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Robots, drones, big data… Cdiscount jette les bases de sa logistique 4.0

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CDiscount, le site marchand du groupe Casino, multiplie les POC (preuves de concepts) pour optimiser ses inventaires, robotiser certains process et prédire les volumes des ventes futures pour mieux gérer ses stocks. A plus long terme, l'e-commerçant croit aussi au potentiel de la robotique collaborative.

Robots, drones, big data… Cdiscount jette les bases de sa logistique 4.0
Robots, drones, big data… Cdiscount jette les bases de sa logistique 4.0 © CDiscount

Les robots, les capteurs en tous genres et l'analyse des big data ne s'invitent pas uniquement sur les chaînes de production des industriels engagés dans l'usine du futur. Les distributeurs, eux aussi, se penchent sur les dernières technologies du numérique pour augmenter la productivité de leurs entrepôts et basculer dans une logistique 4.0. Cdiscount (groupe Casino) fait partie de ces acteurs. Le deuxième site marchand de France (3 milliards de volume d'affaires en  2016) multiplie les POC (preuves de concept) et les projets de recherche sur le sujet.

 

Un drone inventaire

"Nous avons une grosse politique d'innovation chez Cdiscount. Elle s'est concrétisée, il y a un peu plus d'un an, par la création d'une direction innovation et par le déploiement de pôles innovation dans chaque business unit de l'entreprise", raconte Pierre-Yves Escarpit, le directeur des opérations de Cdiscount.

 

Parmi les pistes étudiées : l'utilisation de drones capables de réaliser des inventaires de nuit. "Nous regardons un dispositif qui peut se connecter au WMS (logiciel de gestion d'entrepôt) de Manhattan (spécialiste des solutions de supply chain, ndlr) avec lequel nous travaillons", indique Pierre-Yves Escarpit. Pour pouvoir réaliser un inventaire dans un entrepôt, un drone doit notamment être équipé d'une solution de géolocalisation indoor et de différents capteurs pour enregistrer les informations nécessaires au dénombrement des articles. Ces données peuvent ensuite être exploitées par le WMS, utilisé par le site marchand.

 

Des projets de recherche sur la cobotique

Les chiffres clés de Cdiscount

  • 3 milliards d'euros de volume d'affaires en 2016 (+ 10% par rapport à 2015)
  • 8 millions de clients annuels
  • 17 millions de colis expédiés en 2016
  • 30 millions de produits vendus en 2016
  • Un réfrigérateur sur trois vendus en France

 

Cdiscount cherche également à robotiser certains flux pour gagner en densité et vitesse d'exécution. Depuis plusieurs années, une partie des process est automatisée (notamment les étapes d'emballage des produits et leur expédition), mais l'e-commerçant entend passer à l'étape supérieure. Il fait, par ailleurs, la distinction entre la mécanisation ou l'automatisation d'un côté et la robotisation de l'autre. "La mécanisation désigne des machines qui obéissent à un programme préétabli fonctionnant de manière automatique, sans intervention humaine, et qui sont généralement figées au sol. Dans le cas de la robotisation, on parle de dispositifs capables d'effectuer les mêmes déplacements que l'homme peut effectuer ; les robots ont des capteurs qui recueillent des informations de l'environnement dans lequel ils évoluent et adaptent leur activité, en conséquence, grâce à leur "intelligence artificielle", explique le directeur des opérations. Sur ce point, Cdiscount travaille avec une start-up française.

 

Les équipes logistiques du site marchand collaborent également avec l'Ecole des Mines de Paris et des chercheurs du CNRS pour identifier les tâches actuellement faites par les opérateurs et qui pourraient être confiées à un robot. "Je pense que la cobotique (robotique collaborative, ndlr) est tout à fait pertinente pour le monde de la logistique. Aujourd'hui, nous ne sommes pas encore en production sur ce point, mais d'ici quelques temps, on sera prêt et on espère aussi être dans les premiers à présenter ce type de proposition", confie Pierre-Yves Escarpit.

 

Le machine learning pour prédire les ventes futures

Dernier chantier évoqué par le directeur des opérations : l'exploitation des big data. "Nous avons une vingtaine de data scientists dans nos équipes. Certains travaillent sur la partie front (sites et applications, ndlr) pour faire la meilleure recommandation possible de produits aux clients mais d'autres travaillent aussi sur la partie supply chain (prévisions des ventes, prévisions d'activité, ndlr)", raconte Pierre-Yves Escarpit. Il y a quelques mois, Cdiscount a ainsi lancé un POC avec une start-up pour améliorer les prévisions de ventes, et donc les prévisions de stocks. "L'idée est de travailler sur toutes sortes de données, des données qui vont au-delà de celles liées aux ventes passées, et d'y appliquer des algorithmes de machine learning pour mieux prévoir les ventes futures", précise-t-il.

 

Connu pour sa grande discrétion, l'e-commerçant ne dévoilera pas plus de détails sur ses ambitions pour la logistique 4.0, ni sur l'identité des start-up et des partenaires technologiques avec qui ces POC sont développés. Toutefois, encore peu de jeunes pousses tricolores proposent aujourd'hui des solutions robustes de robotique et d'intelligence artificielle pour la logistique des retailers. Ce qui laisse facilement imaginer avec qui le géant du e-commerce français travaille. 

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