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Smart city, smart business

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Des smart cities. Le concept est séduisant. Le marché prometteur. Mais pour le conquérir, les entreprises doivent, elles aussi, faire preuve de beaucoup d’intelligence, de patience et de ténacité.

Smart city, smart business
Smart city, smart business © Flickr CC - Adrian Perez

Smart city ! Ce terme est partout. Apparu au milieu des années 2000, le concept de ville intelligente prétend répondre à un enjeu majeur : accompagner au mieux l’urbanisation galopante de la planète dans un contexte de mutation économique et de pression environnementale et démographique. La moitié des Terriens (3,6 milliards) vivent aujourd’hui dans des villes. Ils devraient être 70 % (6,3 milliards) à l’horizon 2050. Et le nombre de mégalopoles de plus de 10 millions habitants devrait passer d’une vingtaine à plus de 37 en 2025, dont 22 en Asie. Pour autant, même les villes de quelques centaines de milliers d’habitants cherchent à devenir plus intelligentes, plus fluides, plus sûres, plus économes, plus citoyennes, plus conviviales et plus écologiques.

Ce marché, qui représenterait actuellement entre 6 et 8 milliards de dollars selon les estimations de cabinets d’études américains, pourrait atteindre 20 à 40 milliards de dollars d’ici à 2020. "Certains avancent même le chiffre de 100 milliards de dollars pour la prochaine décennie, mais le marché reste difficile à délimiter et à quantifier", explique Nicolas Clinckx, directeur associé chez EY, qui a mené une étude sur les stratégies smart city de 115 entreprises françaises, en partenariat avec le pôle Cap Digital. Car la smart city ne se limite pas à l’idée de ville numérique. Pour tenir sa promesse, le concept de ville intelligente doit aller au-delà de l’intégration des technologies numériques dans l’environnement urbain, prônée par les grands industriels du secteur, comme IBM et Cisco, et prendre en charge des aspects plus sociaux et environnementaux comme l’éducation, la biodiversité, la sécurité, la citoyenneté…

La ville est par nature un écosystème complexe, qui ne peut être résumé à ses flux. "L’intelligence d’une ville, c’est l’intelligence de ses habitants", rappelle Jean-Louis Missika, adjoint au maire chargé de l’urbanisme de la ville de Paris. D’où l’importance d’impliquer les citoyens dans les projets, comme Nice tente de le faire. D’autant qu’un spectre plane sur la ville intelligente, celui d’une ville totalitaire où les moindres consommations et déplacements de ses habitants seraient surveillés, sous prétexte de mieux les servir. Et ce, grâce à l’installation de capteurs pour mesurer, par exemple, le remplissage des poubelles, de compteurs de consommation d’eau, de gaz, d’électricité, de services de mobilité géolocalisés, de réseaux de caméras de sécurité, de capteurs de présence sur la voirie, de réseaux d’énergie interconnectés... Les industriels doivent donc apporter de fortes garanties sur l’anonymisation des données collectées, ainsi que sur leur ouverture, pour permettre à d’autres acteurs, start-up, associations, municipalités, d’en tirer, eux aussi, de la valeur économique et citoyenne. Le tout en anticipant les risques d’une nouvelle cyberdélinquance urbaine.

Un sujet encore émergent

Les industriels à la pointe, comme ABB, Bolloré, Bosch, Cisco, JCDecaux, GDF Suez, IBM, Microsoft, Philips, Schneider Electric, Siemens, Thales, Veolia…, doivent aussi faire preuve de ténacité. Car "si de nombreux projets voient le jour, force est de constater que ces derniers ont du mal à passer le cap de l’industrialisation, observe Nicolas Clinckx. Leur retour sur investissement reste à démontrer. Et un important travail d’éducation des citoyens ou des collectivités doit encore être mené." En clair, la ville intelligente reste un sujet émergent, et les projets modestes. Si 9 % des budgets des projets lancés sont supérieurs à 10 millions d’euros, 34 % sont inférieurs à 100 000 euros, selon l’enquête d’EY-Cap Digital. Or, comme l’ont démontré des initiatives – encore rares – telles que le Velib’ ou l’Autolib’ à Paris, c’est le passage à grande échelle qui apporte vraiment de la valeur. Si 50 % des entreprises interrogées par EY disent avoir mis les smart cities au cœur de leur stratégie et 70 % disposent d’entités dédiées, avec des équipes installées à 70 % à l’international, le partenariat entre entreprises ou la constitution de consortium restent la règle. Les projets sont majoritairement financés par le privé, révèle EY-Cap Digital. Et les villes encore rares à disposer d’un budget et d’une gouvernance spécifique, à l’instar de New York, Singapour ou Barcelone. Quant aux villes laboratoires, comme Masdar (Émirats arabes unis) ou Songdo (Corée du Sud), elles servent pour l’heure de showrooms géants.

Aurélie Barbaux

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