l'on travaille depuis des années dans un grand groupe international et que l'on est visible de la part d'un membre du COMEX, c'est que l'on est un bon élève politisé avec une mentalité grand groupe et conformiste. Bref, à 180 degrés des "rebelles" de l'économie tradtionnelle qui crée les AIRBNB, les UBER et autres. Si un employé d'un grand groupe avait le comportement d'un Zuckerberg, il se serait fait virer depuis longtemps car pas en ligne avec la politique interne et les codes (vestimentaires, horaires, politiquement corrects...). Et si on créé cela en supposant que les membres du COMEX de +50 ans ne connaissent pas assez UBER ou AIRBNB, c'est une faute professionnelle de leur part et ils n'ont pas leur place pour diriger un leader du secteur touristique en 2016.

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Caroline L

30/11/2016 10h01 - Caroline L

Je partage tout à fait votre point de vue John Smith. L'ambiance autour de ce nouveau comex devrait être radicalement différente et non conformiste. (genre esprit Darwin en gironde)

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DakoCommentaire

05/02/2016 09h07 - DakoCommentaire

Le commentaire de Raffin est tellement vrai ! On rend innovant ou intéressant des choix qui ne changent rien au cadre, aux problèmes de fond. Quels sont ces profils choisis ? Des futurs bons dans un monde où la médiocratie devient un prérequis universel ? Indignez-vous, réveillez-vous. L'état d'urgence est là mais visiblement la médiocratie ambiante rend les gens faibles, non réfléchis. On se laisse enfumer par de l'actualité en carton comme celle-ci... C'est pas un peu normal que les jeunes prennent la place des vieux ? Si ... Est-ce qu'on doit en faire un article ? Non

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Brahim Azoubi

04/02/2016 18h26 - Brahim Azoubi

Observer le déplacement d'une meute de loups : Les premiers (vieux en général) dans votre cas le comité des + de 50 ans, ou les plus malades : ce sont eux qui rythment le groupe. Si ce n'était pas le cas, la meute les distancerait et, en cas d'attaque, seraient sacrifiés. Ils sont suivis par cinq loups forts et puissants, puis par le reste de la meute et de nouveau cinq loups puissants. Le dernier loup, bien derrière, est le mâle, Le chef de meute. Depuis sa position, il contrôle le groupe, décide de la direction à prendre et anticipe les attaques des adversaires. La meute avance au rythme des anciens sous le commandement de leur leader qui impose l'esprit d'entraide en ne laissant personne derrière.

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THIOUDELLET CHRISTIAN

04/02/2016 11h01 - THIOUDELLET CHRISTIAN

S'il vous plait; ni ombre ni fantôme; le poids des mots français a trop de connotation négative.

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Raffin

04/02/2016 08h06 - Raffin

L'initiative a au moins le mérite d'être novatrice. Néanmoins, plus qu'une question d'âge, la transformation digitale ou métamorphose numérique est une question de mentalité, de remise en cause, d'ouverture d'esprit et d'audace. Nos grandes entreprises traditionnelles sont encore majoritairement axées sur des objectifs purement économiques à très court terme (Chiffres d'affaires, Coefficient d'exploitation...). Or cette mutation digitale, c'est un changement de paradigme avec la nécessité d'innover. Qui dit innovation, dit succès et échecs, dit moyen ou long terme. S'il suffisait d'embaucher quelques jeunes ou racheter quelques startups pour réussir, cela serait facile et déjà mis en oeuvre dans bon nombre d'entreprises.

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Frédéric-Michel Chevalier

03/02/2016 13h54 - Frédéric-Michel Chevalier

L'initiative est intéressante, elle devrait ouvrir la voie à un concept qui doit encore être travaillé et amélioré. De fait, aussi intéressante et osée soit elle, elle révèle encore un déficit de compréhension de la transformation digitale par les grands groupes de "l'ancienne économie". L'erreur est flagrante : penser que la digitalisation est une affaire de génération. La transformation digitale n'a pas d'âge et, s'il suffisait de recruter des collaborateurs de la génération Y et/ou de leur confier des responsabilités, cela se saurait et la mise en oeuvre de la transformation digitale des entreprises n'en serait que plus facile. En revanche, l'idée d'un shadow comex, fonctionnant en mode innovant voire disruptif, collaboratif et agile est une excellente idée qui mériterait d'être creusée. Mais de mon point de vue, sa composition doit être inter-générationnelle et réunir des "early adopters" à qui on donne de vrais moyens d'être des acteurs du changement.

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