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Sequencity, la start-up qui réconcilie les libraires avec la BD numérique

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Impossible d'innover sur le marché du livre numérique, où les positions sont figées avec un géant américain ? Sequencity prouve le contraire : ce site spécialisé dans la BD et les mangas intègre les conseils des libraires et soigne l'expérience du client, qu'il soit novice ou passionné. Aujourd'hui, l'entreprise voudrait conquérir le marché nord américain, pour accélérer sa croissance. 

C'est un fait acquis : acheter sur Internet est plus pratique, plus rapide, voire moins cher, mais c'est au prix d'une expérience client dégradée. Fini le vendeur qui connaît vos goûts, qui vous reconnaît et peut vous conseiller quelque chose qui pourrait vous plaire. Pour vous faire une idée, il y a bien les avis de consommateurs ou les recommandations des algorithmes. Quiconque après avoir acheté un livre de Michel Foucault chez un libraire en ligne réputé s'est vu recommander les mémoires de l'animateur Jean-Pierre Foucault a appris à relativiser sur les mérites des algorithmes.

 

un réseau de libraires conseils

Pourtant, le site Sequencity, proposant 95 % du catalogue disponible en BD et mangas en français au format numérique, voudrait que l'acheteur en ligne retrouve une partie de ce qui fait le charme d'une acquisition en magasin. "Nous avons voulu réintégrer l'humain pour aider le lecteur à s'y retrouver au milieu de l'offre infinie en ligne", explique Denis Lefebvre, co-fondateur et directeur, venu du monde de l'édition classique.

 

Pour cela, il s'appuie sur un réseau de 15 libraires, bientôt rejoint par un seizième de poids : la librairie Mollat de Bordeaux. "D'autres vont suivre courant 2016", promet le directeur général.

 

Mieux que le com', le partage de la commission

Vous voulez un conseil de libraire ? Sur le site figurent les avis rédigés par les commerçants partenaires. Vous avez repéré un livre qui vous intéresse mais vous n'avez pas vu de commentaires, vous pouvez faire appel à un des libraires partenaires qui s'engage à vous préciser au plus vite quand il pourra vous répondre (il a une boutique et des clients physiques à servir).

 

Et s'il conclut la vente, le site partage la commission qu'il a négociée avec le libraire. Autrement dit, plutôt que de voir son client lui échapper en rejoignant le monde numérique, Sequencity propose au libraire la création d'une relation d'un nouveau genre. Mais, assure Denis Lefebvre, "nous ne voulions pas être une solution pour le libraire, mais résoudre d'abord le problème du client"

 

Ainsi, si des libraires sont présents, c'est toujours avec l'url de Sequencity, ce qui offre de meilleurs référencements. Mais si le service n'a pas été designé pour que le libraire soit au centre, celui-ci est bien traité. Il reçoit chaque semaine la liste des nouveautés disponibles sur le site, nouveauté qu'il pourra recommander s'il le souhaite. Certains des partenaires du site ont même crée une rubrique où figurent les BD qu'ils jugent peu ou pas intéressantes.

 

une expérience de lecture en ligne soignée

Ceci dit, l'expérience client est au cœur de la démarche suivie, tant les détails ont été soigné. D'abord, en pouvant avoir une idée d'un album avant de l'acheter. Le site propose même de feuilleter les premières pages gratuitement. Si le lecteur est pris par l'histoire, il aura envie de connaître la suite et d'acheter. De même, pour feuilleter une BD, il est possible de presser l'écran à droite, comme sur toutes les liseuses. Toutefois, un mouvement vertical en bas de page fait aussi défiler les pages, ce qui offre une lecture verticale des plus convaincantes.

 

Le résultat de cette stratégie est que 20 à 25 % des achats se font suite à un conseil des libraires, selon les données fournies par le directeur général. Denis Lefebvre aimerait bien que ce pourcentage augmente. Son ambition ne s'arrête pas là : "nous voudrions qu'un client qui est venu sur notre site se rende après dans la boutique d'un de nos partenaires. Cela fait partie de notre mission", explique-t-il. Pour cela, le site Internet a intégré récemment une carte, qui, si l'internaute accepte d'être localisé, lui indique les librairies partenaires les plus proches. "En mettant en valeur la boutique physique, nous pouvons recréer du lien social", poursuit-il.

 

La librairie en ligne, un réseau social 

Pour cela, Sequencity devrait courant 2016 offrir des fonctionnalités de réseau social. Sans renier les recommandations des libraires, il entend mettre en avant les choix des lecteurs qui le voudront. "Aujourd'hui, la page d'accueil est éditorialisé par nos soins. Bientôt chaque utilisateur aura une page spécifique", explique Denis Lefebvre. Les lecteurs qui le voudront pourront ainsi proposer leurs BD préférées, comme cela se fait avec les playlists sur les sites de streaming de musique. Les chroniques de médias spécialisés vont aussi venir enrichir les avis des libraires.

 

D'autres projets sont à l'étude, comme une appli pour Androïd en plus de celle existant pour Apple et le site en responsive design (qui fonctionne sur Android). L'entreprise, qui compte 9 personnes dont 7 salariés, travaille aussi à la création de nouveaux formats pour pouvoir à terme animer le contenu des cases. Pour cela, il a rejoint l'International digital publishing forum qui travaille à l'élaboration de la norme epub. 

 

Il souhaiterait aussi conquérir le marché des Etats-Unis qu'il a été étudié avec le soutien de l'ambassade de France aux Etats-Unis. Cela n'a rien d'un caprice, mais vient du différentiel de développement de la BD numérique des deux côtés de l'Atlantique : 1 % en France contre 13 % aux Etats-Unis.

 

Pour cela, après deux premières levées auprès de business angels de 300 000 euros, l'entreprise créée en mars 2010 et qui a adopté son modèle actuel début 2012 prépare une nouvelle levée de fonds auprès de V.C.. "Nous ne sommes plus dans l'amorçage, mais pas encore dans la croissance", explique Denis Lefebvre. S'ils ne renoncent pas au souci du lecteur, la croissance ne devrait pas tarder.

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1 commentaire

Vauthier

25/02/2016 08h57 - Vauthier

Bonjour Je réagis à votre article qui énonce une erreur dès la première phrase: "C'est un fait acquis : acheter sur Internet est plus pratique, plus rapide, voire moins cher": non, ce n est pas moins cher d acheter sur internet, c est un mensonge. La loi dite Lang de 1981 impose le prix unique du livre avec une remise maximale autorisée de 5% (ce que font la plupart des libraires indépendants): donc internet ne peut pas être moins cher. Merci de corriger votre erreur

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