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Qui est Mozoo, la pépite montante de l'adtech française ?

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Mozoo, spécialiste de la monétisation publicitaire sur mobile, a mis la main sur Adincube, une autre adtech parisienne, pour 20 millions de dollars. Fondée en 2010, Mozoo s'est développée incognito. La start-up travaille aujourd'hui avec 300 éditeurs, réalise plus de 70% de son chiffre d'affaires à l'international et est rentable. Portrait.

Qui est Mozoo, la pépite montante de l'adtech française ?
Jules Minvielle, fondateur et CEO de Mozoo. © Mozoo

Mozoo n'est sortie de l'ombre que le 7 août dernier, sept ans après sa création, en annonçant le rachat d'AdinCube, une autre adtech parisienne, pour 20 millions de dollars (environ 17 millions d'euros). Fondée en 2010 par Jules Minvielle (qui n'a alors que 24 ans), Mozoo est restée longtemps en dehors des radars des médias grâce à une croissance financée (presque) sans levées de fonds.  Pourtant, son expansion a de quoi faire pâlir plus d'une jeune pousse.

 

Des algorithmes de prédiction

"Notre métier c'est d'aider les éditeurs à augmenter leurs revenus sur mobile", explique le fondateur et CEO de l'entreprise. "Nous avons développé une technologie qui permet de mettre en concurrence les campagnes publicitaires disponibles sur le marché", poursuit-il. La force de la techno de Mozoo réside dans sa capacité à anticiper les revenus des réseaux publicitaires qui payent à la performance de manière à choisir la meilleure campagne publicitaire pour l'éditeur.

 

Pour y parvenir, l'adtech utilise des algorithmes d'apprentissage automatique et s'appuie sur un historique de données. "Nous croisons différents aspects de l'historique. Nous allons regarder par exemple qu'un réseau a payé X euros par CPM (coût pour 1000 impressions, ndlr), pour un utilisateur B, situé à Paris entre 8h et 12h un jour de semaine. Et si des paramètres changent nous allons les prendre en compte pour affiner notre prédiction", détaille Jules Minvielle. Le tout s'effectue en temps réel de manière à obtenir des temps d'affichage les plus rapides possibles. "On optimise chaque milliseconde pour chaque affichage publicitaire", assure l'entrepreneur.

 

Une start-up rentable et internationale

Outre cette capacité de prédiction, Mozoo a travaillé sur l'intégration de sa technologie pour la rendre la plus simple possible pour les éditeurs. Cette intégration s'appuie sur une sorte de "super SDK" (brique logicielle à insérer dans l'application de l'éditeur qui permet d'afficher les campagnes publicitaires et de récolter les données utilisateur) qui regroupe celui des différents réseaux publicitaires.

 

Grâce à sa technologie, Mozoo a séduit quelque 300 éditeurs et est parvenue à s'étendre à l'international. La start-up compte aujourd'hui une centaine de collaborateurs répartis à Paris, Londres, Los Angeles et Hong Kong et près de 70% de son chiffre d'affaires (dont le montant n'est pas communiqué) est réalisé en dehors de l'Hexagone. La start-up se rémunère en prélevant un pourcentage du chiffre d'affaires généré par les éditeurs. Un modèle économique qui lui a permis d'atteindre la rentabilité il y a quatre ans.

 

AdinCube, l'expert des apps 

Pour renforcer son positionnement, Mozoo s'est offert AdinCube. Fondée en 2012, cette autre start-up parisienne a mis au point une technologie complémentaire à celle de Mozoo car dédiée aux applications mobiles et non aux sites mobiles. "Notre job consiste à analyser le passé : quel réseau publicitaire a été utilisé, quelle performance a été obtenue, puis à analyser les données d'utilisation pour prédire combien va rapporter chacun des réseaux publicitaires et donner l'impression au réseau qui est prêt à payer le plus", résume Etienne Rugeri, cofondateur d'AdinCube.

 

Les questions d'optimisation, c'est un peu la spécialité d'Etienne Rugeri... qui s'est formé dans un tout autre domaine. L'homme a travaillé six ans chez Air France. Pendant cette période il a notamment développé des algorithmes pour optimiser les emports de carburants. "Il s'agissait de faire de grosses analyses statistiques sur les consommations précédentes pour mieux prédire la consommation du jour et aider le commandant de bord dans sa prise de décision", détaille-t-il.

 

Accélérer encore plus vite

La petite vingtaine de collaborateurs d'AdinCube a d'ores et déjà rejoint les équipes parisiennes de Mozoo. Etienne Rugeri a désormais la casquette de directeur technique, tandis que Jonathan Ferrebeuf, l'autre cofondateur d'AdinCube, a pris les fonctions de vice-président en charge du développement international au sein de Mozoo.

 

Prochaine étape pour la pépite tricolore de l'Adtech : accélérer son développement à l'international, notamment en Asie. Cette fois, l'option d'une augmentation de capital n'est pas écartée. "Il est possible que nous étudiions le sujet pour aller plus vite dans l'ouverture internationale de nos bureaux", glisse Jules Minvielle. L'un de ses principaux concurrents, Fyber, vient de boucler une levée de fonds de près de 8 millions de dollars. 

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1 commentaire

reith

12/08/2017 23h58 - reith

que du vent dans les coins...? la bêtise profonde et la cupidité drainent l'intelligence et l'innovation vers le vide et l'inutile...

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