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Quand la Société générale plonge ses équipes dans la disruption au Player

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Cas d'école La Société générale collabore depuis 6 mois avec le Player, un incubateur parisien qui a ouvert ses portes en avril 2015. La banque vient chercher dans cet espace, qui mélange des profils professionnels hétéroclites, des idées neuves pour innover mieux et plus vite, alors que les fintech commencent à grignoter son chiffre d'affaires. 

Quand la Société générale plonge ses équipes dans la disruption au Player
Quand la Société générale plonge ses équipes dans la disruption au Player © Player

Au Player, le travail ressemble presque à un jeu. C'est cette ouverture d'esprit que la Société Générale est venue chercher en tissant un partenariat avec ce nouvel incubateur lancé en avril 2015.

 

La banque plonge ses salariés, habitués au cadre léché des tours de la Défense, dans cet environnement fourmillant, en plein cœur du deuxième arrondissement de Paris. Ils viennent y frotter leurs habitudes et leur costume de banquier au cadre de pensée différent d'éditeurs de jeux vidéo, de prospectivistes, de "data artists" susceptibles de les faire sortir de leur routine. Le Player compte en tout 200 résidents, dont 50 permanents, qui louent leur espace de travail à la structure.

 

800 salariés de la banques sont venus dans l'incubateur

"Nous avons besoin de sortir de l'innovation produit à la française, pour nous concentrer sur une innovation tournée vers l'expérience client", souligne Françoise Mercadal-Delasalles, directrice des ressources et de l'innovation du groupe. Pour réfléchir autrement, 6 salariés de la Société Générale peuvent venir travailler dans cet espace de co-working, au milieu des 44 autres résidents présents directement sur place. Depuis le début du partenariat il y a 6 mois, 800 employés de la banque ont tenté l'aventure.

 

"Le Player accueillera même prochainement une équipe d'Europe de l'Est", se félicite Aymeril Hoang. Le directeur de l'innovation de la banque espère pouvoir répliquer cette expérience à l'étranger, notamment dans ses filiales à Bangalore en Inde, et à Dakar au Sénégal.

 

Faire avancer les projets, et vite !

"Nous organisons avec la Société Générale 12 run par an", explique Marylène Vicari, directrice générale de Player. "Ces courses permettent à des groupes d'avancer de façon rapide et concrète sur un projet précis. Pour cela, je les mets en contact avec des résidents qui peuvent les aider. Mais la banque reste propriétaire de toutes les idées développées dans ce cadre. Nous avons signé avec elle un accord de confidentialité", précise-t-elle.

 

10 personnes de la branche assurance de la Société Générale sont par exemple venues travailler sur une application mobile, qui coachera les conducteurs de voitures. "Le projet, ciblant notamment les jeunes, avait émergé lors d'un hackathon organisé par la banque. Nous avons commencé à développer le programme en interne", raconte Alexandre Rispal, responsable R&D chez Société Générale Insurance. Le groupe décide d'aller plus loin dans la gamification de son application et envoie son équipe au Player pendant 15 jours.

 

L'ouragan Player

"Le premier jour, on a essuyé l'ouragan Player, ils nous ont dit qu'il fallait tout reprendre à zéro", se souvient-il. L'équipe repense le projet avec des spécialistes du jeu vidéo, des codeurs, et travaille avec une grande liberté via les méthodes "agiles". "Nous n'étions pas cantonnés à nos corps de métiers : les marketeurs pouvaient avancer sur une question d'ergonomie du produit", les informaticiens réfléchir au contenu, détaille le responsable.

 

La Société Générale décide de repousser à janvier 2016 - trois mois plus tard que prévu - la sortiede l'application pour intégrer les idées développées dans l'incubateur. "Nous allons désormais intégrer un passage au Player pour certains projets au début de leur conception, pour ne pas perdre de temps", précise Aymeril Hoang.

 

EDF et Vinci partenaires

La structure, qui fait tomber les barrières au sein de la Société Générale, travaille aussi avec d'autres groupes, comme EDF ou encore Vinci. Sa fondatrice Marylène Vicari a développé le Player après avoir travaillé 9 mois dans des espaces innovants. Elle a notamment usé les chaises du Numa, incubateur de start-up de la tech, et de la Gaité Lyrique, lieu multimédia dédié à la culture numérique.

 

"Ces lieux dédiés à l'innovation sont très cloisonnés, chacun cible des entrepreneurs dans un domaine précis, il y a très peu de porosité entre les milieux", s'étonne la patronne. C'est ce mélange des genres que la jeune femme a voulu développer au Player, et qui séduit tant les grands groupes en mal d'idées neuves. 

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