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Premier tour de la Présidentielle 2017 : quelles sont les principales mesures numériques des favoris ?

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Comme chaque semaine, Renaissance Numérique décrypte les propositions numériques des candidats à la présidentielle 2017. Après un suivi des programmes des "petits" candidats, cette semaine, le Think Tank se focalise sur les principales mesures des favoris.

Premier tour de la Présidentielle 2017 : quelles sont les principales mesures numériques des favoris ?
Premier tour de la Présidentielle 2017 : quelles sont les principales mesures numériques des favoris ? © Renaissance Numérique

François Fillon : PME, santé et cyber-sécurité

 

François Fillon entend se poser comme le candidat de l’innovation et des PME innovantes : il compte mettre en place un "contrat de confiance aux PME" pour "introduire une quote-part d’achats publics auprès des PME et de start-up françaises du numérique". Il propose également propose d’inciter à la réallocation des fonds peu productifs, en développant "le capital-risque et en orientant une partie de l’épargne (assurance-vie notamment) vers des fonds spécialisés dans l’innovation". Il souhaite par ailleurs sensibiliser les PME aux transformations numériques, notamment en proposant un accompagnement aux solutions de e-commerce via une plateforme publique.

 

Le candidat LR consacre une longue partie de son programme à la cyber-défense. Il envisage la création d’un "cinquième armée chargée de la défense de l’espace numérique", tout en insistant sur l’accroissement de ses capacités offensives. Il souhaite consolider l’effectif militaire dédié par l’institution d’une formation spécifique dans les écoles d’ingénieurs. On peut néanmoins lui reprocher l’intensification du recours aux fichiers numériques pour davantage de contrôle, sans prendre en compte les dérives potentielles d’un tel système.

 

S’il est un domaine où François Fillon semble avoir une longueur d’avance, c’est bien en matière de santé connectée. La vision numérique de la santé par François Filon prend aussi bien en compte la plus-value en matière de prise en charge des patients, mais également la perspective économique que représente l’e-santé comme marché ; il propose à ce titre de créer un label "Hôpital France" pour exporter le savoir-faire français en termes d’hospitalisation.

 

Benoît Hamon : taxe sur les robots, droit à la déconnexion et numérisation des œuvres culturelles

 

Le programme numérique de Benoît Hamon aura eu le mérite de susciter le débat. Il a en effet, dans son programme économique, tenté de prendre en compte les conséquences de l’automatisation du travail à travers deux mesures phares. Tout d’abord le revenu universel d’existence (RUE), qui entend fournir à chacun des revenus mensuels pour faire face à la raréfaction des emplois. La seconde mesure consiste à taxer les robots afin de financer le RUE et la protection sociale. Il propose aussi la requalification des contrats de tous les indépendants travaillant pour les plateformes en CDI. On pourrait néanmoins lui reprocher de considérer le numérique uniquement comme une menace économique.

 

Ce constat se vérifie par sa volonté d’imposer aux entreprises l’obligation de respecter le droit à la déconnexion, afin d’améliorer le bien-être au travail ; il considère en effet que les smartphones sont devenus des "laisses électroniques", qui peuvent être générateurs de surmenage.

 

Le candidat socialiste souhaite également valoriser la culture française par le numérique, en lançant un vaste plan de numérisation du patrimoine culturel français, afin qu’il soit accessible à tous. Il propose en outre de promouvoir une offre culturelle numérique légale pour ne pas fragiliser les artistes, et de développer de nouveaux outils fiscaux, dans la lignée de la taxe YouTube, pour une "juste rémunération".  

 

Marine Le Pen : libertés numériques, réallocation du CIR et licence globale

 

Sur les questions numériques, Marine Le Pen se montre sélective. Le domaine sur lequel elle s’exprime le plus concerne les libertés numériques : elle souhaite ainsi les inscrire dans les libertés fondamentales garanties par la Constitution ; elle veut par ailleurs créer une Charte à valeur constitutionnelle sur la protection des données personnelles des Français, et imposer une obligation de stockage de ces données sur des serveurs situés en France.

 

Aussi, Marine Le Pen souhaite-t-elle favoriser l’innovation des start-ups en recentrant le crédit impôt recherche (CIR) sur les PME innovantes, en réorientant une part de l’assurance vie (2 %) vers l’investissement productif et le capital-risque, ainsi que par l’incitation des grands groupes à créer leurs propres fonds d’investissement dans l’innovation.

