Actualité web & High tech sur Usine Digitale

S3P ou le rêve français de doter l'Europe d'un standard des objets connectés

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Lancé avec le soutien du gouvernement, le projet S3P vise à créer une plateforme logicielle, sorte d’Android à la française, pour objets connectés. L’objectif étant de l’imposer comme un standard européen à l’instar d’Autosar dans l’automobile.

S3P ou le rêve français de doter l'Europe d'un standard des objets connectés
Eric Bantégnie, PDG d'Esterel Technologies et chef de file du projet S3P © KHALFI Mohamed - L'Usine Nouvelle

Le plan du gouvernement français de libérer l’industrie française des objets connectés des plateformes logicielles étrangères entre en action. Il se concrétise par le lancement du projet S3P (Smart, Safe and Secure Software development and execution Platform). Objectif : créer une plateforme logicielle, sorte d’Android à la française, pour objets connectés. Le projet a démarré en octobre 2015 pour une durée de 3 ans. Mais il a été lancé officiellement aux Assises de l’embarqué, devant quelques 450 personnes, le 7 décembre 2015, à Bercy.

 

25 partenaires menés par Esterel Technologies

Piloté par Esterel Technologies, éditeur d’outils de développement de logiciels embarqués, S3P réunit 25 partenaires : des fournisseurs de technologies de systèmes embarqués comme Chrono-Safe, ThrustInSoft ,  Sysgo, Prove & Run, PrismTech ou MicroEJ, mais aussi les fabricants de puces STMicroelectronics et Freescale, et des industriels utilisateurs comme Alstom, Airbus, Safran, Continental, Surtec, Thales ou Withings. Ce consortium a été choisi parmi trois candidats dans le cadre de l’appel à projets lancé au début 2015 par le gouvernement.

 

Le projet représente un effort de développement de 300 hommes-années et un budget de 45 millions d’euros, dont 18,5 millions de financement public accordé dans le cadre du programme des Investissements d’avenir. Il concrétise l’une des trois propositions d’action d’Eric Bantégnie, PDG d’Esterel Technologies et pilote du plan "Nouvelle France Industrielle" sur les systèmes et logiciels embarqués. "Certaines briques technologiques existent déjà, confie-t-il. Le travail consiste à les intégrer et à les déployer dans quinze cas d’usage allant au-delà des applications historiques des systèmes embarqués français, comme la santé ou le grand public."

 

Objectif ultime: création d'un écosystème

Au-delà du projet de développement, Eric Bantégnie veut créer un écosystème autour de cette future plateforme à travers la S3P Alliance que d’autres acteurs pourront rejoindre après avoir adhéré à Embedded France, le syndicat professionnel des systèmes embarqués en France. "L’objectif est d’internationaliser l’initiative en captant l’intérêt d’acteurs importants de l’Internet des objets au niveau mondial, comme General Electric et PTC aux Etats-Unis, ou SAP en Allemagne."

 

Car le but final est d’imposer la plateforme française comme un standard en Europe, à l’instar de ce que les Allemands ont su faire avec leur système Autsar de systèmes embarqués pour l’automobile, devenu même un standard mondial. A en croire Eric Bantégnie, il n’existe à ce jour aucun projet de ce type ailleurs en Europe.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

2 commentaires

Marcel DUPONT-LAJOIE

08/12/2015 11h59 - Marcel DUPONT-LAJOIE

A l'heure ou les dés sont déjà jetés avec Thread ou Homekit, encore un cas flagrant de nationalisme malencontreux et inutile qui va couter des ronds au contribuable pour aucun résultat. Pouvez-vous me rappeler le retour sur investissement du programme QUAERO lancé en 2004 et arrêté dans un grand silence en 2014 après 100 M€ de dépensés ? https://fr.wikipedia.org/wiki/Quaero

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Paul An Ploi

08/02/2016 15h21 - Paul An Ploi

Marcel, Combien ces millions d'euros ont-ils fait travailler de personnes ? Directement et indirectement ? Combien d'interconnexion a-t-ils permis entre les différents acteurs publics et privés. Êtes-vous prêt à parier qu'aucune propriété intellectuelle ou autre valorisation n'a pas résulté de ces travaux ?

Signaler un abus

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale