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Quand la culture se dope aux données personnelles... la CNIL finit bien par s'en inquiéter

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Analyse Quelle place pour les données personnelles dans les industries culturelles ? Avec la démocratisation des big data, la donnée n'informe plus seulement sur la consommation de contenus, elle devient à son tour contenu, qui alimente les algorithmes de recommandation personnalisée. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) s'interroge sur les mutations en cours des modèles de l'économie culturelle et leurs implications pour les données personnelles, sous la forme d'un cahier de 84 pages, à travers une démarche essentiellement prospective.

Quand la culture se dope aux données personnelles... la CNIL finit bien par s'en inquiéter
Quand la culture se dope aux données personnelles... la CNIL finit bien par s'en inquiéter

Les données personnelles sont a la fois frein et accélérateur des industries culturelles, et ça, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) l'a bien compris. Pour preuve, son dernier numéro de ses cahiers d'études, consacrés à l'innovation et à la prospective. Car si les données sont avant tout des statistiques d'utilisation, et renseignent de près sur les habitudes de consommation - comme l'explique Spotify, qui  a récemment dévoilé ses statistiques aux artistes, pour les convaincre de rester sur son catalogue - la valeur des data est aussi prédictive. 

 

Les algorithmes de recommandation personnalisée - qui font toute la valeur du service Netflix - participent désormais à la création de valeur des œuvres culturelles. La CNIL, garante des libertés et de nos données, ne pouvait pas plus longtemps l'ignorer. 

 

Une denrée au coeur des nouvelles industries culturelles...

La dématérialisation des contenus est en effet devenue un phénomène d'ampleur pour la culture, les biens culturels devenant peu à peu services, comme dans d'autres industries. Nul secteur n'est épargné : streaming pour la musique et la vidéo, abonnement aux  e-books à l'assaut du livre imprimé, jeux vidéos à télécharger sur des app-stores plutôt que CD à acheter en magasin... Une numérisation tout azimuts qui permet aux acteurs économique de collecter de nouvelles données, et d'inventer de nouveaux modèles d'affaires exploitant ces dernières pour proposer de nouveaux services. 

 

A la clé, la possibilité d'adapter le service selon les données de l'utilisateur (c'est le principe de la recommandation personnalisée, qu'on retrouve aussi bien sur les sites de streaming que sur Amazon), mais pas seulement. Le célèbre jeu mobile Candy Crush Saga par exemple, est gratuit, mais le joueur peut acheter des bonus payants. L'éditeur utilise en réalité les données de consommation de ses clients pour optimiser son gameplay, afin de jouer sur le sentiment de frustration de l'utilisateur et déclencher l'achat.

 

Le rapport de prospective de la CNIL trace la typologie de ces différentes data : données de profil utilisateur, de description des contenus, d'enrichissement (photos, biographies, critiques, ajoutées par des professionnels ou par les utilisateurs eux-mêmes), etc. Mais, ce qui est nouveau, c'est que les informations collectées touchent aussi à la popularité des contenus, aux goûts (quels sont les contenus préférés par l'utilisateur) ainsi qu'au contexte de consommation (localisation, données issues de capteurs...).

 

 

Cartographie des différents types de données dans les industries culturelles

 

... mais qui reste à protéger

Cette ébullition de nouveaux modèles économiques pose forcément la question éthique de la protection des données personnelles. Le droit actuel est-il correctement structuré ? Pour la commission, ces considérations sont "à mi-chemin entre (...) l'informatique et libertés' et droit de la concurrence".

 

En effet, selon qu'on juge que les grandes plates-formes (Amazon, Netflix...) fournissent un service d'accès à du contenu personnalisé (en exploitant les données de l'utilisateur), ou à un ensemble de services packagés, les périmètres d'application du droit ne sont pas les mêmes. Selon la réflexion des législateurs, il sera peut-être nécessaire de prévoir la possibilité de s'opposer à l'analyse ou au recoupement de ses données de consommation, voire de recueillir le consentement préalable de l'utilisateur. 

 

Pour autant, la CNIL n'entend pas freiner l'innovation technologique avec des considérations éthiques ... bien au contraire. Pour sortir de cette opposition, elle distingue 4 axes prioritaires : l'information et le consentement des utilisateurs, le droit à la portabilité des données personnelles (pouvoir accéder ou demander la suppression de ses données), la transparence des algorithmes, et enfin la loyauté quant à l'utilisation des data.

 

Qu'entend la CNIL par "loyauté" ? "Pour préserver la confiance (...), il est essentiel que ces données ne fassent pas l'objet de détournement en usages marketing ou publicitaires cachés, mais qu'elles servent bien à la personnalisation du service dans l'intérêt de l'ensemble des parties". Difficile à contrôler.

 

Consultez le document en ligne ci-dessous :

 

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