 

Enfin, en matière de culture, elle propose l’abrogation immédiate de la loi Hadopi. Elle préconise l’ouverture du chantier de la licence globale (sans davantage de précision) et proclame son attachement au mécénat populaire, sans que l’on sache exactement quelle forme prendrait cette mesure.

 

Emmanuel Macron : compte citoyen, code du travail digital et Europe du numérique

 

Emmanuel Macron est sans doute l’un des candidats qui accorde la plus grande place au numérique dans son programme. Une grande partie se concentre ainsi sur la e-administration avec 23 mesures ; il est celui qui va le plus loin dans la numérisation de l’action administrative et prévoit ainsi que "d’ici 2022, 100 % des démarches administratives pourront être effectuées depuis Internet", et envisage de centraliser ces services sur une plateforme unique : le compte citoyen.

 

Pour fluidifier le marché du travail, l’ancien locataire de Bercy recommande un code du travail digital, simplifié, à destination des entreprises. Pour favoriser l’innovation, il propose la constitution d’un Fonds européen de financement en capital-risque, doté d’au moins 5 milliards d’euros ; parallèlement, il entend financer l’innovation par "un prélèvement forfaitaire unique sur l'ensemble des revenus tirés du capital mobilier et en remplaçant l'ISF par un impôt sur la fortune immobilière".

 

Pour le candidat d’En Marche !, c’est l’échelon européen qui est le plus pertinent en matière de numérique. Il se proclame en faveur d’une harmonisation des règles au sein d’un "marché unique du numérique". En plus du Fonds européen cité précédemment, il entend également créer une Agence européenne "pour la confiance numérique" afin de réguler les grandes plateformes, et souhaite renégocier les termes du Privacy Shield. Fait plus original, il plaide pour la constitution d’un " Netflix européen", proposant le meilleur des réalisations cinématographiques européennes.

 

Jean-Luc Mélenchon : inclusion numérique, culture numérique et abrogation du fichier TES

 

Le candidat de la France Insoumise attache une importance particulière à l’inclusion numérique. Il propose ainsi la mise en place d’une médiation numérique à destination des publics défavorisés et des seniors ; cela passe notamment par un soutien de l’Etat envers les associations de médiations numériques. Enfin, il souhaite ancrer cette volonté dans des lieux physiques (fab labs, repare-cafés…) qui dispenseront des formations pour édifier ce que le candidat de la France Insoumise nomme la "citoyenneté numérique".

 

Jean-Luc Mélenchon développe dans son programme une nouvelle approche de la culture par le numérique, prônant lui aussi l’abrogation de la loi Hadopi. En effet, il envisage un véritable aggiornamento du modèle culturel : il propose de reconsidérer les revenus des artistes par un système de rémunération global ; celui-ci serait notamment financé par l’instauration d’une cotisation "liée à l’abonnement Internet", qui ouvrirait alors des droits au téléchargement non marchand. Pour financer les nouvelles productions artistiques, il recommande de mettre en place un système de répartition pour rémunérer auteurs et créateurs. Enfin, il estime qu’il est nécessaire de créer une "médiathèque publique en ligne" pour promouvoir une offre légale en ligne des œuvres culturelles.

 

Enfin, il consacre son programme en matière de cyber-défense à pourfendre le principe de surveillance de masse auquel il est farouchement opposé. Faisant de la liberté sur Internet un droit imprescriptible, il prône la suppression du fichage généralisé par le mégafichier TES (titres électroniques sécurisés), qui centralise les données biométriques. Il appelle par ailleurs à la mise en place de mécanismes de chiffrement des correspondances. En outre, il propose de réaliser un grand audit des politiques de cyber-sécurité par le Parlement.

 

Des propositions qui font consensus

 

Certaines mesures semblent faire consensus au sein des principaux candidats à l’élection présidentielle. C’est notamment le cas de la suppression du RSI, pour favoriser les travailleurs indépendants, en leur permettant de cotiser au régime général ; de nombreuses activités issues de l’économie du partage seraient concernées par cette mesure. Seul Benoît Hamon ne mentionne rien à ce sujet.

 

Il en va de même pour la taxation des multinationales du numérique, fréquemment accusées dans le débat public de recourir à des procédures complexes d’évasion fiscale, et de générer de la sorte un manque à gagner dans les recettes publiques.

 

Enfin, le plan très haut débit est une récurrente de tous les programmes, bien souvent simplement à titre déclaratif, se bornant à évoquer la fracture sociale induite par le numérique.

 

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

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