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Pourquoi les Américains préfèrent travailler chez SAS, plutôt que chez IBM ou Lenovo

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Reportage Malgré son image d’éditeur historique de logiciels, SAS Institute s’impose comme la deuxième meilleure entreprise du digital où travailler, après Google. Son secret ? Allier travail, loisirs, social et environnement. Son campus à Cary, aux Etats-Unis, en est la vitrine.

Pourquoi les Américains préfèrent travailler chez SAS, plutôt que chez IBM ou Lenovo
Pourquoi les Américains préfèrent travailler chez SAS, plutôt que chez IBM ou Lenovo © SAS Institute

Cary, Caroline du nord. C’est là que se trouve l’une des sociétés américaines les plus en vue par les jeunes diplômés. Il ne s’agit ni d’IBM, ni de Lenovo. Il s’agit de SAS Institute. Cet éditeur de logiciels d’analyse de données et big data constitue d’ailleurs le plus grand employeur de la ville. Mais le plus étonnant, c’est qu’il est considéré comme la deuxième meilleure entreprise du digital où travailler en 2016 selon l’enquête  de Fortune, juste derrière Google mais devant Salesforce, Workday ou VMware.

 

23 bâtiments disséminés dans un parc de 900 acres

Pourtant, SAS Institute n’est pas né dans la vague du digital. Sa création remonte à 1976 par essaimage de l’université d’Etat de Caroline du nord. Alors quel est le secret de son attractivité envers les jeunes talents ? La réponse tient dans son campus à Cary, où se trouve son siège social et l’essentiel de ses activités de R&D. Un lieu iconoclaste où l’entreprise a choisi délibérément d’investir non seulement dans la qualité du cadre de travail mais aussi dans le bien-être de ses employés et le respect de l’environnement.

 

Pas de bâtiment monolithique, ni de tour. Les activités du site sont dispersées aujourd’hui sur 23 bâtiments éparpillés dans un parc de 900 acres. Six d’entre eux sont sortis de terre au cours des 16 dernières années. Et des travaux sont en cours pour la construction du 24e bâtiment qui sera dédié à la formation des clients. Signe que la croissance de la société se poursuit malgré le choc de la révolution digitale qui bouscule certains éditeurs historiques de logiciels.

 

Des datacenters dissimulés dans la nature

La verdure et l’eau côtoient des sculptures et autres œuvres d’art, offrant un environnement apaisant de travail. La dispersion des bâtiments invite au mouvement en obligeant les collaborateurs à faire l’effort de se déplacer pour rencontrer les collègues avec lesquels ils ont besoin de travailler. Chaque bâtiment est dédié à une fonction de l’entreprise : ressources humaines, paie, informatique, R&D, formation, accueil des clients, etc. Mais les datacenters sont presque invisibles, dissimulés dans les arbres du parc. Une façon de préserver le secret car SAS Institute compte parmi ses clients des organisations sensibles comme le gouvernement américain ou des banques.

 

L’un des nouveaux bâtiments modernes ouverts est consacré à la créativité. Il fonctionne à l'instar de ce qui se passe chez Google avec des espaces ouverts et des bulles d’échanges favorisant la collaboration et la fertilisation des idées. L’entreprise veut offrir aux jeunes talents les mêmes facilités qu’ils recherchent chez les nouvelles sociétés stars du digital. Et elle a tout mis en place pour simplifier la vie de ses collaborateurs et contribuer à leur bien-être.

 

Des espaces de vie et détente à coté des espaces de travail

Le campus dispose ainsi d’un centre de fitness et thalassothérapie, fréquenté par 73% des employés deux ou trois fois par semaine. Il abrite également une crèche, un centre médical, une pharmacie, un hôtel, un collège privé et même un potager pour fournir aux restaurants de l’entreprise et de l’hôtel des fruits et légumes frais.

 

 

 

 

Tous les services sont soit gratuits (comme le centre Fitness ou des consultations médicales), soit proposés à des tarifs préférentiels (crèche,  pharmacie, soins de thalassothérapie). Le centre médical revient moins cher à l’entreprise qu’une assurance maladie. Sans compter le gain de productivité puisque les salariés n’ont plus à perdre une demi-journée de travail pour consulter leurs médecins de ville.

 

L’entreprise SAS Institute

Création en 1976

Siège à Cary, en Caroline du Nord

CEO-cofondateur : James Goodnight

14 000 personnes dont 7000 hors Etats-Unis

Chiffre d’affaires en 2015 : 3,16 milliards de dollars (+2,3%)

80 000 clients dans 148 pays

25% du chiffre d’affaires investi en R&D

 

 

SAS Institute fait aussi de son campus la vitrine de son engagement environnemental. Tous les arbres abattus pour la construction de routes et bâtiments sont recyclés sous forme de meubles, matériaux de construction, sculptures et autres œuvres d’art. Les six derniers bâtiments construits sont tous certifiés LEED, le label des bâtiments durables aux Etats-Unis. Le campus dispose d’une ferme solaire de 2,2 MW générant 3,6 millions de Kwh par an. Cette énergie est vendue au distributeur local d’électricité comme contribution à l’effort de l’Etat en matière d’énergies renouvelables. Elle correspondrait à 10% de l’électricité consommée par SAS Institue sur le campus.

 

 

 

 

Personnel très fidèle

Le parc du campus est entretenu par 55 personnes, toutes salariées de SAS. L’entreprise, qui compte 14 000 personnes dans le monde, emploie sur le campus près de 5 500 collaborateurs. C’est le fer de lance de sa politique sociale et environnementale et sa vitrine pour attirer les jeunes talents. Signe des bienfaits du système : "le personnel est très fidèle", confie une collaboratrice. Le turnover n’est que de 4%, contre en moyenne 15% dans l’industrie outre-Atlantique. Ce qui présente des avantages en termes de savoir-faire et de liens avec les clients.

 

L’effort que l’entreprise consent en faveur de son personnel n’est pas sans arrière-pensée. Elle attend en retour de ses employés de l’engagement, de l’innovation et la motivation. Et la formule semble fonctionner puisque la société affiche des bons résultats malgré la forte concurrence de géants comme IBM, Microsoft, Oracle ou SAP. Du moins jusqu’à maintenant.

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