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Pourquoi Samsung renoue avec Qualcomm pour son Galaxy S7

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Analyse Avec son Galaxy S7, Samsung renoue avec son approche hybride panachant processeurs maison et de Qualcomm pour son smartphone vedette. Un retour qui illustre le pragmatisme du géant coréen de l’électronique dans ses choix techniques et s’inscrit dans un cadre gagnant-gagnant avec le groupe américain.

Pourquoi Samsung renoue avec Qualcomm pour son Galaxy S7
Le Galaxy S7, la dernière génération de smartphone vedette de Samsung © Samsung

Sans grande surprise, le Galaxy S7, dévoilé par Samsung à l’occasion du Mobile World Congress, se décline en deux versions. D’un côté, celle dédiée aux marchés en Europe et en Asie. Elle est motorisée par le nouveau processeur maison, l’Exynos 8890. De l’autre, celle destinée à l’Amérique du Nord. Elle est animée par la nouvelle puce SnapDragon 820 de Qualcomm. Une approche hybride abandonnée pourtant sur la génération précédente, les Galaxy S6 et Note 5, au profit du seul processeur maison, l’Exynos 7420.

 

Intégration verticale sur le modèle d'Apple

Depuis 2010, Samsung s’acharne à copier le modèle d’intégration verticale qui fait le succès d’Apple en cherchant à maîtriser le cœur de ses smartphones vedettes : le processeur d’application. Une logique qu’il a poussée jusqu’au bout pour son Galaxy S6 en faisant appel, à l’instar de la firme à la pomme, exclusivement à sa puce. Auparavant, le géant coréen de l’électronique panachait ses solutions internes avec celles de Qualcomm. Alors pourquoi revient-il à cette approche hybride pour le Galaxy S7 ?

 

Selon les tests comparatifs, l’Exynos 8890 et le SnapDragon 820 affichent des performances comparables. Ils sont fabriqués avec le même procédé FinFET 14 nm LPP (transistors 3D en gravure de 14 nanomètres chez Samsung). Ils ont en commun également de faire appel à des cœurs de traitement à 64 bits maison : M1 pour le premier et Kryo pour le second.

 

manque d'expérience de Samsung

Si Qualcomm a une longue expérience dans la conception de cœurs de traitement, ce n’est pas le cas de Samsung. Le groupe coréen en est à son coup d’essai. D’ailleurs, il ne va pas jusqu’au bout puisqu’il combine des cœurs ARM avec le M1. S’il a décidé d’utiliser le SnapDragon 820, c’est qu’il estime ce processeur plus performant que le sien. Samsung a toujours été pragmatique dans ses choix techniques, optant toujours pour les meilleures solutions et ce qu’elles viennent de l'interne ou de l’extérieur.

 

En retenant le SnapDragon 820 de Qualcomm, Samsung veut aussi favoriser l’émulation avec son activité de semiconducteurs et pousser les équipes internes à améliorer la conception de leur puce. Il est fort à parier que le futur Exynos, qui sera fabriqué en gravure de 10 nanomètres, ressemblera en conception à la puce vedette actuelle de Qualcomm, avec des cœurs entièrement maison.

 

Echange de bon procédé

Le choix Samsung s’inscrit enfin dans une stratégie globale visant à développer son activité de fonderie de semiconducteurs, c’est-à-dire de fabrication de puces en sous-traitance pour d'autres fournisseurs de circuits intégrés. Après le scandale du Chipgate, qui a éclaboussé son image, le groupe coréen avait besoin d’un client prestigieux pour redresser la barre et montrer au monde entier les mérites de son procédé de fabrication FinFET 14 nm LPP, une version améliorée de la technologie FinFET 14 nm utilisée pour la production du processeur A9 d’Apple au cœur des iPhone S6.

 

Qualcomm, qui reposait jusqu’ici sur TSMC pour la production de ses processeurs, lui a confié la fabrication de son SnapDragon 820. Le contrat a une contrepartie : Samsung doit embarquer la puce sur ses Galaxy S7. C’est un marché donnant-donnant. C’est important pour Qualcomm qui a beaucoup pâti de l’exclusion de processeur SnapDragon 810 du Galaxy S6. C’est important aussi pour Samsung qui a perdu les contrats de fabrication de futur processeur d’Apple, l’A10, et le prochain processeur Tegra de Nvidia, au profit de son concurrent TSMC.

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