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Starling Bank, la néobanque anglaise à la conquête de l'Europe

mis à jour le 04 juillet 2017 à 11H42
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Lors du salon Money 2020, la fintech anglaise Starling Bank a annoncé qu'elle allait bientôt lancer son application mobile en Irlande, puis dans d'autres pays européens, dont la France. La néobanque mise sur l'analyse automatique des données et ses Open API pour se distinguer de la concurrence. Elle prévoit de boucler une nouvelle levée de fonds de 40 millions de livres pour soutenir son développement européen.

Starling Bank, la néobanque anglaise à la conquête de l'Europe
Starling Bank, la néobanque anglaise à la conquête de l'Europe © Starling Bank

2000 nouveaux clients français par semaine. C'est le rythme de croissance que revendique N26, la néobanque allemande fondée il y a un peu plus de deux ans par Valentin Stalf et disponible en France depuis janvier dernier. Conçue pour un usage 100% mobile, la jeune banque revendiquait, en mars dernier, 300 000 utilisateurs en Europe et se targue désormais d'enregistrer 1000 nouveaux inscrits par jour sur le marché unique.

 

Starling Bank va arriver en France

Toutefois la fintech germanique, qui bénéfice d'une importante couverture médiatique, n'est pas la seule à vouloir se faire une place sur le marché européen en misant sur les usages mobiles. Lors du salon Money 2020, qui s'est tenu la semaine dernière à Copenhague, le britannique Starling Bank a annoncé avoir obtenu l'accord du régulateur pour que sa licence bancaire soit valide dans toute l'Union européenne.

 

Disponible depuis quelques semaines sur l'App Store anglais, l'application mobile de Starling Bank devrait ainsi arriver très prochainement en Irlande. "Nous n'avons pas encore décidé quels pays viendraient ensuite, mais l'expansion sur le marché européen s'étalera au cours des 18 prochains mois et concerna les pays ayant la population la plus importante. Notre arrivée en France est donc bien prévue", a confié à L'Usine Digitale Anne Boden, fondatrice et CEO de la néobanque britannique.

 

Des recommandations personnalisées

Fondée en janvier 2014, la fintech londonienne a mis 3 ans et demi à obtenir sa licence bancaire complète et à bâtir sa propre technologie. Son application permet à l'utilisateur de souscrire en quelques minutes à un compte courant, puis d'obtenir une carte Mastercard. L'application offre ensuite une batterie de fonctionnalités classiques comme la possibilité de bloquer et débloquer sa carte bancaire en cas de perte temporaire ou encore d'envoyer de l'argent à ses amis depuis son répertoire.

 

Mais c'est surtout grâce à son analyse des données issues des transactions que Starling Bank entend se différencier des offres concurrentes. "Nous utilisons des algorithmes de machine learning pour permettre aux utilisateurs de prendre de meilleures décisions. Analyser les transactions quotidiennes des utilisateurs nous permet de leur faire des recommandations. Par exemple les alerter s'ils ont dépensé trop d'argent sur une période donnée", détaille Anne Boden.

 

Une marketplace pour les services bancaires

Autre atout mis en avant par la jeune banque britannique : son architecture ouverte basée sur des Open API, qui permettent d'agréger des briques technologiques développées par des acteurs tiers. "Nous sommes la première banque à être conforme à la directive européenne PSD2 (directive qui obligera les établissements bancaires à ouvrir leur système pour rendre accessibles les mouvements liés aux opérations effectuées sur les comptes courants, ndlr)", se targue Anne Boden. "Nous nous sommes spécialisés sur quelques briques comme le système de paiement instantané, le système de carte bancaire et l'analyse des données, et nous connectons ensuite d'autres services à notre interface. C'est un nouveau modèle. Nous pensons que la banque moderne ne doit pas essayer de faire absolument tout, mais se spécialiser sur quelques services", poursuit l'entrepreneuse.

 

La fintech développe actuellement une marketplace pour regrouper différents micro-services, comme la solution de transfert d'argent à l'international mise au point par Transferwise ou l'outil de gestion de patrimoine développé par Moneybox. Starling Bank profitait d'ailleurs de sa présence à la conférence Money 2020 pour identifier de nouvelles fintechs afin d'étoffer sa place de marché.

 

Une prochaine levée de 40 millions de livres sterling

Grâce à cette approche d'open banking, Starling Bank entend séduire un million de clients sur le marché britannique et espère atteindre des volumes similaires ailleurs en Europe. Mais comment atteindre une masse critique sans épuiser sa trésorerie dans les coûts d'acquisition ? "Pour le moment nous ne faisons pas d'acquisition payante. Et nos premiers clients sont nos partenaires", explique Anne Boden. "Nous avons plusieurs milliers de nouveaux inscrits chaque semaine", se félicite-t-elle.

 

Starling Bank, qui a déjà levé 70 millions de livres en janvier 2016, prévoit tout de même de boucler une nouvelle levée de fonds de 40 millions de livres dans les mois à venir pour soutenir son développement sur le marché européen. Reste à savoir si l'ensemble de ces ingrédients lui permettront de s'imposer alors que la concurrence s'intensifie aussi bien du côté des néobanques que des acteurs traditionnels. "La compétition est saine, rétorque Anne Boden. Pour nous, la concurrence ce n'est pas N26 mais les acteurs historiques", concède-t-elle.

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